Décès de Kheddad: l'Organisation américaine des juristes rend hommage à un défenseur incontestable et un négociateur assidu    Un fonctionnaire du CHU Benbadis placé sous mandat de dépôt    Mines antipersonnel: Tahar Salhi, une des victimes de la barbarie du colonisateur français    Mines antipersonnel-frontière Est: séquelles physiques et psychologiques omniprésentes 58 ans après l'indépendance    Everton : Ancelotti veut deux joueurs du Real Madrid    Quelles alternatives à la crise sanitaire, économique et financière ?    Rapatriement des Algériens bloqués en Turquie: 1er vol prévu ce vendredi à 18h    Secousse tellurique de 3,2 degrés dans la wilaya de Batna    Coronavirus: le ministre de la jeunesse et des sports rassure les athlètes    Recul de l'activité de Naftal de 50% depuis la deuxième quinzaine de mars    Ligue 1-USM Alger: "les discussions avec Anthar Yahia ont bien avancé"    Covid19-compte spécial de solidarité: la LFP fait don de 10 millions de dinars    Covid-19: fermeture, dès vendredi, du marché quotidien de Réghaia    Des pluies, parfois orageuses, annoncées ce vendredi, au Centre du pays    Coronavirus: l'Opep+ va se réunir lundi par vidéoconférence    Le numérique au secours de la culture à l'heure du confinement sanitaire    FMI: des mesures à engager assurant la reprise économique après le confinement    Covid-19: un couloir vert pour les produits médicaux et les équipements de protection    Inter : Lukaku s'énerve sur les réseaux sociaux    Man United : Solskjaer fait une demandes aux épouses des joueurs    Un terroriste et trois éléments de soutien éliminés et des munitions saisies durant le mois de mars    « Le peuple du 1er Novembre et du Hirak saura relever le défi »    Le Mouvement El-Bina dénonce l'attaque féroce" d'une chaîne de télévision publique française contre l'Algérie    Condoléances    Sahara Occidental occupé : 139 000 tonnes de poissons exportés illégalement par le Maroc    Les stations d'essence prises d'assaut à Alger    Appel à la libération des détenus d'opinion    Hamel écope de 15 ans de prison ferme    Vers une plus forte chute de la demande    Sahara occidental : Décès du diplomate M'hamed Kheddad    Tunisie : Un terroriste de Daech arrêté    Le syndicat et les travailleurs restent mobilisés    L'hommage de Larab Mohand Ouramdane aux arbitres    Un Chinois dans la tête d'un Algérien    Action de solidarité avec les confinés du Coronavirus : 10 000 ouvrages distribués    Se mettre à nouvelle école, retrouver le chemin du monde    FAF - Réunion du BF: Réaction d'un fonds de solidarité    Tlemcen: «Il n'y aura pas de pénurie de fruits et légumes»    Le peuple cubain n'est-il pas ce merveilleux exemple qui indique la voie à suivre? La volonté de survie dans la dignité tout en marquant sa solidarité à l'international par élan humaniste    Covid-19: Les assurances de Tebboune    Le temps à l'émergence des start-up ?    Rafael Gómez, le dernier survivant de ces Espagnols qui ont libéré Paris    Vous ne détruirez pas notre maison pour construire la vôtre !    846 cas confirmés et 14 nouveaux décès en Algérie    TRIBUNAL DE SIDI MHAMED : Abdelghani Hamel condamné à 15 ans de prison    UN DECRET A ETE SIGNE HIER : Le président Tebboune gracie 5037 détenus    L'armée se tient prête pour une"éventuelle intervention"    Les médecins cubains très sollicités face au coronavirus    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





"Les choses commencent à s'apaiser"
Abdelmadjid Tebboune au figaro ;
Publié dans Le Midi Libre le 22 - 02 - 2020

Pour son premier entretien à un journal étranger, le président Abdelmadjid Tebboune a choisi de s'exprimer sur les colonnes du journal français Le Figaro.
Pour son premier entretien à un journal étranger, le président Abdelmadjid Tebboune a choisi de s'exprimer sur les colonnes du journal français Le Figaro.
Le chef de l'Etat répond sur de nombreux sujets : Hirak, nouvelle Constitution, situation économique, relations avec la France…
Le Hirak
La première question concerne le Hirak, qui fête son anniversaire samedi 22 Février. Pour le président de la République, les choses commencent à s'apaiser dans le pays. "Bien qu'il y ait encore, tous les vendredis, une présencecitoyenne dans la rue, les choses commencent à s'apaiser". Selon Tebboune, presque toutes les demandes du Hirak ont été satisfaites : "il n'y a pas eu de cinquième mandat, ni de prolongation du quatrième mandat, puis le président a démissionné".
"Les têtes les plus visibles de l'ancien système sont également parties, et la lutte a été engagée contre ceux qui ont mis l'économie à genoux. Reste les réformes politiques, j'en ai fait ma priorité, et je suis décidé à aller loin dans le changement radical pour rompre avec les mauvaises pratiques, moraliser la vie politique, et changer de mode de gouvernance", a-t-il ajouté. "De nombreux Algériens ont compris qu'on ne peut pas réformer, réparer, restaurer ce qui a été détruit pendant une décennie, en deux mois", a-t-il expliqué.
Une nouvelle Constitution avant l'été
Pour Abdelmadjid Tebboune, la révision constitutionnelle constitue "la priorité des priorités". "600 partis, associations, syndicats,corporations, etc : Ils auront un mois pour en débattre librement, et il reviendra ensuite vers le comité de rédaction. La mouture finale sera soumise aux
deux chambres du Parlement, puis à un référendum populaire", a-t-il détaillé, affirmant que la nouvelle Constitution sera prête "au plus tard d'ici le début de l'été".
Le rôle de l'armée
Le Hirak veut aussi "un Etat civil, nonmilitaire". Quel est, selon vous, le véritable rôle de l'armée algérienne, et vous sentez- vous redevable envers elle ? Le slogan "Un Etat civil, non militaire" date du 19 juin 1965 !, affirme Tebboune. Selon lui, "L'armée accomplit ses missions constitutionnelles, elle ne s'occupe ni de politique, ni d'investissement, ni d'économie. Elle est là pour sauvegarder l'unité nationale, protéger la Constitution et les Algériens contre toute infiltration terroriste,et toute tentative de déstabilisation du pays. Vous ne trouverez aucune trace de son immixtion dans la vie du citoyen si ce n'est lors du service national".
Se sent-il redevable envers l'armée, lui demande le journaliste du Figaro ?
"Moi, je ne me sens redevable qu'envers le
peuple qui m'a élu en toute liberté et transparence. L'armée a soutenu et accompagné le processus électoral, mais n'a jamais déterminé qui allait être le Président. Si je me suis engagé dans la Présidentielle, c'est parce que j'avais un arrière-goût de travail inachevé. Vous savez dans quelles circonstances j'ai quitté la primature. Mon pays étant en difficulté, j'ai pensé pouvoir apporter un plus même si je savais que c'était un sacrifice pourma famille et moi-même. C'est un devoir", at- il répondu.
La lutte contre la corruption
Le placement en détention de nombreuses figures de l'ancien régime de Bouteflika ne signifie pas la fin de "mafia politico-financière", a expliqué Tebboune. "La tête de la mafia a été coupée, mais pas le corps. De l'argent sale circule encore. Chaque jour de nouveaux responsables, des pseudos hommes d'affaires se retrouvent devant la justice. Les fondements de l'Etat algérien doivent être sains. Ce qui nous attend est bien plus grand que les travaux de Sisyphe", a-t-il ajouté.
Situation économique
Le président Tebboune veut miser sur la jeunesse, pour relancer l'économie et sortir de la dépendance aux hydrocarbures. "Des jeunes formés sur les bancs de l'école algérienne, sont sollicités pour leur dynamisme et leur savoir-faire, partout dans le monde, aux Etats-Unis, en Europe… C'est dans cet esprit universaliste et par une compétition saine et moderne, que nous allons construire un nouvel édifice économique basé sur la valorisation de la production nationale, l'économie de la connaissance et la transition énergétique", a-t-il dit.
Le chef de l'Etat s'est une nouvelle fois attaqué à "l'importation débridée". "L'Algérie est vue par ses partenaires, comme un grand marché de consommation. Nos maux viennent de l'importation débridée, génératrice de surfacturation, une des sources de la corruption favorisée par de nombreux pays européens où se faisait la bancarisation, la surfacturation, les investissements de l'argent transféré illicitement. Cela a tué la production nationale. Nous allons par exemple, arrêter l'importation de kits automobiles. L'usine Renault, qui est ici, n'a rien à voir avec celle qui est installée au Maroc. Comment créer des emplois alors qu'il n'y a aucune intégration, aucune sous-traitance ?", a-t-il annoncé.
Binationaux : abrogation de l'article 51
L'Article 51 de la Constitution sur les binationaux sera abrogé dans le nouveau texte. "L'immigration d'origine algérienne à l'étranger, a toute sa place ici, et nous oeuvrons pour qu'il n'y ait plus de séparation entre les citoyens émigrés, et ceux qui sont restés au pays. Ils ont les mêmes droits et possibilités", a-t-il dit.
Question mémorielle
"J'ai eu quelques contacts avec le président Macron, et je sais qu'il est honnête intellectuellement, qu'il n'a aucun lien avec la colonisation. Il essaye de régler ce problèmequi empoisonne les relations entre nos deux pays ; parfois il est incompris, et parfois il fait l'objet d'attaques virulentes de la part de lobbies très puissants", a expliqué Tebboune, concernant la question de la mémoire. Tebboune s'est ensuite exprimé sur les relations avec la France, accusant des lobbys dont celui du Maroc, de tenter de les saborder. "Nous sommes pour des relations sereines avec la France, fondées sur un respect mutuel. À un certain moment, il faut regarder la véritéen face.
Un premier pas est de reconnaître ce qui a été fait, le deuxième pas est de le condamner. Il faut du courage en politique. Mais il y a un autre lobby (le Maroc NDLR), dont toute la politique repose sur l'endiguement de l'Algérie, et qui est présent en France. C'est un lobby, aux accointances économiques et sociales, qui a peur de l'Algérie. Même quand l'Algérie intervient pour proposer des règlements pacifiques à des crises, ce lobby tente de s'immiscer sous prétexte qu'il est également concerné", a-til expliqué.
Le chef de l'Etat répond sur de nombreux sujets : Hirak, nouvelle Constitution, situation économique, relations avec la France…
Le Hirak
La première question concerne le Hirak, qui fête son anniversaire samedi 22 Février. Pour le président de la République, les choses commencent à s'apaiser dans le pays. "Bien qu'il y ait encore, tous les vendredis, une présencecitoyenne dans la rue, les choses commencent à s'apaiser". Selon Tebboune, presque toutes les demandes du Hirak ont été satisfaites : "il n'y a pas eu de cinquième mandat, ni de prolongation du quatrième mandat, puis le président a démissionné".
"Les têtes les plus visibles de l'ancien système sont également parties, et la lutte a été engagée contre ceux qui ont mis l'économie à genoux. Reste les réformes politiques, j'en ai fait ma priorité, et je suis décidé à aller loin dans le changement radical pour rompre avec les mauvaises pratiques, moraliser la vie politique, et changer de mode de gouvernance", a-t-il ajouté. "De nombreux Algériens ont compris qu'on ne peut pas réformer, réparer, restaurer ce qui a été détruit pendant une décennie, en deux mois", a-t-il expliqué.
Une nouvelle Constitution avant l'été
Pour Abdelmadjid Tebboune, la révision constitutionnelle constitue "la priorité des priorités". "600 partis, associations, syndicats,corporations, etc : Ils auront un mois pour en débattre librement, et il reviendra ensuite vers le comité de rédaction. La mouture finale sera soumise aux
deux chambres du Parlement, puis à un référendum populaire", a-t-il détaillé, affirmant que la nouvelle Constitution sera prête "au plus tard d'ici le début de l'été".
Le rôle de l'armée
Le Hirak veut aussi "un Etat civil, nonmilitaire". Quel est, selon vous, le véritable rôle de l'armée algérienne, et vous sentez- vous redevable envers elle ? Le slogan "Un Etat civil, non militaire" date du 19 juin 1965 !, affirme Tebboune. Selon lui, "L'armée accomplit ses missions constitutionnelles, elle ne s'occupe ni de politique, ni d'investissement, ni d'économie. Elle est là pour sauvegarder l'unité nationale, protéger la Constitution et les Algériens contre toute infiltration terroriste,et toute tentative de déstabilisation du pays. Vous ne trouverez aucune trace de son immixtion dans la vie du citoyen si ce n'est lors du service national".
Se sent-il redevable envers l'armée, lui demande le journaliste du Figaro ?
"Moi, je ne me sens redevable qu'envers le
peuple qui m'a élu en toute liberté et transparence. L'armée a soutenu et accompagné le processus électoral, mais n'a jamais déterminé qui allait être le Président. Si je me suis engagé dans la Présidentielle, c'est parce que j'avais un arrière-goût de travail inachevé. Vous savez dans quelles circonstances j'ai quitté la primature. Mon pays étant en difficulté, j'ai pensé pouvoir apporter un plus même si je savais que c'était un sacrifice pourma famille et moi-même. C'est un devoir", at- il répondu.
La lutte contre la corruption
Le placement en détention de nombreuses figures de l'ancien régime de Bouteflika ne signifie pas la fin de "mafia politico-financière", a expliqué Tebboune. "La tête de la mafia a été coupée, mais pas le corps. De l'argent sale circule encore. Chaque jour de nouveaux responsables, des pseudos hommes d'affaires se retrouvent devant la justice. Les fondements de l'Etat algérien doivent être sains. Ce qui nous attend est bien plus grand que les travaux de Sisyphe", a-t-il ajouté.
Situation économique
Le président Tebboune veut miser sur la jeunesse, pour relancer l'économie et sortir de la dépendance aux hydrocarbures. "Des jeunes formés sur les bancs de l'école algérienne, sont sollicités pour leur dynamisme et leur savoir-faire, partout dans le monde, aux Etats-Unis, en Europe… C'est dans cet esprit universaliste et par une compétition saine et moderne, que nous allons construire un nouvel édifice économique basé sur la valorisation de la production nationale, l'économie de la connaissance et la transition énergétique", a-t-il dit.
Le chef de l'Etat s'est une nouvelle fois attaqué à "l'importation débridée". "L'Algérie est vue par ses partenaires, comme un grand marché de consommation. Nos maux viennent de l'importation débridée, génératrice de surfacturation, une des sources de la corruption favorisée par de nombreux pays européens où se faisait la bancarisation, la surfacturation, les investissements de l'argent transféré illicitement. Cela a tué la production nationale. Nous allons par exemple, arrêter l'importation de kits automobiles. L'usine Renault, qui est ici, n'a rien à voir avec celle qui est installée au Maroc. Comment créer des emplois alors qu'il n'y a aucune intégration, aucune sous-traitance ?", a-t-il annoncé.
Binationaux : abrogation de l'article 51
L'Article 51 de la Constitution sur les binationaux sera abrogé dans le nouveau texte. "L'immigration d'origine algérienne à l'étranger, a toute sa place ici, et nous oeuvrons pour qu'il n'y ait plus de séparation entre les citoyens émigrés, et ceux qui sont restés au pays. Ils ont les mêmes droits et possibilités", a-t-il dit.
Question mémorielle
"J'ai eu quelques contacts avec le président Macron, et je sais qu'il est honnête intellectuellement, qu'il n'a aucun lien avec la colonisation. Il essaye de régler ce problèmequi empoisonne les relations entre nos deux pays ; parfois il est incompris, et parfois il fait l'objet d'attaques virulentes de la part de lobbies très puissants", a expliqué Tebboune, concernant la question de la mémoire. Tebboune s'est ensuite exprimé sur les relations avec la France, accusant des lobbys dont celui du Maroc, de tenter de les saborder. "Nous sommes pour des relations sereines avec la France, fondées sur un respect mutuel. À un certain moment, il faut regarder la véritéen face.
Un premier pas est de reconnaître ce qui a été fait, le deuxième pas est de le condamner. Il faut du courage en politique. Mais il y a un autre lobby (le Maroc NDLR), dont toute la politique repose sur l'endiguement de l'Algérie, et qui est présent en France. C'est un lobby, aux accointances économiques et sociales, qui a peur de l'Algérie. Même quand l'Algérie intervient pour proposer des règlements pacifiques à des crises, ce lobby tente de s'immiscer sous prétexte qu'il est également concerné", a-til expliqué.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.