L'armée algérienne subit des critiques de toutes parts. Elle a donné l'assaut et toutes les justifications qu'elle pourra donner seront retournées contre elle par les biens pensants. Les expertises se multiplient et les conseils à postériori sont distillés à travers les médias pour que les opinions publiques prennent partie contre l'ANP. Au niveau politique, cela est incompréhensible. Au niveau médiatique, cela relève de l'amateurisme. Il serait bon de rappeler à certains experts que la superficie de l'Algérie est légèrement plus petite que celle de la mer Méditerranée. Si cette dernière représente 2,5 millions de km², l'Algérie a une superficie de 2,381 millions km². Les décisions sécuritaires se prennent par ceux qui sont sur le terrain et ceux qui «savent» loin de l'action ne savent rien. L'Algérie, à travers son armée, est restée fidèle à sa doctrine. Face au terrorisme, pas de négociations, ni de chantage ni de répit dans le combat. L'Algérie a combattu seule ce fléau transnational. La communauté internationale n'a eu à le combattre et le découvrir uniquement lorsque ses intérêts étaient menacés. En 1994 en France et en 2011 aux Etats-Unis d'Amériques, personne n'a osé dire aux services concernés comment ils devaient réagir. Les donneurs de leçons sont nombreux. Ils sont tapis dans tous les coins et ont un avis sur tout. La connaissance du fonctionnement des terroristes islamistes ne date pas d'hier pour les unités chargées de la lutte antiterroriste. Elles connaissent le peu de respect que portent les djihadistes à la vie humaine. L'armée algérienne n'a pas la culture de la communication quand elle est en opération. Maintenant que le voile se lève, il s'agissait de sauver la vie de plus de mille personnes. Il est clair que l'on ne peut dire à ses ennemis ce que l'on va faire et quelle sera la tactique utilisée. L'efficacité semble être le maître mot. Ce qui se passe à In Amenas depuis mercredi passé, montre que la lutte contre le terrorisme islamiste est une guerre transnationale de longue haleine. L'Algérie a eu à avertir ses alliés, ses amis et la communauté internationale de la dangerosité du fléau et de son caractère internationale. Les différentes prises de positions de notre diplomatie contre le financement du terrorisme, notamment à travers le paiement de rançons lors de prise d'otages, n'ont été comprises que récemment. «Il est trop tard pour délibérer quand l'ennemi est aux portes», est une citation que l'armée algérienne a fait sienne. Elle a eu à sauver la République dans un passé récent. Elle a sauvé, durant cette fin de semaine sanglante, un maximum de vies humaines. Laissons le reste à l'histoire ! A. E.