Pourquoi faudrait-il ne considérer comme guerre que les affrontements militaires? Une guerre d'une autre nature, la plus pernicieuse a commencé dans la réflexion en 1973 déjà. A l'époque, elle passait inaperçue en tant que préparation du fait que tous les esprits étaient tournés vers les revendications du tiers-monde, celle d'un nouvel ordre international plus juste. C'était pratiquement le Sud qui revendiquait à un Nord industrialisé qui avait toutes les cartes en main. A l'époque, le monde industrialisé, occidental bien sûr, préparait la guerre de la mondialisation. Un grand banquier, des doctrinaires du néo-libéralisme, des représentants des pays riches, des firmes internationales " cogitaient " ensemble un nouveau plan de guerre mondiale. Quelques années plus tard, vint la divine surprise. La mondialisation. Celle dite des échanges commerciaux qui " amèneront " le développement. Une guerre nous était imposée. Une guerre économique. Promesse d'une prospérité dite partagée, alors qu'en réalité celle-ci était protégée pour qu'elle ne sorte pas de l'intérieur des frontières des pays riches. Interdite de passage par les frontières. Le terrorisme est transfrontalier, la corruption l'est également, mais pas la prospérité. Qu'est-ce qui amènerait les pays riches à renoncer à une infime partie de leurs bénéfices pour nous tirer vers le haut, sachant qu'en réalité, ils nous aideraient ainsi à augmenter nos capacités financières pour continuer à être leurs bons clients. Nous avions bien compris depuis fort longtemps, qu'ils ne nous réservent pas autre chose que de nous livrer à une guerre qui est mondiale. La mondialisation ? Le professeur algérien Mahmoudi, connu pour ses belles formules quand il intervient au CRSS, traduit la mondialisation en " nordisation". Ce concept nouveau montre bien qu'il s'agit toujours de la même chose à savoir d'un coté les pays riches du Nord, et de l'autre le reste du Sud, c'est-à-dire tous les pays qui ne sont pas riches, soit les pauvres et les moins pauvres. Le concept de mondialisation ne rend pas assez compte du fait qu'il s'agit d'une concurrence, ou alors d'une guerre économique qui ne fait pas de mystère sur son issue. C'est le mouton qui va à l'abattoir. Il n'y a pas de miracle. Les vainqueurs sont connus d'avance, les vaincus également. Une concurrence-dit-on, mutuellement bénéfique et qui pousse vers le haut le taux de croissance. Oui, OK, on peut valider cette thèse mais en faveur de qui ? Certainement que les échanges commerciaux favorisent le développement et la création de l'emploi. Mais là également c'est la même question qui se pose à nouveau. En faveur de qui ? N. Benbachir.