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De l'alternance promise au pouvoir absolu.
Publié dans Le Quotidien d'Algérie le 19 - 07 - 2018

Loin d'ignorer son égo et sa mégalomanie, les barbouzes fossoyeurs de la république, depuis le 3 juillet 1962, ont choisi de confier les clés du pays au « moins mauvais » des candidats disent-ils à l'unisson.
Ce deal de canailles avait pour objectif d'introniser un candidat au dossier judiciaire chargé, en échange de leur protection et amnistie pour tous les crimes commis durant la décennie rouge.
La conspiration des loups contre leur pair, le général président a poussé ce dernier à une sortie moins honorable, puisque en abdiquant, il nous annonçait de manière surprenante en 1998, l'organisation d'une élection présidentielle anticipée afin » de promouvoir la démocratie et ancrer le principe d'alternance au pouvoir » (dit-il) qui est une incongruité dans les mœurs et le lexique de la dictature militaire Algérienne.
Dans ce deal entre le futur monarque absolutiste qui exigeait un score stalinien et les généraux aux mains rougies de sang, le peuple meurtri, n'est comme d'habitude ni cité ni consulté, car considéré خضرة فوق اعشا.
C'est grâce ou à cause de cette maléfique alternance concoctée par le cabinet noir, que s'est introduit dans notre vie depuis 1992 par la fraude et l'effraction, le pire autocrate dont le désir quasi obsessionnel est le pouvoir avec sa science du verbe obscène et le langage ordurier qui va avec.
Un (défunt) apparatchik qui fut son ami disait de lui : » Bouteflika, c'est d'El Mouradia à El Alia. Voilà déjà 18 ans que nous attendons que cette prophétie se concrétise.
Un journaliste étranger qui l'interrogeait sur ce qu'il envisageait pour sa carrière, ce dernier répondait: » moi je sais et Dieu un peu moins ». Ce genre de blasphème renseigne sur la mégalomanie, la dangerosité et la démence du personnage imposé par les généraux génocidaires.
Pour beaucoup d'autres fidèles « ex » amis reniés et répudiés, l'homme qui ne recule devant rien pour mourir au pouvoir, serait un concentré de suspicion, d'intrigue, de trahison, d'égoïsme, d'orgueil, d'arrogance, de vanité, de mépris et de tous les complexes.
L'Algérie ne serait pour lui qu'une contrée et des moyens considérables pour assouvir sa folie des grandeurs. Il déclarait à Crans Montana: » l'Algérie c'est moi ». » J'incarne l'Algérie ».
Sa victoire sans gloire ni panache en l'absence de concurrents est la première forfaiture d'un règne annonciateur d'une dictature dévastatrice.
A coup de complots, purges, fourberies, esbroufes, corruption, il a fini par soumettre le pays entier, son peuple ,son coffre-fort, son pétrole, son armée et ses institutions à en faire des coquilles vides ressemblant à des cancreries peuplées de larbins dont le seul métier est le vol , la rapine , l'accaparement illicite, la servitude à temps plein et l'idolâtrie comme nouvelle religion officielle de la basse-cour et de vieux courtisans qui n'ont pas honte de dire: » oui nous sommes des brosseurs ».
Une fois les clés du pays en main, Il poussait précocement des gémissements et se plaignait de l'étroitesse d'une constitution jugée moyenâgeuse qui limitait sa voracité au pouvoir absolu.
Il n'est pas venu pour jouer au 3/4 de président criait-il ? Il lui fallait tout, sans condition, faute de quoi il abandonnerait ce peuple médiocre à ses bourreaux et rentrerait chez lui en Suisse et/ou dans un émirat du golfe.
Il promettait de :
1- ré approprier à l'Algérien sa عزة وكرامة.
2- restaurer la paix civile.
3 – faire de notre pays un dragon de l'Afrique et l'intégrer dans le club des pays économiquement émergents.
4 – mettre fin à l'injustice et instaurer la démocratie.
5 – lutter à mort contre la corruption, la combattre et l'éradiquer totalement.
6 – bâtir une économie robuste et un dinar fort.
7 – réformer notre système d'éducation et faire de notre école républicaine le centre du savoir et l'usine où se fabrique la citoyenneté de nos enfants.
8 – bâtir un système de santé à même de nous permettre des soins dignes d'humains, car nous ne pourrons pas tous bénéficier des grâces du val qui sont réservés aux résidents de la principauté indépendante du club des larbins.
C'est ce fourre-tout qui constitue le programme du président depuis 1999.
La liste des promesses mensongères et démagogiques est infinie.
Qu'en est -t-il de la réalité et où en sommes-nous, après 18 ans de règne absolutiste qui a transformé l'Algérie de Ben M'hidi en » Esclavonie » où le pouvoir usurpé par une faune d'escrocs prédateurs se pratique informellement au nom du monarque devenu impotent et aphone depuis 2013 ?
Le programme de fakhamatouhoum jamais révélé est assimilé au Coran par les idolâtres qui lui donnent une dimension temporelle et intemporelle. Il s'adapte à tous les temps et à toutes les conjonctures disent-ils?
En 18 ans, notre riche pays est devenu un champ de ruine, puisque tout est détruit. L'humain est devenu une loque errante, nos jeunes perdus et désenchantés, les trésors volés, 1000 milliards de dollars tombés du ciel dilapidés, des caisses vides et un pays séquestré par le syndic des faillites.
1 – Notre pays est au hit-parade des pays les plus corrompus au monde.
2 – la justice est inexistante. Elle est remplacée par l'oppression, la répression, l'absence de libertés, les incarcérations abusives, les faux procès, la mise au pas de la presse et l'interdiction de la liberté de parole.
3- la démocratie promise a disparue pour laisser place à une monarchie de droit divin ou le monarque et sa cour ont le pouvoir de vie et de mort sur tout.
4- la constitution a été publiquement violée et déflorée sous les applaudissements des deux (2) chambres à coucher du régime, une complicité criminelle de l'opposition et une indifférence mortelle des citoyens.
5- la fraude s'est généralisée faisant de la contrefaçon la seule création intellectuelle du régime.
6 – Nos hôpitaux sont des mouroirs et les maladies du moyen âge sont de retour.
7- Nos universités ont disparu des classements planétaires et se positionnent pour les plus performantes à la 2500 ieme place. Les autres caracolent avec les derniers à 6000 et au-delà,
8- Notre capitale est l'une des plus stressantes et les plus invivables au monde.
9- Notre pays est une immense décharge publique avec des villes poubelles aux odeurs pestilentielles.
10- Notre économie est morte, car lâchement assassinée malgré une rente de 1000 milliards de dollars.
11- Notre dinar est un papier hygiénique de qualité médiocre qui donne des urticaires quand on se sert.
12- Notre argent est détourné impunément par les bandits et les escrocs qui ont fini par détourner l'état lui-même. Au lieu de croupir en prison, ils viennent nous narguer en faisant du tourisme « religieux » transportés, protégés, nourris par le makhzen et médiatisés par ses télévisons poubelles.
13- Le président travestit en monarque absolu a fini par devenir lui-même l'otage de sa cour dirigée par le portier qui s'est accaparé les armoiries et les sceaux de la ripoux-blik, devenant inconstitutionnellement mais de fait, le Dieu de Zeralda et
d'El Mouradia.
14- Grâce à la » Iza wel karama « , deux millions d'Algériens ont été forcés de quitter leur pays et nos jeunes continuent de braver les mers au péril de leur vie.
15- L'économie est en ruine.
16- Le pays est en faillite.
Pour notre santé mentale et notre salubrité publique, mieux vaut ne pas étaler toute la liste, car ça donne une folle envie de suicide et d'euthanasie.
Les idolâtres kidnappeurs quant à eux, jurent qu'il est là, qu'il parle, bouge,
gesticule, réfléchit, travaille, décide et gouverne.
Que pouvons-nous retenir de ce règne désastreux, piteux, miteux et calamiteux ?
L'Etat est une simple vision de l'esprit. Il a été vidé de tous ses attributs par le monarque autocrate et répond parfaitement aux critères exigibles de l'Etat déliquescent tel que décrit par un de nos grands économistes:
1- Institution de l'incompétence et de l'inertie : moins quelqu'un a des compétences des aptitudes ou des habilités, plus il a des chances d'être « élu » ou désigné.
2-Le culte de la personnalité et de l'idolâtre sont profondément ancrées.
3-Institution de la corruption et de la cleptomanie.
4-Un nombre restreint d'individus se substituent aux institutions et décident en leur lieu et place.
5- Emiettement des pôles à l'intérieur du pouvoir.
Au niveau de la société:
1- destruction et perte quasi totale de la morale collective.
2- instauration de la violence comme mode d'expression et de règlement des conflits entre les individus et entre les individus et l'état.
3- corruption quasi généralisée de toutes les strates des individus et de l'administration.
4- indifférence et abandon.
5- fatalisme en remettant tout entre les mains de Dieu car nous sommes anesthésiés et incapables de faire agir notre libre arbitre.
18 ans de folie meurtrière, de mégalomanie, de gouvernance défaillante risquent sans aucun doute de faire disparaître un pays et un peuple qui sont là depuis plus de 5000 ans.
Messieurs les fossoyeurs ce n'est ni le pays ni le peuple qui sont défaillants, partez de grâce, tant qu'il est temps.


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