C'est aujourd'hui que débutera la huitième législature à l'occasion d'une séance plénière consacrée à l'installation de la nouvelle APN, issue des législatives du 4 mai dernier. La séance qui verra l'entrée des 462 nouveaux députés à la chambre basse du Parlement sera présidée par le membre le plus âgé, à savoir Said Bouhedja, député FLN de Skikda, assisté des deux députés les plus jeunes, le député indépendant d'El Bayadh, Touhami Hadibi (27 ans) et Ayoub Cheraytia (26 ans) représentant du TAJ pour la wilaya de Sétif. La nouvelle Assemblée qui sera présidée par Saïd Bouhedja, comme annoncé avant-hier par le secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbès, sera dominée, comme les précédentes, par le FLN (161 sièges) et le RND (100). A eux seuls, ces deux partis du pouvoir forment la majorité à l'APN, ce qui permettra au gouvernement d'évoluer dans un climat des plus favorables, loin de toute pression d'une opposition réduite à jouer un simple rôle de figuration. Une réduction qui ne l'empêchera cependant pas d'imprimer un caractère houleux à certaines séances où seront débattus des projets de loi qui ne seront pas de son goût. Le refus du MSP d'intégrer le gouvernement augure d'ores et déjà d'une législature «chaude». Certains articles de la Constitution seront d'une grande utilité pour le MSP et pour l'opposition en général. En effet, chaque chambre du Parlement doit consacrer une séance mensuelle pour débattre d'un ordre du jour présenté par un ou des groupes parlementaires de l'opposition. Ces derniers ouvrent également droit à la saisine du Conseil constitutionnel au sujet des lois votées par le Parlement. Mais cela ne leur sera d'aucun pouvoir pour bloquer ou freiner les projets du gouvernement qui trouveront le terrain balisé par les députés FLN, RND, TAJ et MPA, qui les défendront sans relâche. Si les rapports de force restent les mêmes au sein de l'APN, avec la même configuration, il n'en demeure pas moins que la présente législature est porteuse de quelques changements par rapport aux précédentes. Ainsi, le principe de deux sessions annuelles est supprimé, laissant place à une seule session ordinaire par an, d'une durée minimale de dix mois. Celle-ci commence le deuxième jour ouvrable du mois de septembre. Aussi, le nomadisme politique au sein du Parlement, pratique courante durant les précédentes législatives, est interdit. Un député ne peut plus changer de couleur politique au risque de perdre son mandat. «Est déchu de plein droit de son mandat électif l'élu de l'Assemblée populaire nationale ou du Conseil de la nation, affilié à un parti politique, qui aura volontairement changé l'appartenance sous l'égide de laquelle il a été élu», indique un article de la Constitution. Cependant, le député qui aura démissionné de son parti ou en aura été exclu, conserve son mandat en qualité de député non affilié. Parmi les nouveautés, celle relative à l'absentéisme qui a donné une image très négative de la fonction parlementaire. Les députés sont tenus par l'obligation de participation aux travaux des commissions dont ils sont membres et des séances plénières, sous peine de sanctions applicables en cas d'absence. La nature des sanctions n'est pas encore fixée. L'installation de l'APN ouvre, en outre, la voie à l'annonce du nouveau gouvernement dans les tout prochains jours. Le Premier ministre devra présenter par la suite le plan d'action de son équipe à l'APN.