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«La coupe de cheveux reflète inéluctablement notre idole»
Eclairage
Publié dans Le Soir d'Algérie le 16 - 02 - 2019

Nous l'avons constaté, ici et ailleurs, les garçons copient scrupuleusement les coiffures souvent extravagantes de leurs idoles. Il s'agit surtout des footballeurs. Quand certains achètent le maillot, d'autres reproduisent leur coupe de cheveux. Les joueurs l'ont compris, ils innovent en la matière. Quel impact sur leur public ?
«Certains clients veulent la même coupe qu'Olivier Giroud, Antoine Griezmann ou David Beckham. Ils s'identifient aux joueurs qui incarnent une certaine classe. En donnant un nom, ils soumettent une image de leurs envies», explique un coiffeur. Au début du deuxième millénaire et jusqu'à aujourd'hui, la variété de styles est aussi large que la pleine liberté d'utiliser l'un ou l'autre. Il n'y a plus de valeurs uniformes, seulement des tendances subtiles générales. La publicité des produits pour les cheveux tend à souligner l'individualité et les choix personnels. Lors de cette étape, tout est pratiquement permis : depuis «rétro» à simplement «classique», jusqu'à la hardiesse totale.

La symbolique des cheveux dans notre société
Le sociologue et ethnologue Michel Messu ainsi que d'autres chercheurs nous expliquent comment le cheveu peut refléter la personnalité de l'individu et quelle place tient-il dans la société. Messu a d'ailleurs consacré un ouvrage sur la question intitulé «La symbolique des cheveux dans notre société». Cheveux, coiffure, quelles places ont-ils dans nos vies ? Pourquoi allons-nous chez le coiffeur ? Courts, longs, raides, frisés... Que disent nos coupes de cheveux sur notre identité, nos humeurs, nos goûts, notre conformisme et sur notre singularité ? La palette de possibilités n'est pourtant pas si vaste : entre le naturel et l'artificiel, le symétrique et le dissymétrique, le lisse et le frisé, le long et le court, voire le rasé… Depuis la très haute Antiquité, l'homme a le souci de sa coiffure. Il aime jouer avec la seule partie modifiable et visible de son corps pour exprimer son humeur.
Pourquoi allons-nous chez le coiffeur ?
Pour raccourcir ses cheveux, certes. Mais aussi parce qu'on a envie de «se faire une tête» avec l'impératif aujourd'hui de ressembler à une gravure de mode ou… à soi. Que l'on aille chez le coiffeur par nécessité ou par plaisir, c'est un lieu où l'on s'occupe de soi. Un endroit où le corps se détend et où l'on peut parler de choses personnelles, la parole est plus libre. On fait confiance à son coiffeur. Et, parfois, il devient un confident. Dans une petite ville, le coiffeur peut, à l'image d'un café, être un lieu de sociabilité où l'on se regroupe. Il est parfois un rite de passage : on coupe les cheveux d'un enfant quand il entre à l'école maternelle ou, plus tard, pour le passage d'une thèse…
La coiffure comme affirmation
Le cheveu permet de marquer une appartenance sociale. La chevelure a parfois été l'objet de conflit. Des groupes vont l'utiliser pour marquer une identité. Chez les Afro, chez qui le cheveu naturel est frisé, il y a eu une tendance au lisse pour calquer les Blancs, puis, maintenant, on assiste à une réaction inverse : pour recouvrer leur identité. La coupe de cheveux, comme façon de se présenter aux autres, est souvent le révélateur d'enjeux qui dépassent l'individu.
Les cheveux longs des années 1960 étaient la marque d'une génération hippie en rébellion contre les normes culturelles. Aujourd'hui, les jeunes s'identifient à leurs idoles pour choisir leurs coupes, et les footballeurs sont en tête de liste. Jadis, c'était surtout les acteurs et chanteurs qui avaient le vent en poupe, Elvis, James Dean ; d'ailleurs, nous constatons que la banane et la crête reviennent en force ces dernières années, et si nous fouillons dans l'histoire de l'humanité, elle remonterait à très loin. Nous remarquons que sur les réseaux sociaux, les coupes de cheveux des footballeurs sont commentées comme un aspect parmi tant d'autres de leur vie.
Ce que veulent les hommes
L'homme d'aujourd'hui n'a plus rien à envier aux femmes en matière de coquetterie. Parfumé, la peau douce et vêtu de manière recherchée, il incarne le changement de notre société, dans laquelle la frontière entre les genres tend à s'effacer. Barbe de quelques jours, coupe de cheveux stylisée, vêtements ajustés, peau soignée et même, pour certains, maquillage ; dorénavant, les hommes n'ont plus rien à envier aux femmes en matière de coquetterie. Les salons de coiffure pour hommes se sont d'ailleurs adaptés à cette nouvelle tendance. Les enseignes nous renseignent sur ce changement : «lissage brésilien et kératine». A l'adolescence, les garçons passent même généralement tout autant, voire davantage de temps, devant le miroir que les filles et sont, eux aussi, totalement fascinés par les selfies et les vidéos. «Nous constatons aujourd'hui une forme d'officialisation du rôle du mâle séduisant, confirme Marcello Romano, expert en stratégies marketing et stratégies de communication et chargé d'enseignement à l'Université de Neuchâtel et de Lausanne. En parallèle, on retrouve également une forme de valeurs égalitaires hippies, mais aux couleurs 2018.» Il suffit d'observer les publicités, reflet par excellence de la société, pour constater qu'elles sont toujours plus nombreuses à montrer des mannequins bronzés, musclés, huilés et épilés : les hommes-objets sont devenus légion et frôlent l'androgynie. «Les univers de la séduction mettent dorénavant en scène homme et femme à parts égales, souligne le spécialiste. Le message principal de ce modèle masculin n'est pas l'homme tel qu'il est, mais l'homme tel qu'il doit paraître.»
En quête de l'apparence parfaite
Première cible de ce message de séduction? Les jeunes, «et surtout la tranche d'âge des 11-17 ans, qui se cherchent un groupe d'appartenance et se fixent sur les marques dès 13-14 ans». Mais tous, ados comme seniors, sportifs ou pas, jonglent dorénavant plus ou moins fébrilement avec toute la gamme des looks tendance — petite pensée pour les coiffures «à la manière de Sanchez ou Neymar» : les footballeurs, tous en maillot, n'ont pour leur part que leur coupe de cheveux et leurs tatouages pour se différencier des autres — mais aussi avec des produits bien-être et des soins cosmétiques. Les commerces l'ont bien compris. «L'apparence occupe une place de plus en plus essentielle chez les hommes», confirme Nicole Thaler, responsable des relations publiques chez Mibelle AG Cosmetics. Et si les soins pour hommes ne représentent actuellement qu'un faible segment du marché, une forte croissance semble toutefois se dessiner.
Effet miroir
Silhouette élancée, peau de pêche et parfum sophistiqué, l'homme d'aujourd'hui offre donc un effet miroir à la femme, «comme une âme sœur», souligne Marcello Romano : «On est passé d'une valorisation du verbe ‘'avoir'' mettant en scène les besoins matériels, à celle du verbe ‘'être'', qui met en avant les besoins relationnels et émotionnels. On assiste ainsi à la féminisation des valeurs masculines et réciproquement.» À cette humanité nouvelle, l'expert en stratégies marketing et stratégies de communication prédit un avenir plein d'espoir : «Un jour, quand le tsunami sera passé et que la société aura accepté la diversité, il n'y aura peut-être plus besoin de se battre pour revendiquer sa différence. Et nous pourrons alors faire ressortir l'essentiel de nos iden­tités de genres comme une émancipation des choses refoulées en nous, sans tous les artifices auxquels les publicitaires ont recours.»

«La mode masculine croît plus vite que la mode féminine»
Frédéric Godart, sociologue et professeur associé en management et ressources humaines à HEC Paris, explique. «Il y a encore une quinzaine d'années, le monde de l'esthétique était à très forte dominante féminine. Mais si on regarde maintenant certains segments et en particulier le prêt-à-porter, la mode masculine croît plus vite que la mode féminine et présente un choix stylistique tout aussi étoffé. Une des grandes évolutions du XXe siècle a été le mouvement de libération esthétique des femmes, qui a permis à ces dernières de se vêtir comme les hommes si elles le souhaitaient. L'inverse n'a pas été vrai, malgré des tentatives chez Jean-Paul Gaultier ou Marc Jacobs. Mais les choses sont en train de changer et on assiste à différents phénomènes, dont celui, récent, du soft boy, qui a une part de féminité et ne la rejette pas. S'il y a des changements sociaux liés à la santé et au bien-être, ils ne sont pas forcément associés à la mode. On le voit avec le développement gigantesque de la mode sportswear, inimaginable il y a dix-quinze ans et dont le succès n'est pas lié aux gens qui vont faire du sport. Il s'agit avant tout d'un look qui référence le sport et la santé, mais ne les nécessite pas. Cette quête du look parfait à tout prix ne peut poser des problèmes financiers à certains, surtout les plus jeunes. C'est bien pour cela que le vintage et les friperies remportent un tel succès, ainsi que les recettes de cosmétiques maison.
Des études montrent que les hommes subissent eux aussi une pression physique croissante. Ils commencent aussi à être pris à ce piège, alors que l'idéal aurait plutôt été que les femmes s'en libèrent ! Mais on sait que, sociologiquement, une forme de pression sociale en remplace toujours une autre… La prochaine pourrait ainsi être celle de Snapchat et ses photos retouchées, puisqu'on a en effet appris qu'il existe dorénavant une nouvelle forme de maladie mentale, qui consiste à vouloir ressembler à tout prix à son image retravaillée à l'extrême…
Vers quel type d'homme se dirige-t-on ?
Il est difficile de faire des prédictions, mais il est certain que beaucoup de facteurs changent actuellement : la volonté des individus de se conformer à un genre, aux modèles familiaux, ainsi qu'aux codes générationnels. On assiste aussi à une transformation des codes stylistiques, qui rend dorénavant les frontières entre genres et générations assez floues. Par ailleurs, la notion de sensibilité émotionnelle et esthétique, taboue jusqu'à présent, se généralise chez les hommes. On voit une atténuation des genres, sans qu'il y ait forcément de disparition des rôles au sein de la famille : les hommes, comme les femmes avant eux, apprennent à manipuler diverses identités.
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