Une hausse soutenue de la demande globale attendue au second semestre    Des victimes encore sous les décombres    Rush sur les plages avant l'ouverture officielle de la saison estivale    Vue par les médias étrangers    Sonelgaz entame des opérations de maintenance des réseaux électriques    L'emploi, la saison estivale 2026 et les examens scolaires officiels au menu    Coup d'envoi de l'exportation d'une cargaison de produit locaux vers le Canada, la Libye et la Tunisie    Consensus total autour des bilans moral et financier 2025    L'USMA tenue en échec, l'arbitrage au coeur La Der de la polémique    L'Olympique Akbou met la pression sur le sommet    Le TNA rend hommage au pionnier du 4e art algérien    Figure majeure de la presse algérienne    Des victimes encore sous les décombres    La propagande d'un ancien officier israélien sèchement recadrée en plateau    Lancement de la 3ème phase du système national d'immatriculation des véhicules    Les partis politiques se mobilisent    Mise en garde contre un faux lien électronique pour l'inscription des encadreurs des élections    Début de la révision exceptionnelle des listes électorales    Programme TV du 4 novembre 2025 : Coupes et Championnats – Heures et chaînes    Programme TV du samedi 25 octobre 2025 : Ligue 1, Bundesliga, CAF et championnats étrangers – Heures et chaînes    Programme TV du 24 octobre 2025 : Ligue 2, Ligue 1, Serie A, Pro League – Heures et chaînes    Festival international du Malouf: fusion musicale syrienne et russe à la 4e soirée    Adhésion de l'Algérie à l'AIPA en tant que membre observateur unique: le Parlement arabe félicite l'APN    Industrie pharmaceutique : nécessité de redoubler d'efforts pour intégrer l'innovation et la numérisation dans les systèmes de santé nationaux    Conseil de sécurité : début de la réunion de haut niveau sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Examen de validation de niveau pour les diplômés des écoles coraniques et des Zaouïas mercredi et jeudi    APN : la Commission de la santé à l'écoute des préoccupations des associations et parents des "Enfants de la lune"    Réunion de haut niveau du Conseil de sécurité sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Boudjemaa reçoit le SG de la HCCH et le président de l'UIHJ    Athlétisme / Mondial 2025 : "Je suis heureux de ma médaille d'argent et mon objectif demeure l'or aux JO 2028"    Ligne minière Est : Djellaoui souligne l'importance de la coordination entre les entreprises de réalisation    Mme Bendouda appelle les conteurs à contribuer à la transmission du patrimoine oral algérien aux générations montantes    CREA : clôture de l'initiative de distribution de fournitures scolaires aux familles nécessiteuses    Poursuite du suivi et de l'évaluation des programmes d'investissement public dans le secteur de la Jeunesse    Agression sioniste contre Ghaza : le bilan s'alourdit à 65.382 martyrs et 166.985 blessés    La ministre de la Culture préside deux réunions consacrées à l'examen de l'état du cinéma algérien    Le Général d'Armée Chanegriha reçoit le Directeur du Service fédéral pour la coopération militaire et technique de la Fédération de Russie    Foot/ Coupe arabe Fifa 2025 (préparation) : Algérie- Palestine en amical les 9 et 13 octobre à Annaba    L'Algérie et la Somalie demandent la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité    30 martyrs dans une série de frappes à Shuja'iyya    Lancement imminent d'une plate-forme antifraude    Les grandes ambitions de Sonelgaz    La force et la détermination de l'armée    Tebboune présente ses condoléances    Lutte acharnée contre les narcotrafiquants    La Coquette se refait une beauté    Cheikh Aheddad ou l'insurrection jusqu'à la mort    Un historique qui avait l'Algérie au cœur    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Un protagoniste du «jeu politique» s'en va
DECES DE CHEIKH NAHNAH
Publié dans L'Expression le 21 - 06 - 2003

Le pouvoir aura perdu avec la mort de Nahnah un élément essentiel de l'échiquier politique.
Cocasse, facétieux, intrigant, rusé, équilibriste politique. Voilà des qualificatifs auxquels n'échappe pas le cheikh de Blida, mais théologico-politique, avec une vingtaine d'années au moins passées dans la clandestinité, Nahnah est resté comme un iceberg : on n'en connaît que la partie émergée. Partie prenante des ouvertures démocratiques depuis 1989, il est surtout connu par le grand public à partir de la date de création de l'association El Irchad wal islah, le 12 février 1989, et du parti politique Hamas, le 6 novembre 1990, dont il deviendra le président à partir du congrès constitutif, le 29 mai 1991. En cinq ans d'activité légale, il donne à son parti (qui deviendra par la suite le MSP) une dimension quasi nationale. Lors des élections présidentielles de 1995, il obtient un très bon score et se classe second, juste derrière le président entrant Liamine Zeroual: «Je suis la deuxième force politique du pays, et cela sans avoir eu recours à la fraude», aimait-il répéter à la face de ses adversaires.
Son parti vole de victoire en victoire, et obtient notamment près de 70 sièges à l'Assemblée nationale lors des élections de 1997. Plusieurs APW et APC «tombent» entre les mains du MSP qui donne la nette impression d'être «réellement» un parti résolument et foncièrement politique. En fait, c'est bien là que réside le mérite de Nahnah aux yeux des autorités: d'un côté, il joue «à fond» le jeu constitutionnel en se pliant à toutes les règles politiques et à toutes les contraintes juridiques (dangereux rival pour le candidat Bouteflika, lors de la présidentielle de 1999, il accepte sans mot dire de se retirer de la course au siège d'El-Mouradia, là où se trouve justement le siège du MSP), et d'un autre, il donne une certaine légitimité aux élections en les émaillant d'une couleur islamiste après l'élimination controversée du FIS.
Le programme pourtant ostensiblement religieux du MSP est atténué par le discours patriotique, la verve langagière et les prises de position hyper-nationalistes de son président Nahnah. Il est presque arrivé à faire oublier à tout le monde (hormis le courant dit «éradicateur, bien entendu» que son parti est un parti islamiste convaincu, un «FIS version soft», en quelque sorte. Pour tout cela, il représentait le gage d'une élection démocratique pour le pouvoir. Tous les présidents entrant depuis Boudiaf, essayaient de gagner l'estime, ou pour le moins, le soutien de cet homme inénarrable qui ne rechignait pas à s'afficher avec les présidents, les généraux et les richissimes hommes d'affaires. Passé maître dans la stratégie de l'entrisme et du noyautage, des concessions et compromissions, de l'intrigue et du jeu de coulisse, il a réussi là où tous les islamistes algériens ont échoué avant lui en plaçant plusieurs de ses hommes au poste de ministres (Bengrina, Menasra, Ghoul, Bouguerra Soltani, etc.) Cela l'a mené souvent à se confronter à la mouvance islamiste radicale qui a toujours refusé les compromissions avec l'Etat. Les luttes qu'il a menées en sous-sol, contre les radicaux notamment, avaient abouti à l'assassinat d'au moins une centaine de ses cadres par les groupes armés, qui leur reprochaient d'avoir commis une «haute trahison» en se rapprochant du pouvoir.
Cette lutte islamistes-islamistes faisait le jeu du pouvoir qui multipliait les initiatives pour diviser la nébuleuse islamiste, très forte et très influente si on la laissait agir sur les événements. Le cheikh incontesté de la Mitidja a refusé une première fois l'aventure sanglante de l'islamisme radical, prônée par Bouyali et son équipe dès 1981, avant de refuser la seconde aventure, prêchée par le Front du salut, à partir de 1990. La création du Hamas, le 6 novembre 1990, a été qualifiée par les leaders du FIS de «coup de couteau dans le dos».
Pourtant, les méandres tumultueux et sinueux du parcours politique et théologique de Nahnah plaident en sa faveur grâce à «ces Rastignac de la religion». Imam dès 1960, en pleine colonisation, opposant du pouvoir algérien dès 1972, opposant à la charte, en 1976, condamné à une peine de 15 ans d'emprisonnement par le régime de Boumediene (libéré par Chadli cinq ans plus tard) et membre dirigeant de la confrérie des Frères musulmans près de quarante ans, il n'a pas son pareil dans le jeu politique.
Nahnah possède la spécificité unique d'être à la fois un élève de l'école des Ikhwan et de celle des Ulémas, dont le patriotisme l'a si profondément imprégné. Perte cruelle donc pour le MSP, mais surtout pour le pouvoir qui perd un courant islamiste mesuré et modéré dans un contexte caractérisé par la poussée effrayante du radicalisme.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.