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V.I.G.I.L.A.N.C.E.
Publié dans Le Soir d'Algérie le 12 - 12 - 2019

Le Hirak, nous le portons dans nos cœurs et par nos plumes depuis le 22 février 2019. Nous en rêvions tout au long de ces vingt années où nous étions isolés, réprimés par divers moyens, privés de publicité pour la bonne et simple raison que notre ligne éditoriale ne plaisait pas au clan Bouteflika. Avec d'autres titres libres, nous avons subi tant d'injustices ! Rares sont les hommes politiques, les partis ou les associations qui sont venus à notre secours. C'est pourquoi nous avons toujours dénoncé le système partisan sclérosé dans lequel s'enfermait l'opposition, jalouse qu'elle était de ses positions privilégiées, même si certaines parties ont également subi l'isolement et la répression. Dans nos écrits, nous avons toujours insisté sur l'esprit révolutionnaire qui, un jour ou l'autre, se réveillerait pour porter l'espoir des larges masses en un système non seulement démocratique, mais surtout débarrassé de l'oligarchie dominante et bâti sur un développement économique autonome répondant aux intérêts nationaux, ainsi que sur une juste répartition des richesses nationales. Une démocratie à la française serait la pire pour nous, car elle donnerait encore plus de moyens à l'oligarchie et la lutte des classes, inévitable, qui prendrait nécessairement des formes violentes. La solution, écrivions-nous, est dans la révolution citoyenne pacifique.
C'est pourquoi ce Hirak, à nul autre pareil, a été porté à bout de bras par tous les patriotes. Mais, au fur et à mesure qu'il durait dans le temps, nous prenions la mesure des menaces qui planaient sur les marches du vendredi ; nous appelions à l'unité et à la vigilance, conscients que nous étions des risques de division et de manipulation qui pouvaient apparaître et tout remettre en cause. Nous réclamions, dès nos premiers écrits, la structuration verticale du mouvement, c'est-à-dire l'émergence d'une direction issue de la base à travers l'élection de comités révolutionnaires de villages et de quartiers qui formeront, tout à fait en haut de la pyramide, un conseil national qui aura autorité pour tracer le programme politique unitaire et définir les actions à entreprendre. Mais entendons-nous bien, une telle organisation n'aurait été possible qu'au début du mouvement, lorsque les revendications étaient unifiées et que les partisans n'avaient pas encore trouvé la faille pour diviser le Hirak. Des leaders politiques, en rupture de ban avec la société, intervenaient presque quotidiennement pour stigmatiser la structuration verticale et appeler à la non-organisation du Hirak qui n'en serait que «plus fort»! Erreur fondamentale ! Erreur stratégique! En refusant de s'auto-organiser, le mouvement du 22 février a pris le mauvais chemin des Gilets jaunes qui tournent en rond depuis plus d'une année sans résultats apparents hormis un nombre incalculable de prisonniers et de blessés !
Avec une direction représentative, le Hirak aurait eu la possibilité de savoir où il mettait les pieds et dans quelles directions avancer. Il aurait pu construire des ponts de rencontre et de concertation avec le mouvement politique et associatif. Il aurait pu s'imposer comme interlocuteur du pouvoir. Il aurait même pu se présenter à l'élection présidentielle avec une personnalité reconnue et appréciée par tous qui, une fois élue, pourrait mettre à table toutes les revendications populaires et tenter de les satisfaire dans un climat apaisé. En d'autres termes, avec une direction représentative, il aurait été possible d'aller vers cette transition démocratique tant souhaitée ! Ainsi, on comprend mieux les arguments de ceux qui nous disent qu'il est impossible de dialoguer avec les millions de personnes qui marchent dans les rues. Et dès qu'on parle aujourd'hui de telle ou telle personnalité pour représenter le Hirak, il y a une levée de boucliers. Oui ! La division a fait son effet !
L'armée, qui maintient ses positions depuis le début, c'est-à-dire refuser d'utiliser la force pour arrêter les marches et rester dans le cadre des solutions «constitutionnelles», aurait vu avec intérêt l'émergence d'une direction avec laquelle elle aurait pu discuter au lieu de se trouver face à un mouvement fort par le nombre mais uni par le désir de tout effacer. Pour le remplacer par quoi ? Les militaires n'ont pas pour mission de gérer les situations politiques, surtout celles, confuses, qui s'éternisent. Il y a un risque de dérapage chaque semaine, des tentatives d'infiltration, des provocations, des visées extérieures qui veulent simplement reproduire les scenarii syrien et libyen. Et ce n'est pas une vue de l'esprit même si ce mouvement s'oppose lui aussi, et de la manière la plus forte et la plus sincère, à l'intervention étrangère.
L'armée a tout fait pour aller à l'élection. Et c'est aujourd'hui que ce vote si controversé aura lieu. Refusé par certains, il est accepté par d'autres. Serait-ce la solution? Visiblement, ce scrutin ne mettra pas fin aux marches. Le nouveau Président, ce candidat qui a déjà vu ses portraits arrachés et qui a été hué, pourchassé, part affaibli avant d'occuper le bureau d'El Mouradia ; saura-t-il calmer les esprits face à un mouvement qui, privé de direction, n'a pour toute logique que la volonté de continuer ? Equation difficile.
Enfin, je dois reconnaître que là où je vis, il n'y a plus de Hirak depuis des mois. Je ne vote pas depuis le fameux duel FLN-FIS mais je mentirais si je vous disais que les gens autour de moi n'iront pas voter. Ici, nous sommes loin des marches et de leurs slogans enflammés, des grèves et des commerces fermés. Cette autre Algérie existe même si elle me déçoit. La grande victoire de ce pays serait que les deux Algérie - celle qui vote et celle qui refuse le scrutin - puissent coexister dans la paix et la sérénité afin que les solutions démocratiques soient possibles demain. Le danger qui nous guette tous est de sortir de la sphère du pacifisme. Alors, vigilance !
M. F.
P. S. : évidemment, l'une des plus grandes préoccupations reste la question des prisonniers d'opinion. Nous serions à côté de la plaque si nous ne renouvelions pas nos appels à l'élargissement de tous les détenus qui n'ont fait qu'exprimer leurs idées politiques.


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