Par Malika Boussouf [email protected] Il est des jours comme ça où vous pensez vraiment en avoir fini avec une sordide histoire de harcèlement qui vous avait mis la tête à l'envers, comme ce fut le cas, en décembre dernier, à Luanda, pour la kinésithérapeute de l'équipe nationale féminine de handball. C'est alors que vous réalisez que si les choses vous donnent l'impression d'être rentrées dans l'ordre, c'est juste parce que personne, comme lorsqu'un accord qui ne dit pas son nom est conclu «à l'amiable», n'en parle plus ni dans les journaux ni au sein même d'un milieu dont le staff n'a pas encore été renouvelé, mais qui serait en passe de l'être. En réalité, rien n'a été réglé ni au niveau des coupables ni au niveau de celle qui a rédigé un rapport pour se plaindre d'assauts répétés à son encontre. Je m'étais demandé, lors d'un billet précédent, pourquoi la jeune femme n'avait pas plutôt traîné son agresseur en justice. Parce que c'est quand ils sont encouragés par le silence de leurs victimes que les agresseurs n'hésitent jamais à remettre ça. N'ayant plus aucune nouvelle de l'affaire, vous cherchez à mieux comprendre les motivations de la victime. J'ai ainsi appris que cette dernière avait préféré faire confiance au président de sa fédération lequel, ayant l'âge d'être son père, ne pouvait pas ne pas lui rendre justice. Beaucoup de ceux qui avaient pensé que faire le dos rond et attendre que les choses se tassent et perdent de leur gravité ont dû soupirer d'aise. Il y a aussi l'hypothèse que l'insistance à vouloir se faire entendre n'ait menacé de contrarier quelques-uns de ses projets. Le coupable a été suspendu ? La belle affaire ! Son mandat venant à expiration, on devine aisément l'effet que la sanction a eu sur lui. Peu après, j'ai compris que le problème n'était pas là. Il s'est avéré que c'est la kiné qui a craint qu'en déposant plainte, elle entacherait le nom de son père. Son père étant député, rendre publique cette histoire sordide pouvait porter atteinte à sa réputation de respectable parlementaire. J'avais souri lorsque ma source avait parlé de pétard mouillé avant même que l'on en ait la certitude. Elle avait bien raison.