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Tandis que Rouhollah attendait la mort
Publié dans Le Soir d'Algérie le 14 - 12 - 2020

Ce samedi 12 décembre 2020, le soleil s'est encore levé à l'est, et il en sera ainsi jusqu'à ce que Dieu en décide autrement et qu'il change la nature des choses, ainsi que l'état des peuples. Ce qui explique que même en me levant de bonne heure, je suis quand même en retard par rapport aux habitants de la Chine, de l'Afghanistan, et aux Egyptiens qui ont vu Ra avant moi. Je ne crois pas que mon confrère iranien, Rouhollah Zam, ait pu voir le soleil une dernière fois avant de mourir, pendu, ce samedi matin, et certainement avant l'aurore, selon le rituel. Une tradition immuable qui veut que les exécutions ou les crimes d'Etat aient lieu à l'aube, quel que soit le mode opératoire choisi et quelle que soit la religion des Etats qui les décident. Je ne vous raconte pas ça pour vous dire que tout compte fait on est mieux chez nous, mais juste pour briser le silence qui a entouré la mort d'un homme, assassiné légalement en Iran. Comme vous pouvez le deviner, Rouhollah Zam ne fera pas la «Une» des journaux des pays voisins, et pas seulement parce que les opposants et les journalistes n'y sont pas appréciés. Or, notre confrère, qu'il faut bien qualifier de défunt, était non seulement journaliste, mais aussi opposant au régime des Ayatollahs qui l'ont enlevé en France, où il se croyait en sécurité.
Rouhollah Zam avait obtenu l'asile politique en France et le régime iranien avait décidé de l'enlever dans le pays d'accueil, au lieu de l'assassiner sur place selon la tradition bien établie. Il avait eu droit à un procès en règle, conformément à la procédure locale, pour y répondre de plusieurs crimes, dont le plus grave qui remonte à Caïn, celui de «répandre la corruption sur terre». Les représentants autoproclamés de Dieu, sous pavillon chiite, avaient pris soin d'ajouter à ce chef d'accusation biblique quelques «crimes», dont l'insulte au caractère sacré de l'Islam. Aux yeux du pouvoir de Téhéran, Rouhollah Zam était un grand criminel, en effet, puisqu'il ne se contentait pas d'être un opposant cyclique et sous pseudo sur les réseaux sociaux. Il était très actif et menait ouvertement une campagne médiatique contre Téhéran, d'où l'accusation d'être l'un des instigateurs, sinon le principal, des manifestations populaires de 2017. Il avait animé un site d'information sur la plateforme Telegram «Amadnews», très suivi, qui a été interdit à la demande de l'Iran et que l'opposant avait relancé avec «La voix du peuple». Condamné à mort en février, son exécution a été validée mardi dernier par la Cour suprême iranienne, en dépit des multiples appels à surseoir, émanant en majorité des pays occidentaux.
Téhéran a choisi le moment idéal : pendant que Rouhollah Zam attendait de monter à l'échafaud, nous étions occupés à nous écharper autour de l'officialisation du mariage marocco-israélien. Sur la pièce montée, en santon prêt à croquer, on a juché un jeune joueur algérien de football qui avait joué, et perdu d'ailleurs, avec son club français, contre une équipe israélienne. Avec cette mentalité, les supporters locaux du Real et certainement palestinophiles brûleraient Zidane et Benzéma en effigie, alors que ceux du Barça aimeraient toujours Messi. En fait, nous sommes plus prompts à brûler qu'à adorer d'éventuelles idoles, surtout lorsque ces idoles, déjà statufiées ou en projet ailleurs, font partie de nous et sont issues de nos rangs. Comme l'observe le penseur marocain Ahmed Assid (d'accord, j'arrête de parler du Maroc à la prochaine chronique), lorsqu'un génie apparaît chez les musulmans, ils le combattent sans pitié. Surtout s'il essaie de changer leur mentalité et leur façon de réfléchir, ils renient tous ses efforts passés, incitent les gens contre lui, comme ils l'ont fait au savant égyptien, Ahmed Zawil. Le prix Nobel de chimie 1999 avait eu le tort de critiquer l'inertie et le suivisme, et d'appeler à développer une vraie recherche scientifique, dans les laboratoires, au lieu de discuter du «Miracle scientifique dans le Coran».
Ils ont agi de la même manière, il y a des siècles, avec tous les génies musulmans qui ont vécu des tragédies avec les théologiens conservateurs, et qui sont persécutés encore dans leurs tombes. Quant aux autres génies de la planète, les musulmans les détestent parce qu'ils ne sont pas de la même religion, et que pour eux la religion est leur seul bien et le centre de toutes choses. Au contraire, tous les grands esprits dans le monde ont prouvé que l'homme pouvait faire franchir des pas gigantesques à l'humanité, sans avoir besoin de recourir à telle ou telle religion. Ahmed Assid pose aussi cette question très actuelle aussi : «Pourquoi les musulmans n'invoquent-ils jamais la miséricorde divine pour les grands de ce monde, alors qu'ils ignorent s'ils seront exaucés ou non ?» «Nous avons remarqué, dit-il en effet, que les musulmans ne cessent d'appeler les bienfaits de Dieu pour eux-mêmes et d'invoquer le malheur et la mort pour tous les autres. Sachant que les autres ne cessent de gagner en prospérité, en suprématie, et en bonheur, tandis que les musulmans n'arrêtent pas de dégringoler aux étages inférieurs de la civilisation. Bien plus, leurs pays sont des modèles de désordre et de destruction.»
Ahmed Assid a une explication à tout ceci: «Les musulmans ne veulent pas admettre que les bonnes actions soient récompensées autrement que dans le cadre de leur croyance. Ils ne se rendent pas compte que leur piété de façade et dénuée d'humanité ne sert qu'à faire avorter toutes les bonnes actions et à les empêcher de se réaliser entièrement. C'est sans doute à cause de cela qu'ils ignorent la valeur des non-musulmans susceptibles d'œuvrer pour leur bien. Dans le meilleur des cas, ils considèrent que Dieu les a instrumentalisés uniquement pour eux, et c'est cette idée qui fait d'eux des arriérés et qui leur fait vivre des épreuves sans fin.» Heureusement que le vaccin arrive, donc.
A. H.


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