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Dictionnaire des prénoms du Maghreb
NOUVEAU LIVRE DE MOHAND-AKLI HADDADOU
Publié dans L'Expression le 03 - 05 - 2017

L'universitaire et auteur prolifique Mohand-Akli Haddadou vient de publier aux Editions L'Odyssée de Tizi Ouzou, un nouvel ouvrage intitulé Dictionnaire des prénoms du Maghreb et du Sahara.
Mohand-Akli Haddadou, qui a enseigné pendant des décennies au département des langue et culture amazighes de l'université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou, poursuit ainsi ses travaux de recherche sur tout ce qui est inhérent à la culture de l'Afrique du Nord, qu'il s'agisse des volets linguistique, religieux ou rituel ou encore historique et symbolique. Cette fois-ci, l'auteur des Berbères célèbres a choisi de se pencher sur l'anthroponymie. Cette dernière, de l'avis même de Mohand-Akli Haddadou, qui a le grade de professeur, est d'une importance primordiale pour la connaissance de la vie d'un peuple, de sa culture et de son histoire. «C'est aussi un indice des influences linguistiques et culturelles, voire religieuses, qu'une population subit au cours de son histoire», nous précise Mohand-Akli Haddadou. Ce dernier cite par exemple le cas de Mastanabal, un prénom ancien, aujourd'hui repris, voire largement attribué aux nouveau-nés. Haddadou précise que ce prénom est composé d'un premier élément qui montre son ancrage berbère. A savoir «amastan» qui signifie protecteur. Un mot qu'on retrouve toujours dans le langage touareg contemporain. Le second élément qui compose le même prénom, c'est bal. Il s'agit d'un mot punique et réfère à la divinité phénicienne bien connue: Baâl. Haddadou cite même le cas de son propre prénom: Mohand-Akli: «A l'époque contemporaine, c'est le cas du kabyle Mohand-Akli où Mohand est l'altération de l'arabe Mohammed, et Akli, le nom de l'esclave en berbère». Comme on peut le constater, le livre de Haddadou n'est pas seulement un condensé de prénoms, mais son objectif consiste aussi à parler d'histoire et de langues et cultures en ayant comme prétexte et fil conducteur ces mêmes prénoms. L'écrivain propose de revisiter l'histoire très riche de l'Afrique du Nord en utilisant comme fil d'Ariane les prénoms du Maghreb et du Sahel, l'objectif étant, entre autres, de montrer à quel point l'Afrique du Nord est multiculturelle. Haddadou évoque l'ensemble des influences et des interactions culturelles et linguistiques qu'a connues l'Afrique du Nord, tel qu'il le précise en outre: «Si dans l'Antiquité, les Phéniciens et les Romains, ont exercé une certaine influence sur le système de dénomination du Maghreb et du Sahara, c'est l'influence arabe, qui va s'exercer sur lui, à la fois plus massivement et surtout plus durablement. Introduits dès les débuts de l'islamisation, les noms arabes se sont répandus avec l'arabisation de vastes territoires et, aujourd'hui, on les retrouve partout, y compris dans les régions demeurées berbérophones». Concernant le cas de la Kabylie, qui a été le bastion du combat identitaire amazigh, Haddadou explique que dans cette région de Tamazgha, on ne conserve plus que quelques prénoms d'origine berbère, et il a fallu attendre ces dernières décennies pour voir ressurgir les noms des grandes figures de l'Histoire comme Jugurtha, Massinissa ou Kahina. «Le mouvement est devenu si important en Kabylie, à la fin des années 1970, que les autorités algériennes ont imposé une nomenclature officielle dans laquelle les usagers devaient obligatoirement puiser. Le prétexte avancé est la protection de l'onomastique algérienne de l'invasion étrangère, mais en réalité, c'est le prénom berbère qui est visé, puisque des prénoms persans, turcs, syriens et même européens, seront acceptés», souligne Haddadou. Il y a lieu de rappeler, en revanche, que dans le sillage de la réhabilitation de l'Amazighité, depuis l'été 2013, les autorités algériennes ont promulgué une nomenclature de prénoms amazighs qui officialise des prénoms jusque-là refusés comme Mazigh, inconnus comme Atina ou déjà employés et qui ne posaient pas de litiges au plan administratif comme Akli ou Moqran. «Il y a même des noms d'origine européenne, comme Anel (dérivé de Anna) et Alyssia (Alice) qui sont acceptés désormais», rappelle Haddadou. Contrairement à ce que le titre du nouvel ouvrage de Mohand-Akli Haddadou pourrait suggérer, le livre en question est une mine d'informations, très précieuses, pour qui voudrait découvrir un aspect des plus importants de notre histoire, langue et culture, plusieurs fois millénaire. Il est évident qu'à la lecture de ce livre, on peut tirer la conclusion qu'il a fallu de nombreuses années de travail et de recherches à Haddadou pour parvenir à mettre le point final à cet ouvrage. Mais Mohand-Akli Haddadou, qui a voué toute sa vie à la culture et à l'écriture, est connu pour être un chercheur exceptionnel, érudit et discret. Ce sont des hommes comme Mohand-Akli Haddaddou dont tamazight et l'Algérie ont besoin.

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