Le MO Béjaïa retrouve la Ligue 1 qu'il a quittée une saison plus tôt. Au-delà du mérite d'une équipe qui a su mettre tout son monde d'accord grâce à un parcours de champion (16 victoires, 8 nuls et 4 défaites) et de la ferveur d'une galerie, les Crabes en l'occurrence, pour les Vert et Noir, il reste qu'une (grosse) anomalie plane sur le retour du Mouloudia olympique de Béjaïa parmi l'élite. Celle-ci a trait à l'instabilité, péché mignon de nos associations de tout bord, qui a caractérisé le quotidien de la formation de Yemma Gouraya avant et pendant cet exercice 2017-2018. Une saison durant laquelle la nouvelle direction a épuisé trois coachs (Biskri, Bouarrata et Aït Djoudi) sans que l'équipe ne perde de son ascension. Ce qui remet en cause les règles de la bonne gouvernance et tout le bla-bla qui invoque l'instabilité pour expliquer l'échec, tous les échecs. Faut-il ainsi rappeler que la descente de l'équipe béjaouie en Ligue 2 intervenue en mai de l'année dernière a été foncièrement attribuée à une crise multidimensionnelle induite par un problème de sous (caisses vides et dettes s'élevant à une dizaine de milliards) mais surtout à l'instabilité au sein des staffs dirigeant et technique. Une saison plus tôt, le MOB réalisait un parcours extraordinaire en Coupe de la CAF épreuve durant laquelle, il a atteint la finale qu'il perdra devant les Corbeaux du TP Mazembe. Deux années de rêve (l'équipe qui avait rejoint la L1 en 2013 remportera en 2016 le trophée national et terminera seconde en championnat) pour une ville où, comme partout en Algérie, le football est une seconde religion. Pendant ce laps de temps, la direction du club a changé plusieurs fois de mains et une dizaine d'entraîneurs ont défilé à la barre technique de l'équipe première (Abdelkader Amrani, connu pour quelqu'un de très stable, a résisté à la tentation de rendre le tablier de septembre 2015 à mai 2016). Nasser Sendjak, Mohamed Henkouche, Youcef Bouzidi et Abdelwahab Boussaâda, pour ne citer que ceux-là, ont accompli des piges sans lendemains. Le club relégué à l'issue d'une calamiteuse saison 2016-2017 allait découvrir de nouveaux patrons, de nouveaux joueurs et d'autres entraîneurs. Et le MOB retrouvera l'élite au bout d'une saison. Pour probablement partir vers d'autres conquêtes. Certainement avec de nouvelles têtes, à tous les niveaux. Quoi qu'en disent les «philosophes» de la stabilité. M. B.