Un groupe de citoyens de la cité colonel Amirouche, dans la commune d'Hussein Dey, nous ont rendu visite hier pour dénoncer l'état de déliquescence de leur cité «en raison du laxisme et du laisser-aller dont fait preuve le président d'APC (Hocine Kaced, d'obédience FLN, ndlr), depuis son élection en 2002. Aujourd'hui, il boucle son deuxième mandat sans qu'il ait fait quoi que ce soit pour le bien des citoyens qui n'ont, pourtant, cessé de l'interpeller sur les innombrables problèmes et contraintes auxquels ils font face au quotidien», s'emporte Mohamed Zaouaoui, président du comité de quartier. Accompagné d'autres citoyens de la cité, il s'est longuement étalé sur les nombreux manquements et le retard accusé par la commune d'Hussein Dey, notamment en termes d'aménagement urbain. «Nos enfants manquent d'aires de jeux ; des dangers quotidiens les menacent. Le comble, les autorités feignent d'ignorer tout ça», s'indignent-ils. Ils déplorent le fait que leur comité ne dispose même pas d'un siège digne de ce nom, alors que, signale-t-on, «on nous a refusé un ancien centre des scouts, aujourd'hui à l'abandon». «Pis, l'édifice en question est devenu au fil du temps un lieu de débauche par excellence.»Les habitants affirment que l'APC avait entamé un projet de réaménagement de la cité Amirouche en décembre 2009 ; un budget de 40 millions de dinars avait été dégagé à cet effet. Le délai de réalisation étant fixé à 10 mois, le projet n'a pas été achevé à ce jour. «Je peux même vous certifier que la situation a empiré depuis», nous dit-on. «En dix années d'exercice à la tête de notre municipalité, cet édile a fait preuve de népotisme et a redoublé d'entorses à la loi, notamment en ce qui concerne le logement», soulignent les habitants. Exhibant des photos montrant un état de délabrement des plus avancés de leur cité, les citoyens déplorent que l'élu ait ignoré toutes les correspondances qu'ils lui ont adressées afin de remédier à la situation. «Des quatorze correspondances que nous lui avons adressées et où nous lui avons exposé les maux qui nous rongent quotidiennement, nous avons reçu une seule réponse… négative», s'indigne-t-on. Les citoyens s'élèvent aussi contre le wali délégué d'Hussein Dey qui leur «refuse» de parler du volet social, particulièrement du logement, sous prétexte que le règlement intérieur de leur association le leur interdit. «C'est archi-faux, répondent-ils, dans le P-V de création de notre comité il y est clairement écrit noir sur blanc que notre association a un caractère social. Pourquoi, n'aurions-nous pas le droit d'aborder le volet social dans nos revendications ?»Ils dénoncent également les menaces de retrait d'agrément proférées par le wali délégué à toute association ou comité de quartier «qui ose parler du logement. C'est une intimidation inacceptable», lancent-ils». Ils déplorent, en outre, le peu d'égard que leur a témoigné le responsable, lundi dernier, qualifiant son attitude de «mépris flagrant». «Ce jour-là, nous avions exigé une audience auprès du wali délégué après avoir consommé toutes les voies légales pour régler nos problèmes avec le P/APC. Quelle ne fut notre surprise lorsqu'on nous a signifié qu'on allait être reçus dans une salle d'attente, alors qu'à côté, une salle immense était vide et pouvait même contenir plusieurs personnes à la fois», regrettent-ils. «A aucun moment, nous n'avons été conviés aux covilles [comité de ville, ndlr] institués par la wilaya d'Alger. Chaque commune a pourtant le droit d'organiser son propre coville afin de débattre de ses problèmes, ce qui s'applique partout ailleurs à Alger, sauf à Hussein Dey, où les autorités s'obstinent à nous refuser ce droit», s'offusque-t-on.Il est à signaler, par ailleurs, que les citoyens d'Hussein Dey, par la voix de leurs représentants, appellent à faire toute la lumière sur le projet des 24 logements LSP dont le maître d'ouvrage est l'OPGI. Y. D.