L'âme de Boumediene plane toujours sur le pays. Hier, l'Algérie s'est souvenue de son emblématique président rappelé à son Créateur, il y a 44 ans. Un colloque a été organisé par le ministère des Moudjahidine, pour lui rendre hommage. Avec le statut de première Dame, Anissa Boumediene a pris la parole pour rappeler le grand homme qu'était son défunt mari. Les larmes aux yeux, elle est revenue sur son décès qui a été un choc pour tous les Algériens. «Les médecins m'avaient dit qu'il avait un rhume. Après 40 jours, il décède de façon subite», souligne-t-elle avec beaucoup d'émotion. «C'était un choc pour la veuve que j'étais, mais aussi pour tous les Algériens orphelins de leur président», ajoute-t-elle avec le même émoi. Toujours digne dans la douleur, elle se rappelle la tristesse qui régnait dans toute l'Algérie au moment de l'annonce de son décès. «Je pouvais lire cette tristesse dans les yeux de mes compatriotes qui pleuraient Houari», se remémore-t-elle. Cette grande Dame soutient, néanmoins, que pour elle son mari n'est jamais mort car elle le voit dans chaque Algérien. «Aux jeunes à qu'il avait donné l'opportunité de rêver dans leur pays, de ces hommes et de ces femmes qui croyaientt en lui, aux soldats de l'Armée nationale populaire», poursuit-elle en esquissant un petit sourire qui en dit long sur la fierté qu'elle a ressenti à ce moment-là. Anissa Boumediene assure que cela l'avait réconforté, en sachant que les Algériens étaient conscients des sacrifices consentis par leur Président. «Il a tout supporté, sans jamais se plaindre. Boumediene ne s'est jamais soucié de l'aspect financier», assure celle qui a partagé son quotidien. «La seule chose qui comptait pour lui est le bien-être des Algériens. Il dormait et se réveillait avec comme seul souci comment protéger le pouvoir d'achat et assurer une vie digne à tous les Algériens», raconte celle qui partageait son quotidien. Elle se rappelle que le défunt Président aimait parler aux paysans qui, pour lui, étaient le moteur du pays. Elle évoque sa loyauté et son amour du peuple dont il aimait prendre le pouls à chaque fois que l'occasion se présentait. D'ailleurs, elle soutient que ses discours étaient improvisés pour être plus naturels et il parlait avec son coeur à ses concitoyens. Anissa, qui met en avant la gentillesse de Houari, rappelle le «Zaim» qu'il était. «Courageux, prêt à défier le monde pour venir en aide aux opprimés», souligne-t-elle avec beaucoup de poigne. «Il a été courageux lorsqu'il a décidé de nationaliser les hydrocarbures. Les pays producteurs de pétrole avaient peur de franchir le pas. Le défunt a montré son courage politique, il n'a pas hésité un instant ou eu peur des conséquences», atteste t-elle. La veuve de Boumediene affirme que l'objectif de feu le Président était de mettre fin à l'ère du colonialisme économique, après avoir mis fin au colonialisme politique. Elle met en avant le fait que Mohamed Boukharouba, de son vrai nom, était un visionnaire, en avance sur son temps. «Le discours de Boumediene à l'ONU en est le meilleur exemple. Il parlait de ce que nous vivons aujourd'hui», donne-t-elle comme exemple. Il n'omettait pas de mettre la lumière sur son passé révolutionnaire, ainsi que son amour pour l'islam. «Ce moudjahid, qui a combattu la France coloniale, était fier d'avoir étudié à Al Azhar», rétorque-t-elle. Anissa, qui raconte Boumediene, tient à faire une petite révélation sur la personnalité de son mari, un amoureux de la perfection. «Ce qui le sortait de ses gonds était le désordre. Il aimait que tout soit parfait, à la maison ou dans le pays», précise-t-elle avant de retomber dans l'émoi. L'émotion était encore plus grande lorsque les présents ont pu découvrir l'exposition organisée en marge de ce colloque. Pour la première fois, ses effets personnels ont été montrés au public. On a pu découvrir son passeport, un porte-passeport en cuir, ses lunettes de soleil, un fume-cigarette et un autre fume-cigarette en cuir de crocodile, des cravates, un gilet de chasse et son bonnet personnel. Il y avait même son propre livre, le Saint Coran qui, selon sa veuve, le suivait partout. «Boumediene restera présent dans les coeurs, comme l'homme des démunis et des pauvres Repose en paix, Houari!», conclut Anissa en se permettant de faire couler quelques larmes...