Par Mohand Bakir Des militants se rassemblent conscients de la gravité du moment. Ils le font avec courage, détermination et désintéressement. Des patriotes qui se lèvent pour répondre à l'appel et assumer leurs responsabilités. Des noms éclosent, ils sont promis à être nos phares et éclairer nos luttes. D'Amira Bouraoui à Mustapha Benfodil, en passant par les Abane Meziane et Nacima Guettal, Fares Kader Affak, Mahdi Mehdi Bsikri, Idir Tazerout, sans oublier les Amel Chekkat et Abdou Ben Djoudi et tant d'autres nouveaux visages, lumineux qui nous disent l'espoir, l'exaltation de la lutte et que l'espérance en des idéaux impérissables. Aujourd'hui il faut s'unir autour de cette nouvelle génération décidée à arracher la patrie des griffes de l'oligarchie militaro-bureaucratique et de ses soutiens théocrates et impériaux. Pourtant, il faut dire que cette aube naissante doit dès maintenant s'épargner deux errements dangereux : celui du paterno-maternalisme et du fraternisme. 1) Le paterno-maternalisme : au sens où l'action aujourd'hui doit être celle de citoyens redevables d'engagements pour leurs positions propres et non de tuteurs «fondés» à décider de ce que le peuple serait prêt à accepter ou pas. Le peuple sera ce que les combats d'aujourd'hui vont en faire. Collège de citoyens souverain ou communauté de sujets soumis ? 2) Le fraternisme (ou l'unionisme) : aujourd'hui, l'antagonisme entre les projets de société est à son point de dénouement. Il faut prendre la mesure des responsabilités maturées par notre histoire. Ce n'est pas une «présidentielle» qui est en jeu, ce sont toutes les batailles engagées depuis octobre 1988 qui arrivent à leurs points culminants. Si le système en place, oligarchie militaro-bureaucratique dégénérée en une caste compradore, a sécrété ses fossoyeurs, ceux-ci sont antagoniques et tirent dans deux sens opposés. D'un côté, les patriotes modernistes et face à eux les théocrates rétrogrades. Comment tenter de les «unir» alors que la synthèse entre ces deux camps, cœur du fraternisme, ne peut être que ce qu'elle a pu être jusque-là : le système hybride issu du coup de force contre le Congrès national de la Soummam. Pour les patriotes, toute caution de ce type de chimère relève de la trahison. La tâche aujourd'hui n'est pas de tenter l'impossible mariage entre la République et le califat. D'ailleurs le califat se range du côté u système en place. Il ne vient dans le camp patriotique que pour le lester et le dévitaliser. La tâche est de battre le rappel du formidable potentiel républicain cumulé dans les entrailles de notre peuple. De le faire en refusant tous les masques et cataplasmes qui cherchent à diluer le caractère révolutionnaire du moment présent. Le projet républicain, démocratique et laïque doit se préserver de toute quête d'une entente empoisonnée avec ses ennemis. La clameur monte des tréfonds de notre patrie, elle est portée par ces nouvelles voix, juvéniles, déterminées et sincères qui nous appellent à la libération... Entendons-la et rallions-nous à l'appel de la patrie !