Ecole nationale supérieure d'Agronomie: sortie de la 57e promotion d'étudiants    Migrants tués par la police marocaine: "le Maroc essaie d'effacer les preuves de la tragédie"    JM / haltérophilie : l'Algérien Fardjalla au pied du podium à l'épaulé-jeté    JM / Athlétisme (2e journée): résultats techniques des finales    JM /Handball dames/ Gr.A : le point après la 3e et dernière journée    Célébration du 60e anniversaire de l'Indépendance : Un grand concert de musique andalouse à Alger    Deux clubs espagnols se disputent Isco    Feuille de route admissible ?    Nombreux forages et exploitations agricoles raccordés à l'électricité    El Tarf: Renforcement du réseau d'électricité    Pièces de rechange automobiles: «Pas de rupture d'approvisionnement»    Sahara occidental: L'émissaire de l'ONU en tournée dans la région    Tiaret - Match gala pour Tahar Benferhat: Dans l'attente d'un Mémorial    «Les attributions de logements ne vont pas s'arrêter»    Le partage du mouton et du repas    La tenue des gymnastes olympiques et le délire collectif    Libye : des manifestants investissent le siège du Parlement    Sidi Bel Abbès: Le festival de danse populaire tient ses promesses    Le directeur de l'Anad placé en garde à vue    Le sens et les messages d'un défilé    Le 60ème anniversaire de l'indépendance, "une opportunité pour mettre en relief les réalisations de l'Algérie indépendante"    Makri avance sa proposition    Bilal Afer crée la sensation    Les pros ou les charlatans?    Le bout du tunnel    «La jeunesse algérienne sait bâtir»    La plaidoirie de Lamamra    Deux repentis de Boko Haram se rendent à l'armée    Béjaïa en fête    Les déchets ménagers inquiètent    Le Hamas salue un rapport de l'ONU    L'Algérie se dote d'une unité d'insuline    «C'est un superbe cadeau!»    Oran vibre au rythme de la mode algérienne    Il était une fois le rai d'antan!    "L'Algérie est une nation ancienne dont l'authenticité ne peut être mise en doute"    Le renforcement du front interne, un message de fidélité aux martyrs    Lancement de la distribution de 160.000 logements à l'échelle nationale    Des milliers de logements attribués à leurs bénéficiaires dans l'Ouest du pays    1962-2022: Célébrer une libération « inachevée »?    Algérie-Unesco: volonté de renforcer la coopération dans le domaine éducatif    Migrants tués par la police marocaine: la CADHP déplore le recours excessif à la force    Zeroual: l'Algérie a besoin de tous ses enfants pour parachever l'édification d'un Etat moderne    Le DG du journal «Echaab» limogé    Grand Prix Assia Djebar du Roman: Les lauréats distingués    El-Bayadh: Le célèbre «Rakb Sid Cheikh» de retour    «C'est un écrin de l'esprit de Novembre»    Oran sous psychotropes    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Un cinéma vivant et amoral
Cycle Winterberg à l'IFA
Publié dans Le Soir d'Algérie le 27 - 10 - 2021

Le cycle cinématographique dédié au cinéaste danois Thomas Winterberg s'est clôturé jeudi dernier à l'Institut français d'Alger. Quatre films étaient à l'affiche de ce mini-festival, dont Drunk, une œuvre aussi surprenante que troublante.
L'Institut français d'Alger a organisé, en collaboration avec l'ambassade du Danemark, un cycle cinématographique dédié à Thomas Winterberg, l'un des cinéastes contemporains danois les plus appréciés en ce moment, tant par la critique que par le public.
Co-fondateur avec Lars Von Trier (un autre monstre du cinéma danois et international) du mouvement Dogma, Thomas Winterberg se distingue par un style épuré et une approche psychologique originale des thèmes qu'il aborde.
Multi-primé depuis le début de sa carrière, ce réalisateur né en 1969 n'a jamais cédé aux facilités et au confort qu'accorde généralement le plébiscite international ; il poursuit au contraire une quête incessante de renouvellement artistique.
Oscar du meilleur film en langue étrangère, sélectionné à Cannes et primé aux Césars et aux Bafta, Drunk est le dernier long-métrage du réalisateur, projeté dernièrement à l'Institut français d'Alger. En tête d'affiche, le non moins brillant Mads Mikkelsen, acteur fétiche de Winterberg, qui y campe le rôle de Martin, un prof d'histoire blasé, marié et père de deux enfants dans un foyer terne, et qui a pour seuls amis ses trois collègues. Lors d'une soirée d'anniversaire, où Martin est le seul à boire de l'eau, l'un de ses copains évoque la théorie d'un psychiatre norvégien affirmant que l'être humain vit avec un déficit d'alcool de 0,5 gramme et qu'il lui faut une consommation quotidienne équivalente pour mieux vivre.
Les quatre amis décident alors de mettre en pratique ce conseil dans le cadre d'une expérience pseudo-scientifique qui ne manquera pas de chambouler leurs vies, d'abord vers le meilleur.
En effet, le Martin effacé et désabusé, ennuyant ses élèves et menant une vie morose, se transformera en un personnage sûr de lui, amusant et passionnant grâce à sa dose d'alcool journalière qui dépassera crescendo le taux initial ! A l'instar de ses trois «alcolytes», Martin retrouvera donc peu à peu sa joie de vivre, son énergie et même sa vivacité d'esprit, allant même jusqu'à reconquérir sa femme, ses enfants et ses élèves. Mais, cette renaissance éthylique ne sera pas sans dégâts à mesure que les excès s'accumulent : le drame guette les protagonistes et la théorie du bonheur ne tient pas longtemps.
C'est à ce moment-là que l'on peut craindre un virage moralisateur dans un film transgressif et politiquement incorrect qui s'était allègrement débarrassé de tous les poncifs du genre.
En effet, Winterberg s'y risque dans une performance à la fois psychologique et cinématographie tant il réussit à mêler le tragique au comique, la réalité à la sublimation, la grâce et la déchéance dans un maelstrom enivrant qui emporte le spectateur et le plonge dans une espèce d'ambiguïté émotionnelle loin des sentiers battus. Mads Mikkelsen est au sommet de son art, tanguant avec maestria entre sobriété et démesure, et faisant de chaque état d'âme de son personnage un moment exquis de cinéma. Imprévisible jusqu'au bout, Drunk déjouera nos craintes quant à une possible «dérive» moralisatrice puisqu'il se clôture sur l'inoubliable scène de Martin, festoyant et se lançant dans une chorégraphie de jazz dont la grâce et l'élégance offrent au film une apothéose à la mesure de son scénario.
Pour rappel, le cycle dédié à Winterberg par l'IFA incluait également les films La communauté (2016), La chasse (2016) et Festen (1998).
Sarah H.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.