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bonnes feuilles
Publié dans Le Midi Libre le 30 - 10 - 2008

Je refaisais avec lui mes marches d'hiver, ne lui expliquant jamais mon errance de peur qu'il ne s'effraie ou qu'il n'acquière une forme de pouvoir sur moi. Il me semblait important de garder nos équilibres, chacun apprenant de l'autre. Je pensais peu à sa jeunesse, j'avais l'idée que nous serions tous emportés par le temps. Il m'arrivait de le rejoindre dans un café ou dans un jardin, ayant besoin de me retrouver seule afin de poursuivre mon travail que je nourrissais de mon expérience. Ma nouvelle vie sécrétait de l'écriture comme un liquide qu'il me suffisait de recueillir. J'aimais qu'elle soit à l'origine d'un livre masculin. Je lui volais ses mots, ses expressions qu'il me confiait. Je m'inspirais de son corps afin de parfaire le corps de mes personnages. Quand je le retrouvais, il m'arrivait de croiser son regard sans le reconnaître comme si je souffrais d'une absence au monde. J'éprouvais alors le même vertige qu'au soir de notre rencontre. Souvent, nous déjeunions (tard dans la journée) près du Palais Royal à l'ombre des arbres. J'avais conscience de l'amour et de la force qu'il charriait. J'y voyais une expérience de transfiguration. Nous nous rendions à plusieurs reprises au musée des Arts décoratifs, P. nourrissant une passion pour le début des années trente. J'aimais traverser les époques de salle en salle, dans l'illusion qu'elles nous traversent à leur tour. Je voulais que l'histoire et les modes nous recouvrent. Que l'on ait un passé commun. Le musée abritait des chambres, des salons, recomposant la vie de tous les jours. Nous nous attardions près du boudoir bleu de madame Lanvin et du bureau d'un ambassadeur de France au Liban, construit en rond telle une coque de couleur brune, avec le sentiment de mêler une intimité à la nôtre. Il me semblait que les œuvres s'ajoutaient à ma vie, la transformant en profondeur. Ainsi, les châteaux, les sculptures, les peintures, la musique, me façonnaient de l'intérieur. Il ne s'agissait ni de culture ni d'intelligence. Je dévorais la beauté pour qu'elle reste en moi, ne lisant jamais l'inventaire d'une collection, m'approchant très près de l'œuvre afin d'en être irradiée. Mon expérience de l'art demeurait sensuelle, s'apparentant au désir, brutal et sans recul. J'avais toujours à l'esprit que notre temps était limité. Notre histoire se constituait de séparations et de rendez-vous. J'y voyais une forme de romantisme et l'ultime moyen peut-être de garder un amour.
Je refaisais avec lui mes marches d'hiver, ne lui expliquant jamais mon errance de peur qu'il ne s'effraie ou qu'il n'acquière une forme de pouvoir sur moi. Il me semblait important de garder nos équilibres, chacun apprenant de l'autre. Je pensais peu à sa jeunesse, j'avais l'idée que nous serions tous emportés par le temps. Il m'arrivait de le rejoindre dans un café ou dans un jardin, ayant besoin de me retrouver seule afin de poursuivre mon travail que je nourrissais de mon expérience. Ma nouvelle vie sécrétait de l'écriture comme un liquide qu'il me suffisait de recueillir. J'aimais qu'elle soit à l'origine d'un livre masculin. Je lui volais ses mots, ses expressions qu'il me confiait. Je m'inspirais de son corps afin de parfaire le corps de mes personnages. Quand je le retrouvais, il m'arrivait de croiser son regard sans le reconnaître comme si je souffrais d'une absence au monde. J'éprouvais alors le même vertige qu'au soir de notre rencontre. Souvent, nous déjeunions (tard dans la journée) près du Palais Royal à l'ombre des arbres. J'avais conscience de l'amour et de la force qu'il charriait. J'y voyais une expérience de transfiguration. Nous nous rendions à plusieurs reprises au musée des Arts décoratifs, P. nourrissant une passion pour le début des années trente. J'aimais traverser les époques de salle en salle, dans l'illusion qu'elles nous traversent à leur tour. Je voulais que l'histoire et les modes nous recouvrent. Que l'on ait un passé commun. Le musée abritait des chambres, des salons, recomposant la vie de tous les jours. Nous nous attardions près du boudoir bleu de madame Lanvin et du bureau d'un ambassadeur de France au Liban, construit en rond telle une coque de couleur brune, avec le sentiment de mêler une intimité à la nôtre. Il me semblait que les œuvres s'ajoutaient à ma vie, la transformant en profondeur. Ainsi, les châteaux, les sculptures, les peintures, la musique, me façonnaient de l'intérieur. Il ne s'agissait ni de culture ni d'intelligence. Je dévorais la beauté pour qu'elle reste en moi, ne lisant jamais l'inventaire d'une collection, m'approchant très près de l'œuvre afin d'en être irradiée. Mon expérience de l'art demeurait sensuelle, s'apparentant au désir, brutal et sans recul. J'avais toujours à l'esprit que notre temps était limité. Notre histoire se constituait de séparations et de rendez-vous. J'y voyais une forme de romantisme et l'ultime moyen peut-être de garder un amour.

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