Un avion militaire s'est écrasé peu après son décollage hier, à quelques encablures de l'aérodrome militaire de Boufarik, faisant 257 morts dont 10 membres d'équipage et un blessé, le gardien du champ où s'était étendue l'épave calcinée de l'appareil. Lyas Hallas - Alger (Le Soir) - C'est une autre catastrophe aérienne qui venait de frapper l'Algérie dans la matinée nuageuse d'hier : un Iliouchine IL-76 assurant la liaison vers Tindouf, à l'extrême sud-ouest du pays, avec une escale à Oran et une autre à Béchar, s'est écrasé à 7h50 peu après son décollage de l'aérodrome militaire de Boufarik dans la wilaya de Blida, près du mur d'enceinte de la base aérienne en question, dans un verger appelé Ahmed-Gueritli (ex-Bressoni) dans la commune de Béni-Mered, non loin d'un pâté de maisons où habitent des paysans. Des témoins de la scène depuis la terre ferme rencontrés sur les lieux du drame racontent que l'avion a pris feu en plein vol avant que les flammes ne l'anéantissent une fois écrasé au sol. «L'explosion qui s'est produite après le crash était comme un séisme», décrit un quadragénaire qui a indiqué que les militaires et les gendarmes se sont vite déployés pour éteindre les flammes et secourir d'éventuels survivants. «Nous avons accouru pour les aider mais les renforts des pompiers n'ont pas tardé à arriver», a-t-il ajouté. Un périmètre de sécurité est installé autour du lieu du drame et pratiquement tous les accès menant au verger Ahmed-Gueritli ont été bloqués par des barrages de la Gendarmerie nationale dressés sur un rayon de 10 kilomètres. La circulation sur la route menant à la base aérienne a été limitée, jusqu'à la mi-journée, aux véhicules des services de sécurité et des ambulances. Et, il fallait parcourir des kilomètres à pied pour arriver sur le lieu du crash. Les dizaines d'ambulances mobilisées pour transporter les victimes vers l'Hôpital central de l'armée à Aïn-Naâdja n'ont justement commencé à quitter les lieux que vers midi. Les équipes de la police scientifique ont eu à rassembler des indices et, à l'aide des pompiers et des militaires, à ranger les victimes ou ce qui en reste dans les ambulances jusqu'en début d'après-midi. Le ministère de la Défense nationale a diffusé un communiqué précisant que le nombre des victimes de cet accident était de 257 : «Le nombre des martyrs à déplorer s'élève à 247 passagers et 10 membres d'équipage, dont la plupart sont des personnels de l'Armée nationale et populaire ainsi que des membres de leurs familles». Et d'ajouter : «Il est à signaler que l'opération d'évacuation des dépouilles des victimes vers l'Hôpital central de l'armée à Aïn-Naâdja se poursuit afin de les identifier.» De son côté, le gouvernement de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) a annoncé dans un communiqué que 30 ressortissants sahraouis qui se rendaient aux camps des réfugiés de Tindouf se trouvaient parmi les victimes de ce crash. Dans ce contexte, il convient de noter qu'un paysan gardant le champ où s'était étendue l'épave calcinée de l'aéronef l'a échappé belle. «Il était à côté du gourbi qui lui servait de gîte. Il n'a pas été touché par les débris de l'avion, mais il s'est blessé légèrement en courant pour l'éviter. Il a été transféré à l'hôpital Frantz-Fanon de Blida et ses jours ne sont pas en danger», a affirmé l'un de ses amis. La présidence de la République a décidé d'un deuil national de trois jours et le gouvernement a observé une minute de silence lors de sa réunion hier. Le vice-ministre de la Défense Ahmed Gaïd-Salah a écourté sa visite d'inspection qu'il effectuait dans la 2e Région militaire (Oranie). «Le général de corps d'armée, vice-ministre de la Défense nationale, chef d'état-major de l'Armée nationale populaire a interrompu sa visite d'inspection en 2e Région militaire et s'est immédiatement déplacé sur les lieux, pour s'enquérir de l'ampleur des dégâts et prendre les mesures nécessaires dans de pareilles situations où il a ordonné la désignation immédiate d'une commission d'enquête afin de déterminer les circonstances de l'accident», a souligné le ministère de la Défense. Ainsi, c'est le deuxième crash d'un avion militaire de transport en quatre ans après le Hercule C-130 qui s'est écrasé en février 2014 à Oum-el-Bouaghi avec 103 personnes à bord et la septième catastrophe aérienne enregistrée en Algérie depuis l'indépendance. L. H.