Par Kader Bakou Des peuples et des gens vivent par «mémoire». D'autres vivent par «planification» et «anticipation». Les premiers, souvent, exhument du passé des problèmes avec les autres et des raisons de ne pas s'entendre (ou se réconcilier) avec autrui, même avec les communautés qui vivent dans le même pays qu'eux. Quand ils parlent d'identité, ils ne disent pas que leur vision de cette identité fait souvent d'elle une des «identités meurtrières» citées par Amin Maalouf. Les peuples et les gens qui vivent par «anticipation» font des projections sur le futur à partir de données concrètes. Le passé pour eux est connu (chacun est libre d'être fier de ses origines) et quelle que soit l'appartenance ethnique, c'est le bilan personnel d'une personne qui détermine sa valeur. L'éducation, le travail et l'effort d'aujourd'hui sont plus sacrés qu'une «grandeur» passée réelle ou supposée. Un âne portant un chargement de sel a traversé une rivière. L'animal a constaté que le poids de son chargement a considérablement diminué. Quelque temps plus tard, il passe par le même chemin avec un chargement de laine. Il s'est rappelé que le poids de son chargement avait diminué après le passage à travers l'oued. Profitant de l'absence momentanée de son propriétaire, l'âne plonge dans les eaux. Le pauvre animal ne sait pas que l'eau dissout le sel, mais fait aussi augmenter le poids de la laine ou du coton ! C'est le genre de mésaventure qui peut arriver à ceux qui se basent uniquement sur la mémoire. L'étude et l'analyse de chaque cas sont nécessaires pour éviter de mauvaises surprises. On ne sait jamais ! K. B.