Le souverain pontife, Léon XIV, prononce un discours sur l'esplanade du Sanctuaire des martyrs de la Glorieuse guerre de libération nationale    Le pape Léon XIV se recueille à la mémoire des martyrs de la glorieuse Guerre de Libération nationale et prononce un discours    Le président de la République accueille le Pape Léon XIV à l'aéroport d'Alger    L'Algérie condamne avec la plus grande fermeté les frappes israéliennes barbares et sauvages sur le Liban    Le pétrole en forte hausse ce lundi matin    Aucune évolution notable sur le cours des hydrocarbures sans la fin du conflit USA-Israël versus Iran et l'ouverture intégrale du détroit d'Ormuz    Nouvelle directive pour les demandes de visa Espagne    Moyen-Orient : Les négociations entre les Etats-Unis et l'Iran ont débuté hier samedi à Islamabad    Le Premier ministre sénégalais accuse Donald Trump de déstabiliser le monde    L'ESBA se relance, l'USMK enfonce l'ESM    une trentaine d'entraîneurs en formation    Poursuite de la formation    Saisie de plus de 13 000 sachets de tabac à chiquer    Saisie de 43,81 g de cocaïne, une arrestation à Mesra    Mise en échec de 5 tentatives d'émigration clandestine et arrestation de 21 individus en mars dernier    Plus de 12,6 millions de litres d'huile d'olive produits cette saison    Un faux dissident, un vrai plumitif dressé contre le peuple algérien    2e Festival du couscous algérien, du 23 au 25 avril 2026    Programme TV du 4 novembre 2025 : Coupes et Championnats – Heures et chaînes    Programme TV du samedi 25 octobre 2025 : Ligue 1, Bundesliga, CAF et championnats étrangers – Heures et chaînes    Programme TV du 24 octobre 2025 : Ligue 2, Ligue 1, Serie A, Pro League – Heures et chaînes    Festival international du Malouf: fusion musicale syrienne et russe à la 4e soirée    Adhésion de l'Algérie à l'AIPA en tant que membre observateur unique: le Parlement arabe félicite l'APN    Industrie pharmaceutique : nécessité de redoubler d'efforts pour intégrer l'innovation et la numérisation dans les systèmes de santé nationaux    Conseil de sécurité : début de la réunion de haut niveau sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Examen de validation de niveau pour les diplômés des écoles coraniques et des Zaouïas mercredi et jeudi    APN : la Commission de la santé à l'écoute des préoccupations des associations et parents des "Enfants de la lune"    Réunion de haut niveau du Conseil de sécurité sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Boudjemaa reçoit le SG de la HCCH et le président de l'UIHJ    Athlétisme / Mondial 2025 : "Je suis heureux de ma médaille d'argent et mon objectif demeure l'or aux JO 2028"    Ligne minière Est : Djellaoui souligne l'importance de la coordination entre les entreprises de réalisation    Mme Bendouda appelle les conteurs à contribuer à la transmission du patrimoine oral algérien aux générations montantes    CREA : clôture de l'initiative de distribution de fournitures scolaires aux familles nécessiteuses    Poursuite du suivi et de l'évaluation des programmes d'investissement public dans le secteur de la Jeunesse    Agression sioniste contre Ghaza : le bilan s'alourdit à 65.382 martyrs et 166.985 blessés    La ministre de la Culture préside deux réunions consacrées à l'examen de l'état du cinéma algérien    Le Général d'Armée Chanegriha reçoit le Directeur du Service fédéral pour la coopération militaire et technique de la Fédération de Russie    Foot/ Coupe arabe Fifa 2025 (préparation) : Algérie- Palestine en amical les 9 et 13 octobre à Annaba    L'Algérie et la Somalie demandent la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité    30 martyrs dans une série de frappes à Shuja'iyya    Lancement imminent d'une plate-forme antifraude    Les grandes ambitions de Sonelgaz    La force et la détermination de l'armée    Tebboune présente ses condoléances    Lutte acharnée contre les narcotrafiquants    La Coquette se refait une beauté    Cheikh Aheddad ou l'insurrection jusqu'à la mort    Un historique qui avait l'Algérie au cœur    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Si Issiakhen U Meddour m'était conté
Thadarth-iw
Publié dans Le Midi Libre le 15 - 07 - 2009

De passage dans ce village aux mille facettes, je ne m'attendais pas à rencontrer un ami de longue date, l'écrivain et journaliste, M. Youcef Merahi, qui, de surcroît est originaire de cette localité. Une aubaine pour moi, car je ne pouvais trouver mieux pour nous le décrire.
Oui, en effet, commencera-t-il par dire, j'ai passé ma prime enfance dans ce village communément dénommé Issiakhen U Meddour. J'ai toujours tenté de comprendre l'étymologie de ce toponyme, mais peine perdue, car aucun document ne l'explique.
Néamoions, Issiakhen viendrait du fait que ce village est niché sur une espèce de plateau qu'encerclent deux oueds, le Sebaou et L'Aït Aïssi d'où les crues historiques de l'époque, notamment celles de 1974 et les érosions qui s'ensuivent. «U» signifiant l'appartenance «Meddour» est de la même famille de sens que «dder», vivre en français.
Mon village est collé à la voie à grande vitesse, la RN 24, ou le contraire, comme si Issiakhen U Meddour fait du stop au développement, le comble dans tout cela, c'est que mon village est à un empan de la zone industrielle de Oued Aïssi qui ne lui profite guère, sinon par les quelques emplois générés pendant l'âge d'or du complexe électroménager (Eniem). Du reste, les jeunes villageois s'entassent quotidiennement sur deux mamelons surplombant cette «autoroute».Oisiveté oblige, ils n'ont que le loisir de compter et de recompter, sans cesse et sans possession statistique, le flot de voitures qui vont vers la haute Kabylie, Larbaa Nath Irathen et Ain El Hammam notamment, ou ceux qui se dirigent vers Azazga et ses environs.
Ces jeunes, que l'on ne peut appeler «hististes» font le pied de cigogne face au temps qui ronge leur jeunesse, dérange leur projection, perturbe leur rêve et falsifie l'harmonie du village, Issiakhen Umeddour. Le café des ‘‘Imansouren'' ne les retient pas plus que celui situé sur la route d'à coté, qui a rogné sur la pudeur légendaire de tout villageois, qui déverse sur un chemin défoncé, les tapages des joueurs de dominos.
A une encablure de cet estaminet obscur, comme le cimetière du village laisse perler son silence de l'éternité. Il y a pourtant de sacrés bons joueurs de dominos qui reposent en cette terre du repos perpétuel.
De mon temps, l'école primaire était à près de trois kilomètres de marche, maintenant une école a été construite aux lendemains de l'Indépendance au milieu du village, elle porte le nom du chahid «Amar Merahi». Nos enfants aujourd'hui s'en portent mieux, ils ont le savoir à portée de cerveau et beaucoup d'entre eux ont pu faire des études universitaires, à Tizi-Ouzou ou dans les autres contrées du territoire national.
A part cette école, il n'y a aucune autre structure publique. Pour une simple injection, il faut faire sept kilomètres pour se payer une paire de chaussures, il faut encore aller vers le «billadj», c'est comme ça nos ancêtres appelaient Tizi-Ouzou. Pour le collège, le lycée, ou tout simplement pour avoir l'impression de la ville, de l'urbanité, Tizi-Ouzou demeure toujours ce lieu privilégié des errances, Ne dit-on pas que soixante-six communes, donc près de mille quatre cent village, déversent dans la ville de Tizi-Ouzou.
Je ne peux pas citer cette route défoncée, déglinguée, percée de partout, qui s'embourbe l'hiver et donne des sirocos l'été, grande artère, sic ! qui ne provient et ne va nulle part. De la première maison du village, ou le béton fait désormais sa loi et où l'architecture est protégée par des pneus suspendus sur les façades principales, à la dernière semble mourir des milliers et des milliers de pas qui la pénètrent en chaque saison.
L'électricité éclaire les maisons, le gaz fait définitivement concurrence au bois. Les cheminées ne fument plus, le coq ne chante plus au matin, la localité d'Issiakhen Umeddour est projetée au vingt-et-unième siècle sans avoir les moyens de son ambition. Que manquerait-il donc à ce village ? Peut-être une âme.
K. Z.
De passage dans ce village aux mille facettes, je ne m'attendais pas à rencontrer un ami de longue date, l'écrivain et journaliste, M. Youcef Merahi, qui, de surcroît est originaire de cette localité. Une aubaine pour moi, car je ne pouvais trouver mieux pour nous le décrire.
Oui, en effet, commencera-t-il par dire, j'ai passé ma prime enfance dans ce village communément dénommé Issiakhen U Meddour. J'ai toujours tenté de comprendre l'étymologie de ce toponyme, mais peine perdue, car aucun document ne l'explique.
Néamoions, Issiakhen viendrait du fait que ce village est niché sur une espèce de plateau qu'encerclent deux oueds, le Sebaou et L'Aït Aïssi d'où les crues historiques de l'époque, notamment celles de 1974 et les érosions qui s'ensuivent. «U» signifiant l'appartenance «Meddour» est de la même famille de sens que «dder», vivre en français.
Mon village est collé à la voie à grande vitesse, la RN 24, ou le contraire, comme si Issiakhen U Meddour fait du stop au développement, le comble dans tout cela, c'est que mon village est à un empan de la zone industrielle de Oued Aïssi qui ne lui profite guère, sinon par les quelques emplois générés pendant l'âge d'or du complexe électroménager (Eniem). Du reste, les jeunes villageois s'entassent quotidiennement sur deux mamelons surplombant cette «autoroute».Oisiveté oblige, ils n'ont que le loisir de compter et de recompter, sans cesse et sans possession statistique, le flot de voitures qui vont vers la haute Kabylie, Larbaa Nath Irathen et Ain El Hammam notamment, ou ceux qui se dirigent vers Azazga et ses environs.
Ces jeunes, que l'on ne peut appeler «hististes» font le pied de cigogne face au temps qui ronge leur jeunesse, dérange leur projection, perturbe leur rêve et falsifie l'harmonie du village, Issiakhen Umeddour. Le café des ‘‘Imansouren'' ne les retient pas plus que celui situé sur la route d'à coté, qui a rogné sur la pudeur légendaire de tout villageois, qui déverse sur un chemin défoncé, les tapages des joueurs de dominos.
A une encablure de cet estaminet obscur, comme le cimetière du village laisse perler son silence de l'éternité. Il y a pourtant de sacrés bons joueurs de dominos qui reposent en cette terre du repos perpétuel.
De mon temps, l'école primaire était à près de trois kilomètres de marche, maintenant une école a été construite aux lendemains de l'Indépendance au milieu du village, elle porte le nom du chahid «Amar Merahi». Nos enfants aujourd'hui s'en portent mieux, ils ont le savoir à portée de cerveau et beaucoup d'entre eux ont pu faire des études universitaires, à Tizi-Ouzou ou dans les autres contrées du territoire national.
A part cette école, il n'y a aucune autre structure publique. Pour une simple injection, il faut faire sept kilomètres pour se payer une paire de chaussures, il faut encore aller vers le «billadj», c'est comme ça nos ancêtres appelaient Tizi-Ouzou. Pour le collège, le lycée, ou tout simplement pour avoir l'impression de la ville, de l'urbanité, Tizi-Ouzou demeure toujours ce lieu privilégié des errances, Ne dit-on pas que soixante-six communes, donc près de mille quatre cent village, déversent dans la ville de Tizi-Ouzou.
Je ne peux pas citer cette route défoncée, déglinguée, percée de partout, qui s'embourbe l'hiver et donne des sirocos l'été, grande artère, sic ! qui ne provient et ne va nulle part. De la première maison du village, ou le béton fait désormais sa loi et où l'architecture est protégée par des pneus suspendus sur les façades principales, à la dernière semble mourir des milliers et des milliers de pas qui la pénètrent en chaque saison.
L'électricité éclaire les maisons, le gaz fait définitivement concurrence au bois. Les cheminées ne fument plus, le coq ne chante plus au matin, la localité d'Issiakhen Umeddour est projetée au vingt-et-unième siècle sans avoir les moyens de son ambition. Que manquerait-il donc à ce village ? Peut-être une âme.
K. Z.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.