Ghouini: le projet d'amendement constitutionnel garantit le renforcement des institutions de l'Etat    Libye/accord de cessez-le-feu: appels à la mise en œuvre d'"un acquis majeur"    Cancer du sein: atelier artisanal au profit des malades    Mahrez et les Citizens lâchent encore des points    Ligue 1 (amical): le match USM Alger-US Biskra annulé pour des raisons sanitaires    L'agression féodale et le Hirak.    Covid-19: 250 nouveaux cas, 144 guérisons et 10 décès    La révision de la Constitution une priorité pour l'Algérie qui vit une "phase cruciale"    INCENDIE AU CHAMP D'EL MERK (HASSI MESAOUD) : Le ministre Attar en inspection des lieux    Clasico: encore un record pour Fati !    SKIKDA : Déraillement d'un wagon de train chargé de phosphate    Le PT réagit à la condamnation de Djelloul Djoudi    TISSEMSILT : La rentrée scolaire perturbée dans plusieurs écoles    PLAN NATIONAL DE REBOISEMENT : Un milliard de plants mis en terre    GHARDAIA : Deux morts dans un accident de la circulation    Tebboune réitère l'engagement de l'Etat    Accidents de la route: 9 morts et 359 blessés ces dernières 48 heures    Billel Bensaha mouloudéen à titre de prêt    Un clasico devant 100 000 sièges vides, une première    Signature du premier accord majeur post-Brexit entre Londres et Tokyo    Le chef de l'ONU s'inquiète d'une «situation tendue»    Les créances de la Sadeg s'élèvent à 1 850 millions de dinars    Un dernier débat Trump-Biden plus calme, malgré l'échange d'accusations    On vous le dit    Résiliation du contrat de Toufik Zerara    Défection du Sila et souvenirs du «Parnasse» algérien    Le chanteur populaire M'hamed Zighem n'est plus    Commémoration du 116e anniversaire de la mort d'Isabelle Eberhardt    MO Béjaïa : Un directoire pour gérer les affaires du club    Saad Hariri de retour aux commandes au Liban    "L'Algérie coopérait déjà peu..."    Ali Haddad, le grand casse    Le RCD accuse le pouvoir de "s'acheter une nouvelle clientèle"    Attribué depuis trois mois à Mâalma : Le site AADL des 831 Lgts entre malfaçons et absence de commodités    Les travailleurs sans salaire depuis dix mois    Djerad désavoue le wali d'Oran    Des logements et des aides pour les sinistrés    En attendant une décision officielle...    Erdogan confirme un test de missiles russes    Après l'AGO : Les présidents en fin de mandat doivent quitter la ligue    Je suis contre cette Algérie majoritaire !    La représentation des minorités progresse mais reste limitée    Ali Boudarène, un comédien prometteur    Concours du meilleur joueur de mandole algérien : Appel à Candidature    Le FMI inévitable?    En raison d'un cas suspect de Covid-19: Le Consulat turc à Alger fermé    VFS Global: Un service de «rendez-vous de test PCR»    Les salles obscures    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





"Les choses commencent à s'apaiser"
Abdelmadjid Tebboune au figaro ;
Publié dans Le Midi Libre le 22 - 02 - 2020

Pour son premier entretien à un journal étranger, le président Abdelmadjid Tebboune a choisi de s'exprimer sur les colonnes du journal français Le Figaro.
Pour son premier entretien à un journal étranger, le président Abdelmadjid Tebboune a choisi de s'exprimer sur les colonnes du journal français Le Figaro.
Le chef de l'Etat répond sur de nombreux sujets : Hirak, nouvelle Constitution, situation économique, relations avec la France…
Le Hirak
La première question concerne le Hirak, qui fête son anniversaire samedi 22 Février. Pour le président de la République, les choses commencent à s'apaiser dans le pays. "Bien qu'il y ait encore, tous les vendredis, une présencecitoyenne dans la rue, les choses commencent à s'apaiser". Selon Tebboune, presque toutes les demandes du Hirak ont été satisfaites : "il n'y a pas eu de cinquième mandat, ni de prolongation du quatrième mandat, puis le président a démissionné".
"Les têtes les plus visibles de l'ancien système sont également parties, et la lutte a été engagée contre ceux qui ont mis l'économie à genoux. Reste les réformes politiques, j'en ai fait ma priorité, et je suis décidé à aller loin dans le changement radical pour rompre avec les mauvaises pratiques, moraliser la vie politique, et changer de mode de gouvernance", a-t-il ajouté. "De nombreux Algériens ont compris qu'on ne peut pas réformer, réparer, restaurer ce qui a été détruit pendant une décennie, en deux mois", a-t-il expliqué.
Une nouvelle Constitution avant l'été
Pour Abdelmadjid Tebboune, la révision constitutionnelle constitue "la priorité des priorités". "600 partis, associations, syndicats,corporations, etc : Ils auront un mois pour en débattre librement, et il reviendra ensuite vers le comité de rédaction. La mouture finale sera soumise aux
deux chambres du Parlement, puis à un référendum populaire", a-t-il détaillé, affirmant que la nouvelle Constitution sera prête "au plus tard d'ici le début de l'été".
Le rôle de l'armée
Le Hirak veut aussi "un Etat civil, nonmilitaire". Quel est, selon vous, le véritable rôle de l'armée algérienne, et vous sentez- vous redevable envers elle ? Le slogan "Un Etat civil, non militaire" date du 19 juin 1965 !, affirme Tebboune. Selon lui, "L'armée accomplit ses missions constitutionnelles, elle ne s'occupe ni de politique, ni d'investissement, ni d'économie. Elle est là pour sauvegarder l'unité nationale, protéger la Constitution et les Algériens contre toute infiltration terroriste,et toute tentative de déstabilisation du pays. Vous ne trouverez aucune trace de son immixtion dans la vie du citoyen si ce n'est lors du service national".
Se sent-il redevable envers l'armée, lui demande le journaliste du Figaro ?
"Moi, je ne me sens redevable qu'envers le
peuple qui m'a élu en toute liberté et transparence. L'armée a soutenu et accompagné le processus électoral, mais n'a jamais déterminé qui allait être le Président. Si je me suis engagé dans la Présidentielle, c'est parce que j'avais un arrière-goût de travail inachevé. Vous savez dans quelles circonstances j'ai quitté la primature. Mon pays étant en difficulté, j'ai pensé pouvoir apporter un plus même si je savais que c'était un sacrifice pourma famille et moi-même. C'est un devoir", at- il répondu.
La lutte contre la corruption
Le placement en détention de nombreuses figures de l'ancien régime de Bouteflika ne signifie pas la fin de "mafia politico-financière", a expliqué Tebboune. "La tête de la mafia a été coupée, mais pas le corps. De l'argent sale circule encore. Chaque jour de nouveaux responsables, des pseudos hommes d'affaires se retrouvent devant la justice. Les fondements de l'Etat algérien doivent être sains. Ce qui nous attend est bien plus grand que les travaux de Sisyphe", a-t-il ajouté.
Situation économique
Le président Tebboune veut miser sur la jeunesse, pour relancer l'économie et sortir de la dépendance aux hydrocarbures. "Des jeunes formés sur les bancs de l'école algérienne, sont sollicités pour leur dynamisme et leur savoir-faire, partout dans le monde, aux Etats-Unis, en Europe… C'est dans cet esprit universaliste et par une compétition saine et moderne, que nous allons construire un nouvel édifice économique basé sur la valorisation de la production nationale, l'économie de la connaissance et la transition énergétique", a-t-il dit.
Le chef de l'Etat s'est une nouvelle fois attaqué à "l'importation débridée". "L'Algérie est vue par ses partenaires, comme un grand marché de consommation. Nos maux viennent de l'importation débridée, génératrice de surfacturation, une des sources de la corruption favorisée par de nombreux pays européens où se faisait la bancarisation, la surfacturation, les investissements de l'argent transféré illicitement. Cela a tué la production nationale. Nous allons par exemple, arrêter l'importation de kits automobiles. L'usine Renault, qui est ici, n'a rien à voir avec celle qui est installée au Maroc. Comment créer des emplois alors qu'il n'y a aucune intégration, aucune sous-traitance ?", a-t-il annoncé.
Binationaux : abrogation de l'article 51
L'Article 51 de la Constitution sur les binationaux sera abrogé dans le nouveau texte. "L'immigration d'origine algérienne à l'étranger, a toute sa place ici, et nous oeuvrons pour qu'il n'y ait plus de séparation entre les citoyens émigrés, et ceux qui sont restés au pays. Ils ont les mêmes droits et possibilités", a-t-il dit.
Question mémorielle
"J'ai eu quelques contacts avec le président Macron, et je sais qu'il est honnête intellectuellement, qu'il n'a aucun lien avec la colonisation. Il essaye de régler ce problèmequi empoisonne les relations entre nos deux pays ; parfois il est incompris, et parfois il fait l'objet d'attaques virulentes de la part de lobbies très puissants", a expliqué Tebboune, concernant la question de la mémoire. Tebboune s'est ensuite exprimé sur les relations avec la France, accusant des lobbys dont celui du Maroc, de tenter de les saborder. "Nous sommes pour des relations sereines avec la France, fondées sur un respect mutuel. À un certain moment, il faut regarder la véritéen face.
Un premier pas est de reconnaître ce qui a été fait, le deuxième pas est de le condamner. Il faut du courage en politique. Mais il y a un autre lobby (le Maroc NDLR), dont toute la politique repose sur l'endiguement de l'Algérie, et qui est présent en France. C'est un lobby, aux accointances économiques et sociales, qui a peur de l'Algérie. Même quand l'Algérie intervient pour proposer des règlements pacifiques à des crises, ce lobby tente de s'immiscer sous prétexte qu'il est également concerné", a-til expliqué.
Le chef de l'Etat répond sur de nombreux sujets : Hirak, nouvelle Constitution, situation économique, relations avec la France…
Le Hirak
La première question concerne le Hirak, qui fête son anniversaire samedi 22 Février. Pour le président de la République, les choses commencent à s'apaiser dans le pays. "Bien qu'il y ait encore, tous les vendredis, une présencecitoyenne dans la rue, les choses commencent à s'apaiser". Selon Tebboune, presque toutes les demandes du Hirak ont été satisfaites : "il n'y a pas eu de cinquième mandat, ni de prolongation du quatrième mandat, puis le président a démissionné".
"Les têtes les plus visibles de l'ancien système sont également parties, et la lutte a été engagée contre ceux qui ont mis l'économie à genoux. Reste les réformes politiques, j'en ai fait ma priorité, et je suis décidé à aller loin dans le changement radical pour rompre avec les mauvaises pratiques, moraliser la vie politique, et changer de mode de gouvernance", a-t-il ajouté. "De nombreux Algériens ont compris qu'on ne peut pas réformer, réparer, restaurer ce qui a été détruit pendant une décennie, en deux mois", a-t-il expliqué.
Une nouvelle Constitution avant l'été
Pour Abdelmadjid Tebboune, la révision constitutionnelle constitue "la priorité des priorités". "600 partis, associations, syndicats,corporations, etc : Ils auront un mois pour en débattre librement, et il reviendra ensuite vers le comité de rédaction. La mouture finale sera soumise aux
deux chambres du Parlement, puis à un référendum populaire", a-t-il détaillé, affirmant que la nouvelle Constitution sera prête "au plus tard d'ici le début de l'été".
Le rôle de l'armée
Le Hirak veut aussi "un Etat civil, nonmilitaire". Quel est, selon vous, le véritable rôle de l'armée algérienne, et vous sentez- vous redevable envers elle ? Le slogan "Un Etat civil, non militaire" date du 19 juin 1965 !, affirme Tebboune. Selon lui, "L'armée accomplit ses missions constitutionnelles, elle ne s'occupe ni de politique, ni d'investissement, ni d'économie. Elle est là pour sauvegarder l'unité nationale, protéger la Constitution et les Algériens contre toute infiltration terroriste,et toute tentative de déstabilisation du pays. Vous ne trouverez aucune trace de son immixtion dans la vie du citoyen si ce n'est lors du service national".
Se sent-il redevable envers l'armée, lui demande le journaliste du Figaro ?
"Moi, je ne me sens redevable qu'envers le
peuple qui m'a élu en toute liberté et transparence. L'armée a soutenu et accompagné le processus électoral, mais n'a jamais déterminé qui allait être le Président. Si je me suis engagé dans la Présidentielle, c'est parce que j'avais un arrière-goût de travail inachevé. Vous savez dans quelles circonstances j'ai quitté la primature. Mon pays étant en difficulté, j'ai pensé pouvoir apporter un plus même si je savais que c'était un sacrifice pourma famille et moi-même. C'est un devoir", at- il répondu.
La lutte contre la corruption
Le placement en détention de nombreuses figures de l'ancien régime de Bouteflika ne signifie pas la fin de "mafia politico-financière", a expliqué Tebboune. "La tête de la mafia a été coupée, mais pas le corps. De l'argent sale circule encore. Chaque jour de nouveaux responsables, des pseudos hommes d'affaires se retrouvent devant la justice. Les fondements de l'Etat algérien doivent être sains. Ce qui nous attend est bien plus grand que les travaux de Sisyphe", a-t-il ajouté.
Situation économique
Le président Tebboune veut miser sur la jeunesse, pour relancer l'économie et sortir de la dépendance aux hydrocarbures. "Des jeunes formés sur les bancs de l'école algérienne, sont sollicités pour leur dynamisme et leur savoir-faire, partout dans le monde, aux Etats-Unis, en Europe… C'est dans cet esprit universaliste et par une compétition saine et moderne, que nous allons construire un nouvel édifice économique basé sur la valorisation de la production nationale, l'économie de la connaissance et la transition énergétique", a-t-il dit.
Le chef de l'Etat s'est une nouvelle fois attaqué à "l'importation débridée". "L'Algérie est vue par ses partenaires, comme un grand marché de consommation. Nos maux viennent de l'importation débridée, génératrice de surfacturation, une des sources de la corruption favorisée par de nombreux pays européens où se faisait la bancarisation, la surfacturation, les investissements de l'argent transféré illicitement. Cela a tué la production nationale. Nous allons par exemple, arrêter l'importation de kits automobiles. L'usine Renault, qui est ici, n'a rien à voir avec celle qui est installée au Maroc. Comment créer des emplois alors qu'il n'y a aucune intégration, aucune sous-traitance ?", a-t-il annoncé.
Binationaux : abrogation de l'article 51
L'Article 51 de la Constitution sur les binationaux sera abrogé dans le nouveau texte. "L'immigration d'origine algérienne à l'étranger, a toute sa place ici, et nous oeuvrons pour qu'il n'y ait plus de séparation entre les citoyens émigrés, et ceux qui sont restés au pays. Ils ont les mêmes droits et possibilités", a-t-il dit.
Question mémorielle
"J'ai eu quelques contacts avec le président Macron, et je sais qu'il est honnête intellectuellement, qu'il n'a aucun lien avec la colonisation. Il essaye de régler ce problèmequi empoisonne les relations entre nos deux pays ; parfois il est incompris, et parfois il fait l'objet d'attaques virulentes de la part de lobbies très puissants", a expliqué Tebboune, concernant la question de la mémoire. Tebboune s'est ensuite exprimé sur les relations avec la France, accusant des lobbys dont celui du Maroc, de tenter de les saborder. "Nous sommes pour des relations sereines avec la France, fondées sur un respect mutuel. À un certain moment, il faut regarder la véritéen face.
Un premier pas est de reconnaître ce qui a été fait, le deuxième pas est de le condamner. Il faut du courage en politique. Mais il y a un autre lobby (le Maroc NDLR), dont toute la politique repose sur l'endiguement de l'Algérie, et qui est présent en France. C'est un lobby, aux accointances économiques et sociales, qui a peur de l'Algérie. Même quand l'Algérie intervient pour proposer des règlements pacifiques à des crises, ce lobby tente de s'immiscer sous prétexte qu'il est également concerné", a-til expliqué.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.