À Illizi, la Maison de la culture « Othmane Bali » a abrité les Journées de formation consacrées à la sauvegarde du patrimoine matériel et immatériel du Tassili, dont le coup d'envoi a été donné dimanche.Cette initiative culturelle a rassemblé artisans, associations et acteurs du secteur autour d'un programme axé sur la transmission des savoir-faire traditionnels, à travers des expositions, des ateliers pratiques et des actions de sensibilisation dédiées à l'héritage culturel de cette région saharienne emblématique. Organisées sous l'égide du ministère de la Culture et des Arts, avec l'appui de la direction de la culture de la wilaya d'Illizi, les « Journées de formation du Tassili pour la préservation du patrimoine culturel » traduisent une volonté affirmée de sauvegarder des savoir-faire traditionnels aujourd'hui fragilisés. Pour les organisateurs, il ne s'agit pas seulement de célébrer le patrimoine, mais surtout de créer des conditions concrètes pour sa transmission aux générations futures. L'événement a rassemblé plusieurs acteurs locaux engagés dans la défense de l'héritage culturel du Tassili, notamment des artisans et des associations œuvrant dans le domaine de la mémoire historique. Selon les responsables associatifs impliqués, cette initiative répond à un besoin urgent : préserver des pratiques ancestrales qui risquent de disparaître face aux mutations sociales et aux modes de vie contemporains. Le programme proposé a adopté une approche globale du patrimoine, en intégrant aussi bien ses dimensions tangibles qu'intangibles. Des expositions artisanales ont occupé une place centrale, offrant au public un aperçu de la diversité des productions locales. Objets utilitaires, créations décoratives et pièces traditionnelles témoignaient de techniques transmises de génération en génération et profondément ancrées dans l'identité culturelle de la région. Parallèlement, des ateliers pratiques ont permis aux participants de s'initier ou de se perfectionner dans des domaines spécifiques. L'un des temps forts de ces journées était consacré à la construction traditionnelle en terre crue, un matériau emblématique de l'architecture saharienne. Utilisée depuis des siècles dans la région d'Illizi, la terre crue illustre un savoir-faire parfaitement adapté aux conditions climatiques du désert. Les ateliers ont abordé aussi bien les techniques de construction que les méthodes de décoration, mettant en lumière l'ingéniosité des bâtisseurs locaux. La formation a constitué un autre pilier essentiel de cette manifestation. Plusieurs sessions étaient dédiées au patrimoine culturel immatériel, notamment les traditions orales, les expressions musicales et les pratiques festives qui participent à la cohésion sociale et à l'identité collective. Ces éléments, souvent moins visibles que les objets matériels, jouent pourtant un rôle fondamental dans la préservation de la mémoire collective. Des ateliers spécialisés sur la conservation et la restauration des poteries anciennes sont venus compléter le programme. Encadrées par des experts, ces formations s'adressaient aussi bien aux artisans qu'aux chercheurs et aux amateurs éclairés, désireux d'acquérir des compétences techniques précises pour prolonger la vie de ces objets patrimoniaux. Au-delà de son contenu culturel, cette initiative s'est inscrite dans une politique plus large de soutien aux projets culturels portée par les autorités publiques, illustrant la volonté de renforcer le rôle des acteurs locaux dans la protection d'un patrimoine d'une valeur exceptionnelle. Les Journées de formation du Tassili se sont poursuivies jusqu'à mercredi 4 février, offrant aux participants une immersion profonde dans l'univers culturel d'une région saharienne unique, reconnue mondialement et inscrite au patrimoine de l'Unesco. R.C.