Depuis plusieurs années déjà le mois sacré de Ramadhan coïncide avec la saison estivale, une période qui connaît une grande chaleur durant la journée. Le soir arrivé, bon nombre de citoyens sortent prendre une bouffée d'air frais après une longue journée de carême, pour se relaxer et évacuer le stress et la fatigue. Les familles ou bien des jeunes, entre amis, chacun de son côté, s'adonnent à des loisirs et des activités nocturnes sous le signe du bien-être. Pour ce qui est des jeunes, certains préfèrent faire la prière du Taraouih après le repas du f'tour. Comme nous le dira Sid Ahmed : «Moi de ma part je préfère prendre part à la prière du Taraouih et ce depuis le tout début du mois de Ramadhan, après j'aurai le temps de rencontrer quelques amis.». Il faut noter que les mosquées connaissent un afflux considérable durant salat Taraouih, certains jeunes ont même l'habitude de changer chaque jour de mosquée et se déplacent souvent vers d'autres villes pour cela. «La Taraouih m'aide à me relaxer et me calmer l'esprit», ajoutera Sid Ahmed. D'autre part, il y en a qui prennent part à des parties de l'incontournable «doumine». En effet plusieurs jeunes s'adonnent à ce jeu pendant des heures durant, entre amis, dans des cafés ou des espaces publics, tout endroit est bon pour partager un moment convivial entre jeunes, dans la bonne humeur. «Les dominos restent un jeu indispensable pour les jeunes durant les soirées de Ramadhan. Moi après une journée de travail et de jeûne, j'aime bien me détendre autour d'une partie de ‘'doumine‘', entre copains», dira Amine, un jeune fonctionnaire. Tandis que d'autres préfèrent le jeu de carte ou «la guinche», pour les habitués. Des petits groupes de jeunes un peu partout se rencontrent pour s'adonner à ces jeux très prisés, où chacun attend son tour pour jouer la prochaine partie. Autre endroit qui connaît une ruée de jeunes, c'est les cybercafés, ils y passent des heures à surfer sur le net. Il y en a même d'ailleurs qui passent des nuits blanches devant leur micro, en faisant défiler différentes pages internet, de Facebook à Youtube, à chacun ses préférences. Pour ceux qui n'ont pas accès à internet dans leurs maisons, les cybercafés demeurent des endroits indispensables. «Certains jeunes passent des nuits blanches dans le cybercafé. Le prix de cette dernière s'élève jusqu'à 900 DA pour une durée de 10 heures», nous dira un gérant de cybercafé. Autre loisir qui attire nombreux de jeunes dans ces soirées ramadanesques, le jeu de «pétanque» ou communément appelé «les boules», notamment au niveau de certains jardins publics, pour manque de terrains spéciaux pour ce jeu qui regroupe différentes catégories d'âges, des jeunes et des moins jeunes enchainent les parties de boules jusque-tard dans la soirée. «Ce sport faisait jadis le bonheur des différents villes de l'algérois. Ce sport qui a apporté à l'Algérie des médailles dans différents pays, est aujourd'hui ignoré», nous dira un jeune qui prenait part à une partie. Il y a ceux qui préfèrent échapper aux bruits de la ville et la ruée qui y règne après le f'tour pour aller au bord de la mer, certains s'adonnent à la pêche qui, selon eux, aide à apaiser le stress et à profiter d'un calme agréable. Tandis que d'autres aiment se baigner la nuit entre amis ou bien en famille pour se relaxer après une longue journée de chaleur. Ces activités improvisées ont besoin d'être structurées dans des établissements adéquats, D'où la nécessité de créer des centres de loisirs, en sachant qu'il y a un manque flagrant en ce qui concerne les activités et les endroits dédiés aux jeunes. Même les maisons de jeunes, qui sont supposées les abriter et leur offrir des activités propre à eux, ferment leurs portes très tôt parfois, ou sont en manque de matériels et d'infrastructures adéquats qui peuvent les accueillir. Ces jeunes qui ne trouvent nulle part où aller pour passer un temps agréable, squattent les rues ou bien les cafétérias restées encore ouvertes ou restent au niveau de leur quartier, au bas de leurs immeubles à discuter de tout et de rien, jusqu'à l'heure du s'hour venu. A. K.