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Réquisitoire imparable contre l'amnésie officialisée
LE SILENCE DES AUTRES PROJETE AU FICA
Publié dans Le Soir d'Algérie le 12 - 11 - 2019

Le 10e Festival international du cinéma d'Alger dédié au film engagé se poursuit jusqu'au 16 novembre à l'Office Riad-el-Feth. La compétition officielle bat son plein avec la projection du film espagnol Le silence des autres.
La salle Ibn Zeydoun a abrité dimanche dernier trois projections dont le documentaire Le silence des autres de d'Almudena Carracedo et de Robert Bahar. Cinglant réquisitoire contre le régime franquiste et l'injonction à l'oubli faite par la loi d'amnistie espagnole, ce film documentaire produit par Almodovar relate dans un récit corsé et intense les différentes facettes de la dictature d'El Caudillo dont les traumatismes sont exacerbés par l'impunité et l'amnésie forcée. Fort d'une précision chirurgicale et un rythme dramaturgique soutenu, le film parcourt soixante-dix ans d'histoire sanglante et de blessures mal pansées. Alternant images d'archives souvent atroces, témoignages de rescapés ou de descendants de victimes et séquences intimistes aux côtés de celles et ceux qui refusent d'oublier, Le silence des autres est d'une redoutable efficacité pour ce qui est de dénoncer puissamment le déni de justice du gouvernement espagnol mais aussi de faire écho, par sa charge symbolique, aux travers d'une transition tronquée.
De 1936 jusqu'après sa mort en 1975, Francisco Franco a fait subir à l'Espagne l'une des pires dictatures du XXe siècle. Allié de Hitler, ennemi farouche des communistes, interlocuteur privilégié de plusieurs régimes dits «démocratiques» dont la France de De Gaulles et les Etats-Unis de Eisenhower et de Nixon, le Caudillo fera fusiller et torturer à tour de bras militants de gauche, simples paysans, étudiants et quiconque enfreindrait d'une manière ou d'une autre sa doctrine nationaliste-chrétienne.
Les fosses communes essaiment le pays et maintiennent une mémoire blessée et un traumatisme indélébile. Maria, une vieille villageoise, a vu à l'âge de six ans sa mère traînée, tondue et exécutée par les partisans de Franco. Depuis, elle dépose une gerbe de fleurs sur le bord d'une route sous laquelle la victime repose auprès d'autres fusillés. Comme elle, plusieurs enfants et parents de personnes exécutées sommairement, mais aussi des rescapés et des mères de bébés volés (après la mort du dictateur et l'instauration présumée de la démocratie) veulent aujourd'hui combattre la loi d'amnistie votée en 1977, interdisant de juger les crimes franquistes. L'un d'entre eux, un ancien militant torturé dont le bourreau est toujours vivant, voit ce dernier se pavaner impunément dans les rues de Madrid, lesquelles portent les noms des figures les plus sanguinaires de l'ancien régime. Au bout de quatre ans de lutte et devant le refus des autorités espagnoles à «ouvrir les plaies du passé», plus de trois-cents personnes font actionner le principe de justice universelle en témoignant devant une juge d'instruction argentine particulièrement engagée.
Même si ces crimes contre l'humanité censés être imprescriptibles ne sont toujours pas jugés, ce groupe de résistants réussira à arracher certaines concessions à l'Espagne officielle, notamment débaptiser les rues madrilènes portant des noms infâmes et déterrer les fusillés des fosses communes pour les faire reconnaître par leurs enfants grâce à l'ADN. Carracedo et Bahar auront réussi à célébrer ce combat et mettre en lumière les bégaiements de l'Histoire dans une sobriété poétique non dénuée d'émotion.
S. H.


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