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Le G20 face à la crise économique mondiale
Publié dans Le Maghreb le 18 - 11 - 2008


Docteur Abderrahmane MEBOUL Expert International
D'une manière générale l'essence de la crise tant de 1929 que de 2008 sont une dénaturation du fondement du capitalisme telle que l'on décrit les fondateurs de l'économie politique reposant sur les entreprenants créateurs de richesses, Karl Marx n'ayant pas écrit le socialisme mais le Capital.
II- Repenser tout le système économique mondial
. Cette crise est donc lié à la financiarisation accrue en déconnection avec la sphère réelle expliquant le faible taux de croissance avec un niveau jamais atteint de valeurs refuges comme l'or et la non symbiose de la dynamique économique et de la dynamique sociale à travers la bipolarisation du Nord et du Sud. Ainsi, avec cette financiarisation croissante, nous avons deux types de détention d'actions. La détention directe (ceux qui les détiennent en propres) et la détention indirecte (ceux qui les détiennent par le biais d'un intermédiaire : organismes de gestion, sociétés d'assurances-vie, caisses de retraite, SICAV). Le fait nouveau réside dans la modification rapide et importante du type d'actions détenues par les ménages. La détention directe d'actions devient minoritaire, pendant que la détention indirecte s'est fort développée. Ce sont aujourd'hui les fonds de pension qui contrôle Wall Street gérant plus de 30% de la capitalisation boursière des USA. Ces dysfonctionnements ont été concrétisées à travers la crise des prêts hypothécaires (subprimes ) en août 2007, crise qui s'est propagée à l'ensemble des bourses mondiales avec des pertes estimées à plusieurs centaines de milliards de dollars( plus de 1500 milliards de dollars estimation provisoire en mai 2008 phénomène qui n'explique pas toute l'ampleur de la crise ( évitons de confondre l'essence et les apparences) que je peux résumer en cinq étapes : a- les banques ont fait des prêts immobiliers à des ménages insolvables ou présentant peu de garanties, à des taux d'intérêts élevés ;b- diffusion des mauvaises créances dans le marché : pour évacuer les risques, les banques "titrisent" leurs créances, c'est-à-dire qu'elles découpent leur dette en produits financiers pour la revendre sur le marché. La mondialisation a fait le reste, en diffusant ces titres à risque dans les portefeuilles d'investisseurs de toute la planète. Les fonds spéculatifs (hedge funds) ont été de gros acheteurs de subprimes, souvent à crédit pour doper leurs rendements (jusqu'à 30 % par an), et faire jouer l'effet de levier, les hedge funds empruntant jusqu'à 90 % des sommes nécessaires ; c- retournement du marché immobilier américain : vers fin 2005, les taux d'intérêts américains ont commencé à remonter alors que le marché financier s'essoufflait. Des milliers de ménages ont été incapables d'honorer leurs remboursements entraînant des pertes pour les banques et les investisseurs qui ont achetés les titres obligataires ont vu leur valeur s'effondrer ;d- crise de confiance : les banques se sont retrouvées dans une situation ou comme dans un jeu de poker , elles savent ce qu'elles ont dans leur bilan , mais pas ce qui se trouve dans celui des autres car ces mauvais crédits immobiliers ont été achetés un peu partout dans le monde et on ne sait quelle est la répartition du risque d'où une grave crise de confiance et depuis juillet 2007, cette situation f ait chuter les bourses et paralyse le marché inter-bancaire , les banques ne se prêtant plus ou très peu craignant que leurs homologues soient dans une ligne rouge ; et enfin e- intervention des banques centrales : face à la paralysie du marché étant intervenus massivement début août 2007 en injectant plusieurs centaines de milliards de dollars et d'euros de liquidités.C'est dans ce cadre que rentre le plan américain de 700 milliards de dollars soi qui seront déboursés en plusieurs tranches et également l'initiative européenne où les différents dirigeants du fait de l'ampleur de la crise commencent à avoir une vision commune comme en témoigne les 1800 milliards d'euros soit 2300 milliards de dollars pour garantir les prêts interbancaires et les dépôts des épargnants : soit au total USA plus Europe plus de 3000 milliards de dollars. Car cette crise s'est propagée à l'ensemble de la planète d'où l'importance de la réunion du G20 le 15 novembre 2008 aux USA ,mais sans la présence du nouveau président américain, ce qui supposera d'autres réunions, qui vise un quadruple objectif :premièrement de dégager une réponse commune à la crise financière ; deuxièmement ouvrir les pistes d'une réforme en profondeur du système financier international ; troisièmement prendre de nouvelles initiatives pour parer à d'éventuelles faillites bancaires et imposer aux banques de nouvelles normes comptables, et enfin quatrièmement des règles plus strictes sur les agences de notation, la titrisation et les parachutes dorés. Mais l'objectif stratégique est de repenser l'actuel système économique mondial qui favorise la bipolarisation Nord/Sud, la pauvreté préjudiciable à l'avenir de l'humanité, accéléré d'ailleurs par les gouvernances les plus discutables de la part de la plupart des dirigeants du Sud. Sur les 7 milliards d'âmes les 2/3 sont concentrées ans la zone Sud avec moins de 30% des richesses mondiales. Or, il s'agit de repenser tout le système financier mondial issu de Breeton Woods en 1945 en donnant un rôle accru au FMI comme garant de la régulation mondiale qui ne devra plus se limiter seulement aux équilibres macro-économiques ( déséquilibre des balances des paiements) , tout en élargissant la représentation aux pays émergents au sein de cette institution et celle de la banque mondiale. Rappelons que cet Accord avait connecté le dollar à l'or, puis nous avons assisté à sa déconnection en 1971 avec la suprématie du dollar comme étalon d'échange international qui représente aujourd'hui en 2008 , bien qu'en diminution relative plus de 70% des transactions internationales. A la lumière des analyses précédentes, il y a urgence de repenser tout le système financier en mettant en place de nouveaux contrepouvoirs, de nouvelles régulations supranationales, la mission des autorités étant d'empêcher la formation de bulles financières. Pour preuve, la masse monétaire américaine ( M3) a cru entre 1971 et début 2007 de 14 fois contre 3,3 fois pour le PIB, les ménages américains eux-mêmes ayant intégré dans leurs comportements , le crédit à la consommation qui est passé de 126 milliards en 1971 à 2.535 milliards en 2007 pendant que l'épargne des particuliers passait de 81 milliards en 1971 à 47 milliards en 2005 pour devenir négative depuis cette date. En même temps, la dette de l'Etat fédéral est passée de 424 milliards en 1971 à plus de 10.000 milliards de dollars en 2007/2008. C'est cette émission sans frein de dollars (les autres monnaies ont suivi) qui a permis aux opérateurs sur les marchés financiers d'acheter à crédit. Le risque à terme, en cas de méfiance en le dollar, serait son déclassement par rapport aux devises fortes surtout des pays qui possèdent d'importantes réserves de change en dollars (dont la Chine plus de 2000 milliards de dollars fin 2008) ce qui accélèrerait sa dépréciation. Pourtant, certains scénarios spéculant horizon 2025 sur la Chine comme première puissance économique mondiale, jusqu'à, présent les Etats-Unis d'Amérique reste la première puissance économique mondiale bien qu'en baisse relative. Et comme dit l 'adage et la crise financière actuelle est là pour le démontrer lorsque les USA tousse, l'ensemble du monde a la grippe. Cela a un impact évident sur les perspectives futures de la croissance de l'économie mondiale pour le dernier trimestre 2008, et les années 2009/2010. Le FMI le 8 octobre 2008 affichait un taux de croissance de l'économie mondiale pour 2009 de 3%, les Etats-Unis 0,1%,et la zone euro tout juste 0,2%. Or le 07 novembre 2008, le FMI vient de revoir encore à la baisse le taux de croissance USA /Europe l'évaluant à moins 0,3%, la croissance mondiale ne devant pas dépasser 2%, avec des incidences sur les pays émergents les pays émergents comme le Brésil, Inde, Chine inférieur à 6% (la demande solvable,bien qu'en augmentation, reste faible malgré un important marché intérieur) et donc la demande d'hydrocarbures qui devrait chuter entre 40/50%, ce qui montre que la crise n'est pas conjoncturelle. Pour preuve la Chine dont les recettes fiscales chuteront en 2009, vient de dégager le 9 novembre 2008 un montant d'environ 600 milliards de dollars pour parer à la crise et de cette interdépendance de l'économie mondiale arrimant les pays émergents, selon l'étude de cabinet Ernest Young de mars 2008, sur 1000 plus grosses capitalisations boursières, 221 viennent des pays émergents. Et selon certains analystes en cas de persistance de la crise, " le capitalisme américain pourrait avoir raison du communisme chinois. ".Conclusion : quelles perspectives ? Face à ces mesures d'ordre monétaires notamment jouer sur les injections monétaires pour sauver les banques et la baisse des taux d'intérêts le prix Nobel d'économie de 2001 Joseph Stiglitz estime que ces actions ne s'attaquent pas à l'essence de la crise, les comparant à "une transfusion sanguine massive à une personne souffrant d'une grave hémorragie interne"). Concernant l'Algérie, avec des dépenses annuelles évaluées à plus de 70 milliards de dollars US/an ,( le tout tiré par les dépenses publiques via les hydrocarbures ) et du fait que les dernières mesures gouvernementales oblige l'Etat à devenir majoritaire dans tout projet d'investissement et des réserves de change approchant les 140 milliards de dollars , (dont une grande partie à l'étranger, ne pouvant les retirer au risque de subir une décote de plus de 30%,) ,un cours du baril à moins de 70 dollars , la persistance de la crise qui du fait de son ampleur, il y a maintenant unanimité des instances internationales et experts, durera au moins deux années 2009/2010 , et si elle persiste , au delà de 2011, pourrait entraîner une très grave crise économique et sociale. Cependant , cette crise a quelque chose de bon permettant de mettre à nu l'incohérence des politiques socio-économiques ayant ignoré la bonne gouvernance, l'entreprise et la valorisation du
savoir pilier du développement du XXIème siècle, liés d'ailleurs à un Etat de droit et de véritables contrepouvoirs politiques, économiques et sociaux , donc une politique mue par l'unique dépense monétaire, la mentalité rentière avec une concentration excessive du revenu national au profit des emplois rentes, sans se soucier de la bonne gestion


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