Des spécialistes disent qu'il est impossible d'instaurer un ordre national interne. Cela concerne aussi bien l'économie que la politique. Un pays s'inscrit dans un ordre international économique et politique. Nous allons irréversiblement, même en accumulant des insuffisances, entrer dans la mondialisation. L'économie de marché que l'on a jamais pratiquée nous paraissait comme un système devant attirer des investissements qui nous ferons rentrer dans le paradis des bonnes affaires pour tous. Les opposants à la mondialisation donnent de nous l'image de moutons qui vont vers l'abattoir. Faux ? juste ? Qu'est-ce qui ramènerait les pays riches à renoncer à une infime partie de leurs bénéfices pour nous tirer vers le haut, sachant qu'en réalité, ils nous aideraient ainsi à augmenter nos capacités financières pour continuer à être leurs bons clients. Nous avions bien compris que depuis fort longtemps, ils ne nous réservent pas autre chose que de nous livrer à une concurrence mondiale. Une concurrence, dit-on, mutuellement bénéfique et qui pousse vers le haut le taux de croissance. Oui, OK, on peut valider cette thèse mais en faveur de qui ? Certainement que les échanges commerciaux favorisent le développement et la création de l'emploi. Mais là également c'est la même question qui se pose à nouveau. En faveur de qui ? Le concept de mondialisation ne se rend pas compte du fait qu'il s'agit d'une concurrence qui d'ailleurs ne fait pas de mystère sur son issue. Il n'y a pas de miracle. Les vainqueurs sont connus d'avance, les vaincus également. Comment définir plus simplement la mondialisation ? Le professeur algérien, Mahmoudi, connu pour ses belles formules, traduit la mondialisation en nordisation. Ce concept nouveau montre bien qu'il s'agit toujours de la même chose à savoir, d'un côté les pays riches du Nord, et de l'autre le reste du Sud, c'est-à-dire tous les pays qui ne sont pas riches, à savoir les pauvres et les moins pauvres. On ne parle plus de prospérité partagée, et pour cause, celle-ci est plutôt protégée, interdite de passage par les frontières. Le terrorisme est transfrontalier, la corruption l'est également, mais pas la prospérité.