Située dans la partie ouest du pays, la deuxième capitale algérienne, comme à l'accoutumée, a réussi le pari en s'en sortant avec tous les honneurs lors du baisser de rideau aux Jeux arabes qu'elle a domiciliés infailliblement. Ayant raflé, l'année passée, le titre de la capitale méditerranéenne en ayant abrité, du 25 juin au 5 juillet les somptueux Jeux méditerranéens, la ville de Sidi El Houari et des Deux Lions, qui récidive une année après, est désormais dans la cour des grandes cités régionales et internationales. Se préparant, à coup sûr pour la couronne africaine, les responsables en charge de la gestion des affaires sportives viennent de lancer les premiers jalons portant sur ces projets inscrits à court terme. C'est par le biais du président de la Fédération algérienne de natation, Hakim Boughadou, que cette annonce a été faite. Ce responsable n'est pas allé par quatre chemins pour faire la part des choses en comptabilisant les gains acquis en 2 ans seulement et faire part des ambitions algériennes quant à passer, encore une fois, à l'action. Dans le tas, il a annoncé que «la Fédération algérienne de la natation ambitionne d'organiser, à Oran, de grandes compétitions internationales, telles que le championnat d'Afrique». Ce qui a assurément motivé ce responsable à communiquer cette annonce est «le franc succès qu'ont connu les épreuves de la discipline comptant pour les 15es Jeux sportifs arabes». Pourquoi pas une Coupe du monde? «Nous sommes très satisfaits du déroulement des épreuves de natation dans ces JSA-2023», soulignant que «tous nos hôtes sont unanimes à mettre en relief le Centre nautique d'Oran». Et d'ajouter: «Cet acquis de valeur pour la natation algérienne nous encourage à postuler, prochainement, pour l'organisation d'un championnat d'Afrique». Et pourquoi pas une Coupe du monde? s'est- il interrogé en animant une conférence de presse où il a fait le point sur les épreuves de natation. Rien ne peut désormais stopper cette lourde machine algérienne qui vient d'être mise automatiquement en marche. Bien au contraire. Les projets futuristes sont plus qu'annonciateurs d'un décollage éblouissant. La ville d'Oran a, à plus d'un titre, arraché les titres et les atouts lui permettant désormais de siéger sur les rencontres d'envergure internationale. Il s'agit de la troisième épreuve internationale tenue dans cette cité sportive. Le Centre nautique du complexe olympique Miloud Hadefi accueille depuis son ouverture en juin 2022, les Jeux méditerranéens et le Championnat arabe. Il comporte trois piscines, dont deux détiennent le statut olympique. Jusqu'ici, les moins connaisseurs peuvent s'offrir le droit de délier, même insidieusement, leurs langues en avançant des prétextes à la pelle. La libre expression leur permet de faire part d'une opinion pour laquelle il est, par contre, impératif de s'attendre à une réplique à la fois juste, objective, bien documentée et solidement argumentée. De prime abord, les délégations ayant pris part, ces deux dernières années, à ces rencontres sportives, ont été envoûtées par le charme de cette cité. Fini le marasme Ces sportifs et leurs délégations ne jurent que par leur retour vaille que vaille dans cette ville, ne serait-ce que pour élire leurs bivouacs dans les infrastructures sportives et aiguiser leurs forces dans le cadre de leurs préparations pour les prochaines joutes. Oran plaît, celle ville attire, elle séduit ses visiteurs à telle enseigne qu'elle les invite à revenir immanquablement. El Bahia a volé les coeurs de ces centaines de sportifs et leurs délégations les accompagnant à tel point que leurs responsables sont rentrés en pleines tractations avec les responsables locaux en charge de la gestion des affaires sportives en vue de ratifier des protocoles d'accords, partenariat et de coopération. Le pari est d'autant plus d'une réussite totale que l'on songe d'ores et déjà à l'exploitation, certes optimale, de ces structures mais de sorte à faire sortir cette ville du marasme l'ayant frappée des années durant, alors qu'elle n'a rien à envier aux autres cités sous d'autres cieux gérées à coups de langues s'ingéniant dans le verbiage bravache. Loin des flagorneries des salons veloutés et des coups bas des coulisses, l'on ne réagit aucunement sous les coups de sournoises estocades des campagnes médiatiques à la fois agressives et virales. Bien au contraire, l'on compte sur soi pour relever le défi à telle enseigne que cette besogne a fini par être payante. C'est toute la différence qui s'offre, aujourd'hui, claire comme l'eau de roche. En position de force Il est également nécessaire de prendre en compte le niveau des compétitions de natation, la réalisation, par l'Algérie, de quatre minima qualificatifs au Championnat du monde de l'édition 2024, dont quatre sont l'oeuvre de quatre nageurs algériens. Un total de 111 médailles, dont 37 or, ont été distribuées à Oran. Les athlètes de l'Equipe nationale ont décroché pas moins de 23 médailles en vermeil, 14 argent et 14 bronze, enfin des compétitions tenues dans la piscine du complexe olympique Miloud Hadefi d'Oran. Autrement dit, les athlètes algériens sont suffisamment préparés localement et dans les centres nautiques algériens, contrairement aux années précédentes durant lesquelles ils se retrouvaient, à maintes reprises, dans l'obligation de dresser leurs bivouacs dans des campements étrangers. À cela s'ajoute les records qui ont été battus par l'élite nationale, en plus de deux records d'Algérie. Ces gains sont d'autant plus appétissants que la Fédération nationale de la natation se retrouve dans l'obligation de ne plus reculer ni de lâcher du lest, ne serait-ce qu'un tant soit peu. Cette fédération est d'autant plus en position de force qu'elle s'ouvre le droit «de solliciter plus de moyens pour aider nos nageurs à relever davantage leur niveau», a expliqué son président, Hakim Boughadou. Il a ajouté que «nos nageurs ont certes réalisé des chronos intéressants au cours de cette compétition». «Nous avons besoin de moyens plus importants pour les aider justement à gravir davantage d'échelons à l'avenir», a-t-il poursuivi. Sur le plan lié aux infrastructures sportives, le conférencier n'a pas dissimulé son optimiste, notamment en ce qui a trait à l'amélioration des conditions de préparation des nageurs algériens, grâce à la réception prochaine de plusieurs piscines, un peu partout dans le pays». Une piscine pour chaque club Il s'agit de la ville d'Alger où l'on a lancé la réalisation de 24 piscines. «Ces piscines sont en cours de réalisation», a fait savoir ce même responsable, ajoutant que «d'ici une année, nos nageurs seront mis dans de meilleures conditions de travail». Et ce n'est vraiment pas tout compte tenu des beaux horizons qui se profilent au grand bonheur des nageurs algériens. Le président de la Fédération de la natation a affirmé que son instance «prépare un plan d'action en collaboration avec le ministère de la Jeunesse et des Sports pour mettre une piscine à la disposition de chaque club ou deux de l'élite», soulignant que «la mise en application de ce plan d'action aidera sensiblement les nageurs à augmenter leurs temps d'entraînement et, surtout, concilier entre les études et la natation». En attendant, l'Algérie sera représentée au Championnat du monde, qui débute le 14 du mois en cours au Japon, par trois nageurs: Amel Melih, Oussama Sahnoune et Djaouad Syoud. «L'objectif de ces nageurs est de réaliser les minima qui leur ouvrent la porte des Jeux olympiques de Paris-2024», a fait savoir le même responsable. Miloud Hadefi, du kaiser au fédérateur L'esprit de Miloud Hadefi plane encore dans le ciel d'Oran. Son nom revient partout, dans les comptes rendus des journalistes couvrant l'évènement, des supporters qui se passent le mot de passe en se fixant des rendez-vous chez Miloud Hadefi alors que les organisateurs se sont, eux aussi, fixés sur cette note en n'évoquant que le nom du combattant kaiser-fédérateur. Loin du vacarme et des tracasseries du centre-ville se dresse la somptueuse salle omnisports du complexe portant le nom du kaiser de l'Afrique, Miloud Hadefi. Cette appellation, qui a été donnée à ce joueur international par le Roi Pelé, n'est pas un fait du hasard. Le Roi de tous les temps avait relevé les qualités du défunt en étant unificateur ayant réuni les sportifs oranais, algériens, africains et mondiaux. Il continue à l'être. 30 ans après son trépas (décédé le 17 juin 1994), sa philosophie plaide encore pour l'unisson des athlètes les invitant à faire valoir les us et les traditions du sport en primant les règles de bienséance et par-là même les couleurs nationales.