Les médicaments ne risquent pas de manquer dans nos pharmacies, puisque, les importations de médicaments sont en nette hausse. Depuis le début de l'année en cours, l'importation de médicaments a explosé! Selon une source douanière, la facture d'importation des médicaments a nettement augmenté sur les cinq premiers mois de 2018 en se chiffrant à près de 922,55 millions de dollars contre 671,26 millions de dollars à la même période de 2017, (en hausse de plus de 251 millions de dollars (+37,43%)! La facture d'importation des médicaments a ainsi atteint 1,89 milliard de dollars en 2017 contre 2,02 milliards de dollars en 2016 (-6,4%). Selon la même source, la demande nationale en médicaments est de l'ordre de 4 milliards de dollars annuellement. Pour rappel, il faut savoir que l'industrie pharmaceutique nationale produit pour l'équivalent de 2 milliards de dollars actuellement. «Quelque 80 unités productives dans le domaine pharmaceutique sont en activité au niveau national». Dans ce même sillage, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, le professeur Mokhtar Hasbellaoui avait affirmé, jeudi dernier à Alger, que l'Etat veillait à assurer la disponibilité quantitative et qualitative des médicaments. Le ministre qui répondait aux questions de deux membres du Conseil de la nation concernant la mise en place d'une nouvelle base pour la production de certains médicaments au niveau local après le retrait de certains de ces médicaments des marchés internationaux, et les solutions et mécanismes à même de mettre fin au monopole dans le domaine pharmaceutique, a souligné que «l'Etat a toujours veillé à assurer la disponibilité quantitative et qualitative des médicaments». Il a, par ailleurs, affirmé que l'importation et la production de médicaments en Algérie «sont soumises à des instructions strictes et l'Etat a oeuvré à la promotion des médicaments génériques et l'interdiction de l'importation de ceux produits localement, ce qui a permis de porter à plus de 70% la production de ce type de médicaments». Selon le même responsable, ces mesures ont également permis une concurrence entre les producteurs locaux et la fin du monopole, ce qui constitue une valeur ajoutée «qui a érigé l'Algérie au rang des pays exportateurs de cette matière vitale». Concernant les matières premières nécessaires à la production pharmaceutique, le ministre a ajouté que «la suspension de l'importation de ces matières est soumise à un programme étudié tenant compte des besoins nationaux conformément à un cahier des charges spécifique», poursuivant par «l'importation de ces produits par les producteurs locaux se fait en fonction de leurs capacités financières et des besoins exprimés». S'agissant des médicaments produits localement ou commercialisés en Algérie en dépit de leur retrait par d'autres parties, Mokhtar Hasbellaoui a fait savoir que la nomenclature nationale de l'importation des médicaments est révisée de manière régulière par un comité d'experts. «Le retrait de certains médicaments par les pays producteurs ne signifie pas leur invalidité mais pour de simples raisons commerciales, et ils ne peuvent pas être retirés du marché national sauf dans le cas où la commission compétente approuve leur inefficacité, seul critère retenu par l'Algérie», ajoute-t-il. Le ministre a dit, par ailleurs, que «la commercialisation de médicaments de manière illégale expose les pharmaciens à la fermeture de leurs locaux et à d'autres sanctions judiciaires», rappelant à titre d'exemple, «la fermeture d'une unité de production locale pour non-respect des conditions nécessaires, et ce pour la protection de la santé du citoyen.