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L'œuvre de dénaturation
La linguistique comme moyen de déracinement
Publié dans La Tribune le 03 - 07 - 2012


Photo : S. Zoheir
Par Samir Azzoug
«Jamais dans l'histoire de l'humanité, un travail de déracinement n'a été aussi important», soutient Farid Benramdane, spécialiste en linguistique et onomastique (science des noms propres) de l'Université de Mostaganem, lors de son intervention hier au colloque «Algérie 50 ans après : Libérer l'Histoire». Dans son intervention intitulée : «Dénomination, transition et institutions en Algérie», le conférencier explique que la colonisation française a introduit une «rupture systémique» dans la désignation des noms des personnes et des lieux des autochtones «contre le respect des usages». «Il y a eu une politique de substitution radicale du système tribal, où les noms des individus et des tribus étaient en relation directe avec la terre. Le travail d'infra-dénomination engagé par la France a par exemple supprimé tous les noms commençant par Ben, Bou, Béni, Aït ou Naït. Sur 2 177 patronymes enregistrés avant la colonisation, il n'en restait que 486», note l'intervenant affirmant que l'introduction des patronymes par l'administration coloniale avec une tentative de francisation des noms est «une mise en carte de l'identité». «L'état-civil imposé était une œuvre de dénaturalisation», note-t-il. Dans le même registre, Mme Zemouli Yasmina, historienne et sociologue de l'Université de Constantine, est revenue sur l'histoire de la mise en place du système d'état-civil par la France, en prenant comme échantillon la région du constantinois. «Devant l'absence d'un état-civil local et face au manque de variation des prénoms, la France, pour pouvoir appliquer ses schémas économique et social, a décidé d'imposer une organisation. Les Algériens ayant refusé cette démarche, l'administration coloniale a introduit dès 1854 des sanctions contre les récalcitrants à l'inscription. Des amendes allant de 10 à 15 Francs et des peines d'emprisonnement de 1 à 5 jours», déclare-t-elle. Pour obliger les populations à s'inscrire, l'administration coloniale a alors entrepris une nouvelle démarche en 1873, en favorisant la création de familles monocellulaires, à travers l'inscription obligatoire aux registres de l'état-civil des propriétaires terriens. Les patronymes sont ainsi choisis par les inscrits ou l'administrateur en charge. «C'est en 1882 que l'obligation de porter un nom et de s'inscrire est généralisée», constate-t-elle. «La population, dans un élan de résistance, avait refusée cette démarche. Obligation faite, et contrairement à la loi du 23 mars 1882, l'administration française imposait des noms. Il y a eu plusieurs erreurs de transcription, des noms insultants et dégradants attribués à des familles», explique Mme Zemouli. Ainsi établi, dans la rupture, l'état-civil imposé par la colonisation rend difficile pour les Algériens de remonter leur filiation généalogique. Sur la toponymie et noms de lieux, le premier conférencier, Farid Benramdane, constate des conséquences graves causées par les erreurs de transcription et de transformation. «Il y a un problème de sécurité militaire à nos frontières». Avec la cacophonie créée par ces changements de nom de lieu, des problèmes liés à la localisation géographique se posent. «Déplacer un accents vous renvoie à des milliers de kilomètres aux Sahara. La mobilité orthographique n'est pas tolérée», dira-t-il. L'intervention de Haddab Mustapha, spécialiste en linguistique, s'est attelée à suivre l'évolution de la relation entre les langues arabe et française pendant et après la colonisation. «L'installation de la langue française en Algérie s'est faite progressivement avec l'école normale et l'installation des institutions et de l'administration qui a obligé la population à l'utiliser», note-t-il. Après l'indépendance du pays «une forte polémique est née entre les partisans de l'arabisation rapide et coercitive et ceux qui prônaient une arabisation sérieuse». Cette polémique fut rompue avec l'imposition par «l'Etat d'une vision monolithique consacrant l'arabisation pour une question de légitimité et de cohésion». Sur la rivalité entre la langue arabe et française dans l'Algérie actuelle, Mustapha Haddab soutient qu'il y a un «apaisement et une coexistence pacifique». Il motivera ce constat par la disparition des générations «monolingue» et la présence relative de l'Etat, qui a cédé un peu de place au secteur économique privé moins regardant sur les questions de la langue. «Mais, on constate que cette coexistence a un prix. Il y a un renoncement dans la recherche de la connaissance et absence de virtuosité linguistique. Il y a un relâchement linguistique», enregistre le spécialiste.


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