Un nouveau cahier des charges des conditions techniques � l�importation des produits pharmaceutiques et dispositifs m�dicaux a �t� �tabli par la Direction de la pharmacie au minist�re de la Sant�, de la Population et de la R�forme hospitali�re. Il a �t� transmis pour approbation au Premier ministre, rapporte notre source. Un projet qui suscite beaucoup d�interrogations� Wassila Z. - Alger (Le Soir) - Il vient r�pondre � l�annonce faite par le Conseil du gouvernement de r�tablir l�obligation d�investissement pour tout importateur dans le secteur du m�dicament, du r�actif et des dispositifs m�dicaux. Se voulant �tre noble dans son objectif, la mise en �uvre de cette d�cision a �t� chaotique, h�tive, r�dig�e dans la pr�cipitation et sans concertation avec les professionnels du secteur, rel�ve-t-on dans le milieu pharmaceutique. Un comit� dit de �concertation� a �t� nomm� par la Direction de la pharmacie, compos� d�experts choisis, non pour participer � la r�daction de ce nouveau cahier des charges mais pour l�avaliser comme tel, explique encore notre source. Nous retrouvons n�anmoins deux articles abrog�s par l�ancien cahier des charges et remis dans cette nouvelle mouture. Il s�agit de l�obligation d�investissement et de la n�cessit�, pour tout exportateur de produits finis, d�exp�dier les m�dicaments aux deux tiers de leur dur�e de vie. Si les professionnels du secteur, qui avaient dans le pass� d�nonc� l�abrogation de ces deux articles sont satisfaits, il est d�plorable de noter qu�une fois encore, le secteur du m�dicament continuera � souffrir du d�calage de la r�glementation par rapport � la r�alit� du march� d�une part, mais aussi par rapport � la r�glementation internationale d�autre part. Encore une fois, le minist�re de la Sant�, de la Population et de la R�forme hospitali�re aura rat� le coche pour mettre � niveau la r�glementation, afin d�apporter des solutions claires aux diff�rents probl�mes v�cus au quotidien et qui peuvent nuire � la sant� publique. Comment peut-on exiger des importateurs d�avoir trois mois de stock alors qu�ils sont six � distribuer les produits d�un m�me fournisseur ? Ce sont les interrogations relev�es par les op�rateurs pharmaceutiques. Au lieu de s�occuper de la responsabilit� pharmaceutique � la distribution, la Direction de la pharmacie du m�dicament est all�e pondre un �avis� pour exiger la responsabilit� pharmaceutique � l�enregistrement, obligeant ainsi tous les exportateurs vers l�Alg�rie � ouvrir un bureau de liaison. Comment un bureau avec un pharmacien pourra-t-il garantir la responsabilit� pharmaceutique ? s�exclament-ils. Des op�rateurs affirment que �cette seule mesure vient en contradiction avec la politique pr�n�e par les pouvoirs publics pour encourager la consommation du g�n�rique�. Comment des laboratoires produisant du g�n�rique ayant pour le moment de faibles parts de march�, vont-ils investir pour l�ouverture de bureaux de liaison ? On d�duira que cette mesure est faite justement pour d�courager le g�n�rique et pour conforter les multinationales, fournisseurs traditionnels de l�Alg�rie dont le chiffre d�affaires permet de r�pondre � cette disposition. En dehors des enjeux strat�giques, cet avis sign� par la sous-direction de l�enregistrement est qualifi� d��entorse au d�cret�. Une autre id�e a �t� retenue dans ce nouveau cahier des charges. Elle lie le d�douanement des produits pharmaceutiques � la lib�ration des lots par le LNCPP. La clause en question d�montre, encore une fois, qu�un fonctionnaire �terr� dans son bureau est loin de la r�alit� du terrain. Elle pr�voit, en outre, que les agents du LNCPP ou du minist�re de la Sant� pr�l�vent les �chantillons pour analyses au niveau des ports et a�roports (selon leur disponibilit�). Une �ch�ance d�attente de 7 � 15 jours pour analyse est fix�e apr�s laquelle le produit pharmaceutique pourra �tre d�douan�. Nonobstant le vol et le risque de d�t�rioration des produits qui sont destin�s � �tre stock�s dans des conditions de temp�rature et d�hygrom�trie bien connues de la Direction de la pharmacie du m�dicament, l�on se demande, comme nous l�ont affirm� les professionnels du secteur, comment les normes pharmaceutiques d��chantillonnage pourront �tre respect�es dans un container ? Ces derniers estiment que �cette nouvelle clause aboutira � elle seule � des perturbations dans l�approvisionnement du march�. A quelle pr�occupation cette nouvelle clause r�pond-elle ? Quels dangers va-t-elle �viter � la sant� ? La question qu�il faut peut-�tre poser est : quels dangers va-t-elle induire sur l�approvisionnement du march� et l�efficience des produits qui auront s�journ� aux ports et a�roports pendant au moins trente jours. Nous pouvons encore citer plusieurs clauses qui d�montrent, encore une fois, (au risque de se r�p�ter) le d�calage du l�gislateur par rapport aux r�alit�s. Entres autres, l�article 4 rend l�importateur �personnellement� responsable de la qualit� du produit pharmaceutique import� alors qu�il est de notori�t� internationale que c�est l�exploitant du produit qui est responsable de la qualit�. Autre aberration, l�article 3 tol�re bizarrement qu�un interm�diaire puisse exporter vers l�Alg�rie. �Pourquoi ne pas exiger que l�importation se fasse directement de chez le fabricant ou du moins � partir d�un �tablissement pharmaceutique d�ment agr�� dans le pays d�origine. Pour les op�rateurs pharmaceutiques, l�article 12 est encore une fois une bourde monumentale confirmant que l�auteur de ce projet n�a aucune notion de l�industrie pharmaceutique. Il est demand� aux producteurs nationaux et �trangers de mettre sur le conditionnement interne une dizaine d�informations qui, faute d�espace, ne peuvent �tre port�es sur une ampoule injectable, un collyre, un a�rosol ou un sachet poudre par exemple�. Ce nouveau cahier des charges aurait �t� l�occasion de mettre � niveau les conditions de stockage au niveau des importateurs et grossistes. Aucun changement n�a �t� apport� sur ce plan. Les m�dicaments continueront d��tre stock�s dans des conditions catastrophiques, des garages de villas et m�me des �tables. La seule exigence restera une surface de 300 m2 d�un seul tenant. Dommage pour la qualit� ! D�ailleurs, les op�rateurs pharmaceutiques s��tonnent que le nouveau cahier des charges ne parle quasiment pas de la qualit� et de la responsabilit� pharmaceutique. Par ailleurs, l�on note que l�article 27 exige du conditionneur de passer � la fabrication dans un d�lai d�une ann�e. �Si sur le plan du principe, il est louable de pousser le conditionneur � investir et � augmenter la valeur ajout�e locale, donner un d�lai d�un an, c�est m�conna�tre l�industrie pharmaceutique.� Les d�lais d�achat des �quipements sont estim�s de 9 � 12 mois, les d�lais d�installation de 15 � 30 jours et les d�lais de qualification de 1 � 3 mois. Cela serait un leurre que de penser qu�il est possible dans un d�lai tr�s court de passer du conditionnement � la compression de gammes de produits vari�es et nombreuses, surtout pour ceux qui ont pu enregistrer vingt produits en 2008. Pendant que d�autres n�en ont enregistr� que deux ou trois. Par cette nouvelle mesure, �l�Alg�rie rate le coche de la mise � niveau r�glementaire par d�faut de concertation avec les professionnels du secteur. Le probl�me est plus profond et complexe, c�est un probl�me de mentalit�s r�trogrades qui font qu�un fonctionnaire n�assimile pas de travailler avec le partenaire �conomique pour l�int�r�t de notre pays�, conclura notre source. Enfin, une question se pose d�elle-m�me : pourquoi la l�gislation alg�rienne h�site encore � imposer un responsable pharmaceutique local, m�me s�il est vrai que tout le monde sait que cette mesure qui devrait �tre obligatoire d�un point de vue pharmaceutique, provoquerait une lev�e de boucliers de la part des exportateurs, qui se verraient ainsi dans l�obligation d�aborder le march� alg�rien avec plus de professionnalisme et d�implication pharmaceutiques, s��tonnant que le nouveau cahier des charges ne parle quasiment pas de la qualit� et de la responsabilit� pharmaceutique.