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A la mémoire de Mohand Akli Haddadou
Deuxième édition de «l'agora du livre» à Chemini (Béjaïa)
Publié dans L'Expression le 18 - 08 - 2019

Ouverte, avant-hier, cette manifestation qui s'étalera jusqu'au 20 août 2019, est marquée par l'inauguration d'une stèle au symbole amazigh, érigée au niveau d'un rond-point, baptisée du nom renvoyant à une date symbole de la lutte démocratique et identitaire, à savoir le «19 Mai 1981», une manière de rendre hommage aux lycéens et autres militants acteurs des événements de mai 1981, appelés également le printemps de Béjaïa. Le lycée, la maison de jeunes, la bibliothèque municipale et les places publiques sont autant de lieux qui abriteront les différents aspects de cette «agora du livre», dont les expositions sur l'artisanat et le produit du terroir (burnous, robe kabyle, poterie, bijouterie, métier à tisser, miel d'abeille local, figue).
Un large programme
Il est prévu également des tables rondes, communications et vente dédicaces avec des auteurs lors de toute la durée de cette grande manifestation, organisée cette année avec le concours du Haut Commissariat à l'amazighité et la municipalité de Chemini, dont le président, Madjid Ouddak a, via sa page facebook, invité tous les citoyens «à assister à l'inauguration d'une stèle au symbole amazigh, érigée au niveau du rond-point du lycée de la localité, baptisée au nom du «19 Mai 1981», en hommage aux détenus du deuxième printemps amazigh de 1981». Il y avait du monde hier pour saluer ce geste, qui intervient dans une conjoncture où le fait amazigh est montré négativement du doigt, à travers des interdictions qui frappent, notamment l'emblème amazigh et l'emprisonnement de ses porteurs.
Un geste considéré unanimement comme un acte de courage et de militantisme aussi bien du premier magistrat de la commune, mais également des membres de l'association initiatrice de l'événement.
De nombreux acteurs intervenant dans le domaine du livre, dont les éditeurs, les auteurs, les libraires, les distributeurs et les lecteurs ont répondu à l'appel de l'association pour prendre part à l'événement qui sera ponctué par la remise des prix aux lauréats du concours de la meilleure œuvre scientifique et littéraire relative aux œuvres de Mohand Akli Haddadou. L'un des linguisties et écrivain les plus célèbres de sa génération, Mohand Akli Hadadou est décédé le 19 novembre 2018. Chercheur et enseignant, il a mené durant toute sa carrière de nombreux travaux sur l'histoire des civilisations. Il était d'un des premiers enseignants de linguistique amazighe au département de langue et culture amazighes depuis sa création en 1990, à l'université de Tizi Ouzou.
Un linguiste avéré
Cette grande figure de la production linguistique, littéraire et l'histoire de la civilisation amazighe a été auteur de plusieurs œuvres dont «Le rêve et son interprétation dans l'islam, Guide de la culture et de la langue berbères, Guide de la culture berbère, Almanach berbère, Les berbères célèbres, Recueil des prénoms berbères. Mohand Akli Hadadou naquit à Aït Waghlis, dans la vallée de la Soummama le
24 novembre 1954, soit quelques jours après le déclenchement de la guerre de libération. À l'âge de quatre ans, Il perd une jambe suite à un bombardement par l'armée coloniale. C'est au lycée Emir-Abdelkader d'Alger, qu'il obtiendra son baccalauréat français.
Un auteur prolixe
Titulaire d'une licence en littérature, suivie d'un diplôme d'études approfondies en linguistique et d'un magister ainsi qu'une thèse de 3e cycle de linguistique berbère à Tizi Ouzou et à Aix-en-Provence (France), il obtient un doctorat d'Etat en linguistique berbère à l'université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou. Il avait entamé sa carrière dans un lycée, avant de rejoindre, à sa création, le département de langue et culture amazighes de l'université de Tizi Ouzou au début des années 1990. Parfait trilingue, il maîtrisait le kabyle, l'arabe et le français.


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