Le géant de l'affichage publicitaire français JCDecaux a publié un bénéfice net en hausse de 1,1% au premier semestre, à 80,4 millions d'euros, et a prévenu que la croissance organique de son activité serait "modérée" au troisième trimestre. Le chiffre d'affaires ajusté --prenant en compte les sociétés sous contrôle conjoint, selon la norme comptable IFRS 11-- du semestre a progressé de 10,8% à 1,617 milliard d'euros, ce qui correspond à une croissance organique, à périmètre et taux de change constants, de 6,6%. Cette progression est "due, de nouveau, à une forte performance de toutes nos activités et géographies, ainsi qu'à notre portefeuille d'actifs digitaux premium" (notamment les faces publicitaires connectées et interactives), a commenté le président du directoire et co-directeur général Jean-Charles Decaux, cité dans un communiqué. JCDecaux avait prévenu du ralentissement de sa croissance organique, qui a atteint 10,5% au premier trimestre et 3,4% au deuxième (alors qu'il l'avait annoncée "autour de 3%"). "Les révisions des prévisions de croissance du PIB pour 2016 ont confirmé le ralentissement économique mondial comme nous l'avions mentionné à la fin du premier trimestre avec l'incertitude supplémentaire de l'impact du Brexit. En conséquence, nous nous attendons désormais à ce que notre croissance organique ajustée du troisième trimestre soit modérée", a prévenu M. Decaux. "Nous sommes convaincus que nous sommes bien positionnés pour continuer à surperformer le marché publicitaire mondial et renforcer notre position de numéro un du marché de la communication extérieure grâce à des gains profitables de parts de marchés", a-t-il affirmé.
Réduire les investissements au Royaume-Uni JCDecaux va réduire ses investissements au Royaume-Uni, après le vote des Britanniques en faveur d'une sortie de l'Union européenne (UE). Ce choix risque de peser sur les investissements publicitaires dans le pays, ont annoncé ses dirigeants. Le numéro un mondial de la communication extérieure, qui a décroché le méga-contrat pour la publicité sur les abribus londoniens, va réduire le nombre de panneaux numériques qu'il prévoyait de déployer le temps de prendre la mesure des conséquences de la votation. "Les économistes prévoient un ralentissement de l'économie britannique qui sera plus prononcé en 2017 qu'en 2016. Et comme le secteur de la publicité dépend fortement de la croissance économique, il est évident que la publicité va connaître des difficultés en 2017 sur le marché anglais", a expliqué le co-directeur général Jean-François Decaux. "Nous sommes en train de revoir nos programmes d'investissements (...) Et nous allons probablement repousser certains investissements en Angleterre afin de voir le réel impact du Brexit sur l'économie anglaise (...)", a-t-il ajouté lors d'une conférence téléphonique. JCDecaux doit déployer un millier d'écrans dans les abribus de la capitale londonienne dans le cadre du plus gros contrat mondial de mobilier urbain. Le groupe, contrôlé par la famille Decaux, souffre cependant de retards au démarrage avec seulement 200 écrans installés fin juin contre 500 prévus initialement, ce qui devrait peser sur le deuxième semestre.
Prudence de mise JCDecaux, qui a réalisé 11,3% de ses revenus au Royaume-Uni sur la première partie de l'année, a toutefois souligné qu'il n'avait aucune intention de remettre en cause son contrat conclu avec l'opérateur britannique TFL. Il a ajouté que la demande était très forte pour ses équipements localisés notamment sur la très commerçante Oxford Street. La société n'a enregistré aucune annulation de contrat dans le pays ces dernières semaines, ont souligné ses dirigeants. Face aux incertitudes provoquées par le Brexit et compte tenu du ralentissement de l'économie mondiale, JCDecaux a toutefois prévenu qu'il anticipait une croissance "modérée" pour le troisième trimestre, sans donner d'estimation chiffrée comme à son habitude. Sur l'ensemble du premier semestre, JCDecaux a enregistré une croissance à données comparables du chiffre d'affaires de 6,6%, conforme aux attentes. En revanche, sa marge opérationnelle affiche un recul plus marqué que prévu de 7,4% à 264,5 millions, sous l'effet du rachat de la société déficitaire Cemusa et des retards pris dans le déploiement du réseau londonien.