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Mohammed Dib : un écrivain monumental
Il nous a quittés en mai 2003
Publié dans L'Expression le 10 - 05 - 2021

Mohammed Dib est, incontestablement, le monument de la littérature algérienne. Il nous a quittés en mai 2003 en léguant à la postérité une trentaine de romans et de recueils de nouvelles, en plus des pièces théâtrales et des recueils de poésie. Mohammed Dib est le romancier algérien le plus prolifique. Il a été et demeure l'un des romanciers algériens et maghrébins les plus talentueux, les plus traduits et les plus lus. Mohammed Dib a vu le jour le 21 juillet 1920 à Tlemcen. Il a fréquenté l'école française dans son enfance. Il n'est âgé que de onze ans quand son père meurt et laisse sa famille dans la précarité. On retrouve l'épisode de l'enfance de Mohammed Dib dans sa trilogie algérienne: La grande maison- L'incendie et Le métier à tisser. Ces trois romans sont largement autobiographiques. Mohammed Dib commence l'écriture littéraire alors qu'il était encore lycéen. Son premier texte édité est un poème intitulé Eté paru dans la revue Lettres.
En 1950, le futur grand écrivain entame une carrière de journaliste à Alger-républicain. Son premier roman, La grande maison, est publié pour la première fois en 1952 aux éditions du Seuil. Les deux autres romans de la trilogie célèbre et mythique de Mohamed Dib, à savoir L'incendie et Le métier à tisser paraissent en 1954 et en 1957. Dans cette trilogie, à base de laquelle a été tourné le célèbre feuilleton de Mustapha Badie, Mohammed Dib dépeint les conditions de vie très difficiles des familles algériennes durant l'époque coloniale.
Rupture dans le style
C'est en 1962 que parait un autre roman de Dib intitulé Qui se souvient de la mer suivi de Cours sur la rive sauvage qui rompent avec le style littéraire employé dans la trilogie puisque Dib y emploie désormais une écriture fantastique et allégorique. Tout au long de sa carrière d'écrivain, Dib n'a d'ailleurs pas cessé d'innover et de renouveler son écriture tout en diversifiant les thèmes de ses textes. Ses voyages l'y ont sans doute beaucoup aidé, mais il doit cela tout d'abord et avant tout, à son génie littéraire et à sa persévérance dans l'écriture ainsi qu'à son goût inaltérable pour la perfection. Avec La danse du roi (1968), Dieu en barbarie et Le maître de chasse, Dib signe un nouveau cycle romanesque où il est question du devenir de la société algérienne post-indépendante. Fidèle à sa démarche des «trilogies», Mohamed Dib rebondit avec une autre trilogie à partir de 1975, inspirée de ses séjours réguliers en Finlande. Il s'agit de la fameuse trilogie nordique composée de Les terrasses d'Orsol, Neiges de marbre et Le sommeil d'Eve. Plus tard, Dib donne une suite à la trilogie avec le roman L'infante maure, paru en 1994.
De 1994 jusqu'à sa mort, Dib a publié de nombreux autres romans, recueils de nouvelles et de la poésie. On peut citer La nuit sauvage, Si diable veut, L'arbre à dire, Simorgh, etc.
Pour de nombreux chercheurs et critiques littéraires, son livre intitulé Un été africain, paru en 1959 aux éditions du Seuil, est son meilleur roman et compte parmi les meilleurs romans écrits par un écrivain maghrébin. L'oeuvre de Mohammed Dib a été maintes fois primée. L'écrivain de Tlemcen a reçu, en 1994, le Grand Prix de la Francophonie attribué par l'Académie française pour la première fois à un écrivain maghrébin.
Récipiendaire de nombreux Prix
Dib a été récipiendaire de nombreux autres prix littéraires dont le prix Fénéon en 1953 pour son premier roman La Grande Maison, le prix René Laporte en 1962 pour le recueil de poésie Ombre gardienne, le Prix de l'Association des écrivains de langue française en 1977 pour le roman Habel... Dib a aussi reçu le prix Mallarmé pour son recueil de poésie L'Enfant jazz et le Grand Prix du Roman de la ville de Paris ainsi que le Prix des Découvreurs de la ville de Boulogne-sur-Mer. Son recueil de nouvelles, intitulé
«Laezza», a été publié à titre posthume en 2006 aux éditions Albin-Michel, qui ont édité une grande partie de l'oeuvre de Mohammed Dib.


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