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Mouwatana relance la protesta
RASSEMBLEMENT À ALGER ET DANS PLUSIEURS VILLES DU PAYS
Publié dans Le Soir d'Algérie le 25 - 02 - 2019

Le rassemblement auquel a appelé Mouwatana s'est transformé en une véritable manifestation à laquelle ont pris part des milliers de citoyens en dépit de la présence d'un impressionnant dispositif de sécurité.
Abla Chérif - Alger (Le Soir) - Il est 11h30. L'appel lancé par Mouwatana n'est prévu qu'à 12h, mais la place Audin est déjà fortement quadrillée par la police. Les éléments des brigades anti-émeutes ont été disposés tout le long des grandes artères menant de Didouche-Mourad à la place du 1er-Mai. Sur les lieux du rassemblement, de très nombreux policiers et agents en civil guettent nerveusement l'arrivée des premiers manifestants.
Toutes les personnes suspectées d'appartenir au mouvement organisateur sont systématiquement fouillées et interrogées. Les journalistes présents sont également fouillés et sommés de s'écarter. A ceux qui s'insurgent, des représentants de la cellule de presse de la DGSN répondent : «C'est pour votre sécurité.» Une grande tension est perceptible. Zoubida Assoul, porte-parole du mouvement Mouwatana, arrive à l'heure du rendez-vous. Elle est happée par les journalistes et caméramans de télévisions. Les forces de l'ordre dressent un cordon autour du petit groupe qui s'est formé. Les premiers slogans fusent, hostiles au cinquième mandat. Leurs auteurs sont souvent des personnes âgées. «Algérie démocratique» résonne au milieu des klaxons des véhicules bloqués dans le tunnel de la Grande-Poste. A l'entrée, des camions de police ouvrent leurs portes arrière. Bouclier en mains, les CRS avancent et font pression sur les manifestants.
Des arrestations commencent à s'opérer. Un homme d'un certain âge drapé de l'emblème national est traîné comme plusieurs autres personnes. Les badauds qui se contentaient jusque-là d'observer et de filmer les scènes qui se déroulent sous leurs yeux commencent eux aussi à s'énerver. Ils reprennent les slogans de Mouwatana mais tout en restant toujours à l'écart.
Les arrestations se multiplient sous les cris de protestation des personnes massées sur les trottoirs. Les CRS font pression sur les groupes qui refusent cependant de céder. La foule grossit à vue d'œil.
Des passants se joignent spontanément au mouvement. La police anti-émeutes réagit en lançant des gaz lacrymogènes. Une jeune fille s'écroule. Les magasins restés ouverts jusque-là baissent rapidement leurs rideaux. Beaucoup d'entre eux offrent des mouchoirs imbibés de vinaigre aux personnes les plus incommodées. Les policiers sans masque semblent également souffrir. «Pacifique, pacifique», «police et peuple ne font qu'un», scandent femmes et hommes. Des you-yous fusent des balcons des bâtiments environnants. Il est 12h passées. Les forces de l'ordre poursuivent les arrestations mais parviennent à cantonner les citoyens sur les trottoirs. La route est relativement ouverte à la circulation.
Soufiane Djilali apparaît à ce moment. Point levé, il lance : «Algérie libre et démocratique.» Les groupes qui s'étaient formés dans les ruelles environnantes répondent et viennent grossir les rangs des manifestants. Ils sont à présent des centaines à crier des slogans hostiles au pouvoir en place.
Débordées, les forces de l'ordre continuent à lancer des gaz lacrymogènes, elles tentent surtout de diviser la foule. Contre toute attente, des automobilistes sortent de leurs véhicules et se joignent au mouvement. Les caméramans des télévisions privées sont attirés par les drapeaux que le voisinage brandit des balcons : «Non au cinquième mandat, non à la hogra.»
Des pancartes sont écrites à la hâte et distribuées : «Nous ne voulons plus de harragas, rendez-nous la liberté.» La circulation est complètement coupée. Les enfants qui devaient se rendre à l'école à 13h rebroussent chemin. Beaucoup toussent sous l'effet des gaz lancés. Tous les magasins sont à présent fermés, mais une solidarité s'organise. De l'eau, des bouteilles de vinaigre, des mouchoirs et même des comprimés sont offerts à ceux qui en veulent. Didouche-Mourad et la place Audin sont noirs de monde.
Selon les estimations établies par les connaisseurs des foules, plus d'un millier de personnes ont transformé hier le rassemblement organisé par Mouwatana en manifestation. Beaucoup ont été une nouvelle fois surpris par la tournure prise par les évènements. Prévu de 12h à 14h, l'évènement a duré jusqu'à quinze heures passées.
Dans les ruelles, les jeunes qui couraient pour échapper aux arrestations se sont donné rendez-vous le 1er mars.
A. C.


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