Les Bourses européennes ont terminé en net repli vendredi après une nouvelle escalade dans le conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine qui a pris le pas sur le discours pourtant très attendu de Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale. À Paris, le CAC 40 a fini en baisse de 1,14% (61,38 points) à 5.326,87 points après être monté à 5.421,28 en matinée. A Londres, le FTSE 100 a perdu 0,47% et à Francfort, le Dax a reculé de 1,15%. L'indice EuroStoxx 50 a cédé 1,17%, le FTSEurofirst 300 0,61% et le Stoxx 600 0,78%. En hausse jusqu'au début de l'après-midi, les actions européennes sont passées dans le rouge après l'annonce par la Chine d'un relèvement des droits de douane sur 75 milliards de dollars (68 milliards d'euros) de produits américains et elles ont creusé leurs pertes en fin de séance après la réaction virulente du président américain, Donald Trump, qui a appelé les entreprises américaines à quitter la Chine. Les investisseurs n'ont guère trouvé de raisons de se rassurer dans le discours prononcé par Jerome Powell au symposium économique de Jackson Hole: le président de la Fed a promis que la banque centrale agirait de manière "appropriée" mais n'a pas donné d'indices clairs sur la trajectoire des taux d'intérêt au cours des prochains mois. "Si l'on gratte au-delà de ses formulations élégantes, on ne trouve aucun engagement à baisser de nouveau les taux en septembre. La Fed semble à l'aise face à la perspective de voir un assouplissement de la politique monétaire faire monter l'inflation mais elle n'est pas pour autant convaincue de la nécessité immédiate d'une baisse de taux", estime James Bentley, directeur de Financial Markets Online. Sur l'ensemble de la semaine, le Stoxx 600 a gagné 1,8% après trois semaines consécutives de repli qui lui avaient fait perdre près de 5,4% et le CAC 40 affiche un rebond de 0,49% après une baisse de 5,51% entre le 26 juillet et le 16 août. En léger repli à l'ouverture, Wall Street est brièvement passée dans le vert mais a effacé ses gains après les nouvelles attaques de Donald Trump visant la Chine et reculait nettement au moment de la clôture en Europe: le Dow Jones cédait 1,59%, le Standard & Poor's 500 1,7% et le Nasdaq Composite 1,96%. Parmi les grandes valeurs exposées au marché chinois, Apple et Intel perdaient plus de 3%, Caterpillar plus de 2,5%. L'indice de volatilité du CBOE, baromètre de la nervosité des investisseurs, était alors en hausse de plus de trois points, au plus haut depuis une semaine.
Valeurs & indicateurs Les secteurs exposés aux tensions commerciales ont accusé le coup de l'annonce des représailles chinoises en matière de droits de douane: l'indice Stoxx européen de l'automobile a cédé 2,14%, le recul le plus marqué du jour, tandis que celui du pétrole et du gaz abandonnait 1,53% et celui des hautes technologies 1,09%. Au sein du CAC 40, STMicroelectronics a perdu 4,65%, Valeo 3,82%. Seul compartiment en hausse en Europe, l'immobilier a pris 0,28%. Dans l'actualité des fusions acquisitions, le distributeur allemand de métaux Kloeckner & Co a gagné 7,13% après les informations du quotidien Handelsblatt selon lesquelles Thyssenkrupp (+0,67%) négocie son rachat et à Londres, Entertainment One a bondi de 31,94% au lendemain de l'annonce de son rachat par l'américain Hasbro, certains analystes n'excluant pas des contre-offres. Les ventes de logements individuels neufs aux Etats-Unis ont chuté de 12,8% en juillet, un recul plus marqué qu'attendu, à 635.000 en rythme annualisé. Il s'agit de la plus forte baisse mensuelle enregistrée depuis juillet 2013. Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient un chiffre de 649.000.
Wall Street chute La Bourse de New York a chuté vendredi en clôture, avec les cours du pétrole et les rendements obligataires, dans des marchés déstabilisés par une nouvelle escalade dans le conflit commercial entre les deux premières économies du monde. L'indice Dow Jones a perdu 623,34 points, soit 2,37%, à 25.628,90. Le S&P-500, plus large, a perdu 75,84 points, soit 2,59%, à 2.847,11. Le Nasdaq Composite a reculé de son côté de 239,62 points (-3,00%) à 7.751,77 points. Les indices accusent des baisses hebdomadaires respectives de 1,44%, 0,99% et 1,83%, ayant effacé dans la journée tous les gains engrangés dans la semaine dans l'espoir de mesures de soutien des grandes banques centrale et les gouvernements. Les trois indices reculent pour la quatrième semaine d'affilée, plus longue phase de baisse depuis le mois de mai. La Chine a annoncé son intention de relever les droits de douane sur environ 75 milliards de dollars (68 milliards d'euros) de produits américains. Le président américain, Donald Trump, a déclaré peu après préparer de nouvelles représailles et a "ordonné" aux entreprises américaines d'étudier la fermeture de leurs activités chinoises. "C'est une juste réaction des marchés. Je crois que personne ne pensait qu'on en arriverait à ce stade", a dit Michael O'Rourke, responsable de la stratégie chez JonesTrading. Les valeurs américaines avaient gagné du terrain après le discours prononcé par le président de la Réserve fédérale Jerome Powell au symposium économique de Jackson Hole: le président de la Fed a promis que la Fed agirait de manière "appropriée" mais n'a pas donné d'indices clairs sur la trajectoire des taux d'intérêt au cours des prochains mois. "Les baisses de taux d'intérêt soutiennent certes l'économie mais elles ne suffiront pas à compenser une guerre commerciale majeure", a ajouté Michael O'Rourke. L'indice de volatilité du CBOE, baromètre de la nervosité des investisseurs, est en hausse de plus de trois points, au plus haut depuis une semaine.
Valeurs & indicateurs Tous les grands indices sectoriels S&P 500 ont fini en territoire négatif, ceux des valeurs technologiques et de l'énergie ayant chuté de plus de 3%. Parmi les valeurs exposées à cette nouvelle escalade dans le conflit commercial entre la Chine et les Etats-Unis, Apple et Intel ont perdu respectivement 4,62% et 3,89%, Caterpillar a abandonné 3,26%, General Motors 3,33% et le groupe pétrolier Exxon Mobil 2,95%. Le spécialiste des logiciels de gestion de la relation client Salesforce a pris 2,19%, plus forte hausse du S&P, après une prévision de chiffre d'affaires pour le troisième trimestre supérieure aux estimations de Wall Street. Aux Etats-Unis, les ventes de logements individuels neufs ont chuté de 12,8% en juillet, un recul plus marqué qu'attendu, à 635.000 en rythme annualisé. Il s'agit de la plus forte baisse mensuelle enregistrée depuis juillet 2013. Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient un chiffre de 649.000.
Taux Le regain d'aversion au risque a favorisé la baisse des rendements obligataires: celui des Treasuries à 10 ans a chuté de près de huit points de base à 1,533% avec, pour le troisième jour de suite, un épisode d'inversion de la courbe des rendements, le taux à 2 ans étant passé au-dessus du 10 ans. Le rendement du Bund allemand à 10 ans a fini la journée à -0,673%, en baisse de plus de trois points de base.
Changes Après avoir atteint son plus haut niveau depuis trois semaines face à l'euro et depuis une semaine face au yen, le dollar s'est orienté à la baisse en réaction au discours de Jerome Powell et a nettement creusé ses pertes après les déclarations de Donald Trump sur la Chine. L'"indice dollar" qui mesure les fluctuations du billet vert face à un panier de devises de référence cède 0,5%. L'euro est remonté autour de 1,1140 dollar (+0,53%).
A suivre lundi : Le marché sera attentif à l'indice Ifo du climat des affaires en Allemagne alors que les dernières enquêtes auprès des directeurs d'achats (PMI) cette semaine n'ont pas dissipé la menace d'une nouvelle contraction du PIB au troisième trimestre.