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Biyouna, ya Biyouna !
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Publié dans La Tribune le 29 - 02 - 2012

Baya Bouzar, la Biyouna d'Alger, est un surnom devenu nom d'artiste. C'est désormais un prénom pour Algériennes. C'est dorénavant un nom dans le cinéma, le théâtre et la chanson en France. Biyouna est une grande gueule mais un visage de tendre mélancolie où se mélangent des airs de Serge Gainsbourg, de Yasser Arafat et de l'actrice fétiche d'Almodovar Rossy de Palma. C'est une voix grave, rauque et rocailleuse où l'on entend des pierres qui roulent sur du métal. Une voix dans laquelle on retrouve Dahmène El Harrachi et encore Serge Gainsbourg. Comme lui, la Gainsbarre algéroise, c'est un tempérament, un franc-parler, un côté brut de décoffrage qui décoiffe, qui peut heurter les belles âmes algériennes, bref, qui scandalise et qui choque. Surtout si le langage nature, mais jamais bio aux yeux des ayatollahs de la morale pudibonde, émane d'une Algérienne qui, de surcroit, transgresse les codes, malmène les conventions et parfois les bonnes manières sur des plateaux de télé. Biyouna, elle-même Biyouna dans son premier one woman show, spectacle éponyme au théâtre Marigny des Champs-Elysées, a heurté des milliers de compatriotes prudes et durs. En janvier 2012, Biyouna, chez Laurent Ruquier de
France 2, était une Biyouna plus vraie que nature. Ce soir-là, elle s'est surpassée. Biyouna a alors fait de la Biyouna mais avec quelques bulles de champagne dans le nez. Cela a suffi pour faire le buzz sur la Toile et déchaîner l'ire machiste de séctaristes armés de sécateurs. Ces sectateurs orthodoxes ont alors agoni Biyouna d'injures, ils l'ont ensevelie sous des tombereaux de postillons ! Mais Biyouna, mère de famille exemplaire et artiste comblée, n'en a cure. Car, du chemin, elle en a fait : de Belcourt aux Champs-Elysées, la trajectoire, en zigzag, fut douloureuse. C'est le roman d'un succès certes encore modeste, mais qui a consacré la sublime Fatima de la Grande maison (1973) en noir et blanc. Fatima devenue, en couleurs, Papicha, Mme Aldjéria et Aïcha, avant d'être, enfin, Biyouna au théâtre de Pierre Lescure. Biyouna, c'est de la danse, de la télé, du cinéma, du théâtre et de la chanson. C'est une dizaine de films, deux en Algérie et huit en France. C'est le jeu avec Fellag au théâtre et au ciné. C'est le chant des lamentations d'Electre de Sophocle, aux côtés de Jane Birkin. Biyouna a chanté avec Christophe, l'idole de son adolescence algéroise. Elle a, depuis, fait cohabiter châabi, rock, raï, trip hop, électro et jazz. Biyouna, qui a dansé au Copacabana en Algérie, valse et gambille aujourd'hui sur la scène du Marigny. Femme libérée, artiste libre, femme d'une Algérie libérée du colonialisme mais où la liberté porte souvent le voile. Biyouna a alors mis les voiles pour la France. Pour y être femme libre de l'être et en artiste. Pas encore accomplie, pas toujours rigoureuse, elle peut même faire son cinéma. Mais elle trace sa voie. Avec, parfois, une pensée pour sa mère, caissière au cinéma Dounyazad, disparue à 85 ans. Alors, le cinéma des intolérants…
N. K.


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