La récente instruction adressée par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal à l'ensemble des ordonnateurs et plus singulièrement aux walis les invitant à plus de rigueur dans la gestion de la dépense publique, se veut une nouvelle ventilation de l'argent conforme aux besoins et aux priorités du moment en raison de la chute drastique des cours pétroliers sur le marché mondial. Une instruction qui va dans le sens d'une meilleure identification budgétaire, soit une gestion rationnelle qui évite tout gaspillage, toute dépense de prestige et une meilleure maîtrise des projets en réalisation afin qu'ils ne subissent aucun retard ni opération d'avenant financier. En somme les ordonnateurs ont été interpelés par M. Sellal à mieux suivre l'écoulement de l'argent, et d'opter dès lors pour une gestion efficace et transparente ainsi que la maîtrise des risques. Tous les établissements publics dans les différents secteurs (Santé-Education-Formation-Entreprises-Administrations publiques etc.) sont concernés par cette instruction. C'est aussi là, une autre tâche pour les walis à s'impliquer davantage dans le suivi et le contrôle de la dépense publique, d'identifier l'ensemble des ressources publiques et leur utilisation. A ce propos, le Premier ministre a rappelé que certains ordonnateurs n'ont pas respecté les orientations et les directives qui leurs ont été adressées en ce qui concerne la maîtrise de la dépense publique dans le but de faire face aux difficultés engendrées par la baisse des revenus financiers du pays en raison de la chute drastique des prix des hydrocarbures sur le marché mondial. Il a également rappelé que " le gouvernement a affiché sa détermination pour faire face à cette situation à savoir la concentration des efforts pour la maîtrise des dépenses d'équipements en ce qui concerne les projets qui sont en cours de réalisation, le gel ou l'annulation des projets qui n'ont pas connu un début de réalisation et ce, selon un programme qui prend en compte les ressources financières dont disposent le pays. " Néanmoins, la poursuite de la baisse de nos revenus pétroliers nous impose un comportement prudent en rapport avec l'insistance du gouvernement qui tend à la rationalisation des dépenses afin de consolider les équilibres internes et externes du pays et ce, en allant vers une plus grande rigueur dans l'application des directives du gouvernement dans ce domaine ". L'instruction du Premier ministre aux ordonnateurs vise de fait par son caractère innovateur à provoquer des changements de comportement susceptibles de consolider les équilibres internes et externes du pays, c'est-à-dire mieux gérer la gestion des finances publiques, la préservation des équilibres budgétaires, la qualité de la dépense elle-même et son contrôle virtuelle. Un nouvel équilibre est donc à rechercher entre les changements économiques et les contraintes financières, mais la recherche d'une rupture avec " Sandouk El-Baïlek " est une étape décisive pour transformer les comportements, et par conséquent la politique budgétaire en un véritable instrument de développement économique et social du pays, et par ricochet la préservation des racines de l'amélioration de la qualité et des conditions de vie de la population. Pour un plaidoyer général, il s'agit d'identifier trois axes visés par l'instruction de M. Sellal pour amorcer sa mise en application seine et rigoureuse et qui couvrent un ensemble d'actions à court, moyen long termes pour accroître la capacité financière de l'Etat : améliorer l'allocation des dépenses, accélérer la modernisation de la gestion financière et une gestion budgétaire efficace qui ne doit pas seulement déterminer à quoi sont allouées les dépenses mais aussi vérifier si l'exécution du budget y est conforme.