Nouvelle directive pour les demandes de visa Espagne    Plus de 12,6 millions de litres d'huile d'olive produits cette saison    Aucune évolution notable sur le cours des hydrocarbures sans la fin du conflit USA-Israël versus Iran et l'ouverture intégrale du détroit d'Ormuz    Moyen-Orient : Les négociations entre les Etats-Unis et l'Iran ont débuté hier samedi à Islamabad    Le Premier ministre sénégalais accuse Donald Trump de déstabiliser le monde    Génocide sioniste au Liban    L'ESBA se relance, l'USMK enfonce l'ESM    une trentaine d'entraîneurs en formation    Poursuite de la formation    Saisie de plus de 13 000 sachets de tabac à chiquer    Saisie de 43,81 g de cocaïne, une arrestation à Mesra    Mise en échec de 5 tentatives d'émigration clandestine et arrestation de 21 individus en mars dernier    Un faux dissident, un vrai plumitif dressé contre le peuple algérien    Le ministre de la Communication présente ses condoléances    Un nouveau Code de la route pour la sécurité du citoyen    Djellaoui insiste sur la nécessité de maintenir la cadence des travaux du projet de la ligne ferroviaire minière Est    2e Festival du couscous algérien, du 23 au 25 avril 2026    Ouverture de la 6e édition    Programme TV du 4 novembre 2025 : Coupes et Championnats – Heures et chaînes    Programme TV du samedi 25 octobre 2025 : Ligue 1, Bundesliga, CAF et championnats étrangers – Heures et chaînes    Programme TV du 24 octobre 2025 : Ligue 2, Ligue 1, Serie A, Pro League – Heures et chaînes    Festival international du Malouf: fusion musicale syrienne et russe à la 4e soirée    Adhésion de l'Algérie à l'AIPA en tant que membre observateur unique: le Parlement arabe félicite l'APN    Industrie pharmaceutique : nécessité de redoubler d'efforts pour intégrer l'innovation et la numérisation dans les systèmes de santé nationaux    Conseil de sécurité : début de la réunion de haut niveau sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Examen de validation de niveau pour les diplômés des écoles coraniques et des Zaouïas mercredi et jeudi    APN : la Commission de la santé à l'écoute des préoccupations des associations et parents des "Enfants de la lune"    Réunion de haut niveau du Conseil de sécurité sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Boudjemaa reçoit le SG de la HCCH et le président de l'UIHJ    Athlétisme / Mondial 2025 : "Je suis heureux de ma médaille d'argent et mon objectif demeure l'or aux JO 2028"    Ligne minière Est : Djellaoui souligne l'importance de la coordination entre les entreprises de réalisation    Mme Bendouda appelle les conteurs à contribuer à la transmission du patrimoine oral algérien aux générations montantes    CREA : clôture de l'initiative de distribution de fournitures scolaires aux familles nécessiteuses    Poursuite du suivi et de l'évaluation des programmes d'investissement public dans le secteur de la Jeunesse    Agression sioniste contre Ghaza : le bilan s'alourdit à 65.382 martyrs et 166.985 blessés    La ministre de la Culture préside deux réunions consacrées à l'examen de l'état du cinéma algérien    Le Général d'Armée Chanegriha reçoit le Directeur du Service fédéral pour la coopération militaire et technique de la Fédération de Russie    Foot/ Coupe arabe Fifa 2025 (préparation) : Algérie- Palestine en amical les 9 et 13 octobre à Annaba    L'Algérie et la Somalie demandent la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité    30 martyrs dans une série de frappes à Shuja'iyya    Lancement imminent d'une plate-forme antifraude    Les grandes ambitions de Sonelgaz    La force et la détermination de l'armée    Tebboune présente ses condoléances    Lutte acharnée contre les narcotrafiquants    La Coquette se refait une beauté    Cheikh Aheddad ou l'insurrection jusqu'à la mort    Un historique qui avait l'Algérie au cœur    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Morts en fraude
Publié dans L'Expression le 29 - 10 - 2011

«Il m'arrive de croire que la misère attire la misère des autres et que les gens heureux évitent le malheur des autres.» August Strindberg
On ne donne pas gratuitement un prix Nobel comme cela à quelqu'un, sans qu'il le mérite. Sauf peut-être pour des motifs politiques. Tout le monde s'accorde à dire que l'écrivain philosophe controversé qu'est Albert Camus, a amplement mérité cette haute distinction grâce à son dramatique récit: La Peste. L'intérêt d'une oeuvre littéraire ou cinématographique est d'avoir plusieurs niveaux de lecture. Sans être une auberge espagnole où chacun y retrouverait ce qu'il apporte par sa propre culture, l'oeuvre foisonnante doit donner diverses directions aux différents lecteurs. Dans La Peste, certains y voient l'arrivée du fascisme qui a submergé l'Europe et l'étouffement des libertés qui en suivit. D'autres n'y voient qu'un récit réaliste inspiré par une épidémie de typhus qui a ravagé l'Algérie quelques années auparavant. D'autres n'y voient qu'une description, dans une ambiance d'enfermement, de la souffrance des hommes confrontés à la mort, à la séparation d'êtres chers, à l'absence de l'amour... Ce qui surprend dès le début du récit est la description des premiers symptômes d'un mal mystérieux qui frappe soudainement une cité apparemment tranquille jusque-là. La répétition d'étranges faits inhabituels commence à soulever des interrogations chez les gens qui ont un brin de conscience: des rats morts apparaissent ici et là, de plus en plus nombreux. Et bientôt cette mort va contaminer les hommes. Car, comme chacun sait, la mort est contagieuse... Mais, moi, ce que j'ai particulièrement aimé chez Camus, c'est la description très réaliste de ce mal qui frappa la Kabylie dans les années 1930, dans l'indifférence coloniale. «De Bordj Ménaïel jusqu´à Fort National, l´auteur va faire connaître aux lecteurs toute une géographie de la misère, de l´indigence et du dénuement. Il va dénoncer, tour à tour, l´insuffisance des infrastructures scolaires, la précarité de l´habitat, l´absence d´hygiène et d´une couverture sanitaire, la dévalorisation de la production agricole de la région, le niveau, extrêmement bas, des salaires qui sont distribués chichement à une main-d´oeuvre pléthorique frappée par un chômage endémique. Il renvoie, dos à dos, et l´administration dont les secours faits par charité, ne sont qu´une goutte d´eau dans un océan de misère, les colons qui profitent de cette situation et les féodalités locales qu´il présente comme les pires exploiteurs. Il dénonce avec la fougue propre à la jeunesse, l'administration coloniale illustrée par le caïdat et la commune mixte qui sont aux antipodes de la démocratie. Il s´insurge enfin, contre les restrictions de l´immigration en France (déjà!) où les quotas sont sans cesse revus à la baisse, sur la crise économique qui frappe la Métropole. Il ne se contentera pas de dénoncer, à travers une centaine de pages d´un voyage au centre d´une misère médiévale où ne manquent que la peste et le choléra (mais qui ne sauraient tarder à venir vu l´ampleur du désastre), il préconisera des solutions pour éloigner le spectre de la misère: hausse des salaires, revalorisation de la production agricole, portes ouvertes à l´émigration, investissements productifs, amélioration de l´habitat et équipement technique, création de nouvelles infrastructures...», écrivait Kurzas. Mais il ne remet point en cause le système colonial lui-même. C'est son problème! Mais je serais curieux de savoir ce qu'il écrirait maintenant quand il mettra plus de deux heures dans sa voiture de sport pour arriver au coeur d'une région transformée en désert industriel avant de mettre quatre à cinq heures pour en revenir, par une route encombrée parsemée de barrages et encombrée de dépôts d'ordures.
Il apprendra l'absurdité d'une région où le chômage et le commerce informel se font une concurrence sauvage, qui n'arrive pas à éliminer ses déchets et comble de l'ironie à qui, une subvention allouée à cet effet a été bloquée quelque part.
Enfin, c'est une région où les kidnappings succèdent aux rackets et aux enlèvements, où les jeunes reçoivent plus qu'ailleurs des balles non perdues...
Que penserait-il enfin de ces morts qui se mettent à fleurir au détour des chemins, en plein automne? Ce n'est pas sûrement l'effet du Printemps arabe.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.