Longtemps après le sacre africain des Verts handballeurs, voilà que la salle Harcha-Hacène renoue avec la petite balle en abritant, vendredi dernier avec la programmation de deux rencontres seniors en retard de la précédente saison qui ne se sont pas jouées en cette période-là. La première concernait la finale de la coupe d'Algérie messieurs et la seconde entre le champion d'Algérie dames et le vainqueur de la coupe d'Algérie de la même catégorie pour le compte de la supercoupe. Alors que tous les présents et les observateurs s'attendaient à ce que cette finale soit un remake des précédentes avec une large victoire des Pétroliers, voilà que la réalité du terrain a été toute autre. En se retrouvant à cet ultime stade de cette épreuve pour la première fois dans l'histoire de cette compétition, les formations du GS Pétroliers et de l'ES Aïn-Touta ont animé de fort belle manière les débats, laissant le faible public présent en haleine jusqu'aux dernières secondes de la partie. En s'imposant à l'arraché, à l'issue des prolongations, sur le score de 37 buts à 32, les Pétroliers n'ont pu le faire que grâce à cette expérience qui a fait défaut aux Auressiens qui doivent regretter d'être passés à côté d'une victoire qui leur tendait les bras grands ouverts. Pourtant, en début de partie officiée par la paire Deche-Gouarda, la majorité des spectateurs s'attendaient à un baroud d'honneur habituel des adversaires des Pétroliers dans ce genre de rencontres. Les premières instants du match sont assez équilibrés et sur le plan du jeu que pour le score. Cependant, l'évolution des Pétroliers ne semble pas habituelle avec cette supériorité leur permettant de «toiser» leurs adversaires. Au contraire, ce sont les Auressiens qui affichent une détermination bien réelle et un étalage handballistique bien soutenu. Devant cette donne inhabituelle, les Algérois «perdent» le Nord, engendrant un jeu presque décousu marqué par plein de déchets aussi bien en défense qu'en attaque. Avec des défenseurs rugueux mai corrects que sont Abbassi, Belaïd, Mokhnache et Guettaf, les Auressiens à savoir Khomeini, Benchekhchoukh, Maâfi jouent à l'aise et réussissent leurs belles orchestrations offensives. Dès le premier quart d'heure, la domination des Auressiens était évidente. Pendant que le coach Zeguilli fulminait contre ses éléments qui multipliaient les ratages, celui d'Aïn-Touta était serein et ses directives étaient matérialisées par ses gars. Il est vrai que le coach Zeguilli n'avait lancé dans la bataille que les jeunes loups que sont Hanitet, Boussaïd, Khelil, Djermouni, encadrés par Boudrali, Layadi et autre Chahbour Riad. Mais cela ne diminuait en rien la maîtrise des Auressiens en cette première période de jeu. Logiquement, la pause-citron est atteinte sur une historique avance de six buts pour les Auressiens (17-11). Mais dès la reprise, les premières minutes qui s'égrènent laissent le public abasourdi. En effet, les Pétroliers été sermonnés par leur coach dans les vestiaires, démarrent en trombe et remontent doucement mais sûrement au tableau d'affichage. Ayant bien analysé le jeu des éléments d'Aïn-Touta, le coach Zeguilli place une muraille défensive composé de Berriah, Filah, Boudrali et Hanitet, épuisant leurs vis-à-vis, dans des duels physiques intenses. En dix minutes, cette «Grinta» auressienne s'effiloche avec une attaque devenue muette, c'est la détermination pétrolière qui refait surface avec une superbe remontée au tableau électronique qui affiche un 19 buts partout. Il est vrai que le «réveil» de Slahdji et l'incorporation de Berkous y sont pour beaucoup. De nouveau, les gars d'Aïn-Touta reprennent du poil de la bête pour faire douter leurs adversaires du jour. Le jeu trop individuel de certains joueurs de l'ESAT leur fait rater la victoire au grand bonheur du GSP qui est sauvé du K.-O. par Berkous qui égalise à 29-29 et permet à sa formation d'aller aux prolongations. C'est terrible de voir la formation de l'ESAT dans l'impossibilité de conserver son avantage de deux longueurs (29-27) à deux minutes de la fin. Alors que le jeu devient très équilibré et intense, un flottement des arbitres est constaté comme en témoignent deux décisions qui ont failli mettre le feu aux poudres, comme cette exclusion pour 2 minutes sifflée lors d'un contre du GSP et le 7 mètres imaginaire accordé au GSP. C'est lors de ce temps supplémentaire que le GSP, profitant largement de la faiblesse du banc des remplaçants de l'ESAT et de leur grande inexpérience, s'en va construire un succès inespéré au cours des 60 minutes de jeu dominé en grande partie par l'ESAT. Il faut avouer que les cinq dernières minutes ont été fatales pour cette formation auressienne qui ne doit pas rougir de cette défaite car l'avenir est devant elle.