Le ministère des Finances vient de créer deux groupes de travail dont l'objectif est de rationaliser les importations et de lutter contre les infractions de change qui enregistrent ces dernières années des hausses fulgurantes, portant préjudice à l'économie nationale, c'est ce qu'a annoncé, hier, le ministre des Finances, Karim Djoudi, dans un entretien à l'APS. Le premier groupe réunit plusieurs secteurs et a été constitué. Il devrait rendre incessamment ses conclusions sur l'évolution des importations. Le deuxième groupe a également été mis en place. Il se donne pour mission d'identifier les sources de transferts illicites de capitaux et d'infractions de change. Le groupe chargé de lutter de façon plus approfondie contre les sources de transferts illicites regroupe le ministère des Finances, la Banque d'Algérie et les banques publiques. Le ministre des Finances a indiqué que les sources à l'origine des infractions de change sont multiples nécessitant des mécanismes adaptés pour les endiguer. «Effectivement, les sources à l'origine de ces infractions sont multiples [...]. Il apparaît donc que le champ couvert par ces actes (frauduleux) est très vaste, ce qui nous amène à mettre en place des mécanismes adaptés et coordonnés avec les différentes institutions de l'Etat pour identifier et enrayer ces actes», a-t-il dit. M. Djoudi relève que les procédés auxquels ont recours les auteurs de ces infractions sont «nombreux» et «variés». Ils n'hésitent pas par exemple à chercher à tirer profit de tous les dispositifs mis en place par l'Etat pour préserver le pouvoir d'achat du citoyen, stimuler et soutenir les investissements productifs créateurs de richesses. Les moyens couramment utilisés dans ce cadre sont notamment la surfacturation des importations, les ventes sans factures, les fausses déclarations en douane, le défaut de rapatriement par les agents économiques résidents de leurs recettes en devises, les déclarations minorées sur certaines exportations hors hydrocarbures, enchaîne le premier argentier du pays. Le ministre cite un rapport relatif à la répression des infractions à la législation des changes qui fait état de plus de 1 000 procès-verbaux établis et transmis à la justice pour un corps de délit de plus de 17 milliards de dinars (220 millions de dollars). M. Djoudi précise toutefois que ce chiffre ne donne pas une évaluation correcte de ce phénomène puisque ce montant même s'il apparaît important, marque néanmoins un net recul de 54% par rapport au niveau enregistré durant l'exercice précédent. A noter qu'une correspondance du Premier ministre,Abdelmalek Sellal, au ministre des Finances fait état d'un fléchissement de 54% des montants cumulés des infractions constatées en 2012, interpellant la Direction générale des douanes à prendre toutes les mesures nécessaires pour renforcer le dispositif de contrôle et de détection de ces fraudes. Y. S.