A la place de la Grande-Poste, on a fini par ne plus le remarquer. L�, depuis les ann�es 1980 du si�cle dernier, il faisait partie du d�cor. Les gens lui ont donn� plusieurs noms. Pour certains, c�est �l�arbre� tout simplement. Pour d�autres, c�est le �dardar de la Grande-Poste�, un arbre de la m�me esp�ce que le fr�ne sous lequel avait eu la �moubaya� de l�Emir Abdelkader en 1832. Il y a aussi ceux qui l�appellent �le dauphin�, car on voit la forme d�un dauphin sculpt� � une des extr�mit�s de ce tronc d�arbre gisant � la Grande-Poste depuis tr�s longtemps. Cette sculpture en bois, l��uvre de Nadjib Bensa�d, vient d��tre coup�e en plusieurs morceaux par des ouvriers. Les artistes Karim Sergoua, Djamel Agagnia et Kamel Haddad (Galerie d�art Ahlem) avaient essay� d�arr�ter �le massacre�, en vain (que faire quand les ouvriers vous disent qu�ils ne font qu�ex�cuter des ordres). �Je viens de perdre un enfant�, a d�clar� � chaud le sculpteur Nadjib Bensa�d. �Le dardar de Bensa�d� aurait pu �tre d�plac� vers un des jardins parcs situ�s � quelques dizaines de m�tres de l�, vers un des parcs de ce quartier d�Alger-Centre. Cette �uvre d�art a surv�cu � la canicule, � la pluie, � la gr�le, � la neige de l�hiver dernier et au d�luge de l�ann�e 2001. Elle a surv�cu aux intermittents coups de sirocco et de mistral. Elle a aussi surv�cu aux tremblements de terre de 1989 et de 2003. Mais elle n�a pas surv�cu � la b�tise humaine ! K. B. [email protected] PS : Hier soir, nous avons constat� que la partie de la sculpture o� est visible le nageur et son dauphin, est toujours � sa place.