En 2026, l'Algérie a intensifié sa lutte contre l'insécurité routière par l'examen d'un nouveau projet de loi portant code de la route, par la réhabilitation et la modernisation du parc national des bus de voyageurs et, en parallèle, par l'augmentation des campagnes de sensibilisation, notamment en ce mois de Ramadhan, pour diminuer le nombre des victimes et celui des accidents de la route.Durant le Ramadhan de l'année 2025, le nombre des morts sur les routes et à travers les accidents de la circulation avait dépassé la barre des 300 victimes. Une expérience douloureuse vécue par les Algériens et une leçon bien retenue par la Délégation nationale à la sécurité routière (DNSR) qui, cette année, voire durant ce Ramadhan, compte réduire le nombre des décès à travers un programme de sensibilisation bien chargé et valide durant tout au long du mois sacré. Dès le premier jour du mois de carême, la Délégation nationale à la sécurité routière (DNSR) a lancé une vaste campagne nationale de sensibilisation et de prévention des accidents de la route qui durera pendant le mois du Ramadhan, sous le slogan «Ramadhan nous unit… Non aux accidents de la route qui nous divisent», a indiqué, ce samedi, un communiqué du ministère de l'Intérieur, des Collectivités locales et des Transports. L'objectif de cette campagne qui intervient, en application des instructions du ministre de l'Intérieur, des Collectivités locales et des Transports «est de relever le niveau de conscience quant aux dangers des accidents durant le mois du jeûne», a indiqué la tutelle, affirmant «l'importance de se conformer au code de la route pour préserver la sécurité des usagers de la voie publique». Les délégations de wilaya à la sécurité routière, à travers les différentes villes du pays «ont organisé des sorties de terrain de proximité ayant ciblé les différents axes routiers, les espaces publics, les stations de transport des voyageurs et les stations de service, en coordination avec les services sécuritaires et les différents partenaires parmi les instances, institutions et acteurs de la société civile activant dans le domaine de la sécurité routière», a ajouté le communiqué. A cette occasion, «des dépliants de sensibilisation ont été distribués et des conseils pratiques prodigués aux conducteurs sur les principes d'une conduite sûre, notamment durant les heures de jeûne», recommandant d'»éviter l'excès de vitesse et la conduite en état de fatigue et d'épuisement, et de respecter la distance de sécurité», rapporte le communiqué du ministère de l'Intérieur. Par ailleurs, le nouveau projet de loi portant code de la route qui a fait l'objet d'une grande polémique, débattu début 2026 au Conseil de la nation, est actuellement en cours d'examen parlementaire. Ce projet de loi vise à instaurer un environnement de circulation durable en impliquant davantage la société civile et en améliorant les infrastructures, afin de garantir le droit à une mobilité sécurisée pour tous les citoyens. Ce texte modernise la gestion des risques via le paiement électronique des amendes, l'usage d'outils de détection (stupéfiants, alcool et poids) et le renforcement des sanctions, notamment contre la fraude sur les pièces de rechange. L'approche globale combine prévention, dissuasion et coordination pour réduire le facteur humain, responsable d'environ 95% des accidents. Aussi, la stratégie de l'Etat face au phénomène des accidents de la route consiste en l'introduction de systèmes d'information nationaux pour le suivi des accidents et l'identification précise des «points noirs» routiers. Un durcissement pénal et une lutte accrue contre la criminalité liée aux pièces de rechange non conformes, identifiées comme une cause aggravante lors des accidents. Dans le domaine de la prévention, l'Etat compte enraciner une nouvelle culture de bonne conduite chez les automobilistes en créant une Journée nationale de la sécurité routière et un Prix du président de la République pour encourager les bonnes pratiques. Faut-il le rappeler, en 2025 les données présentées par la Délégation nationale à la sécurité routière (DNSR), ont montré une tendance préoccupante avec plus de 18.000 accidents corporels survenus tout au long des douze mois, causant la mort de plus de 3.200 personnes sur les routes. Avec un taux estimé à 95%, le facteur humain demeure la cause dominante de cette hécatombe routière, et l'excès de vitesse, la conduite sous l'effet d'alcool et les psychotropes sont également des éléments aggravants qui viennent s'ajouter à cette situation préoccupante.