La Cinémathèque d'Alger a accueilli, ce samedi, l'avant-première de deux courts métrages de fiction : « Collatéral » du réalisateur Yazid Yettou et « Cri du silence » signé Djaber Diab. Cette projection s'inscrit dans le cadre du programme de diffusion du Centre algérien de développement du cinéma, organisé en collaboration avec le Centre algérien de la cinématographie. D'une durée de vingt minutes, « Collatéral », produit en 2025, transporte le spectateur à Djanet, au cœur du Sud algérien. À travers des paysages spectaculaires et une esthétique visuelle marquée par la richesse du patrimoine local, le film suit le quotidien d'une famille dont le fils unique, Ibrahim, attend le retour de son père. Le récit, porté par des dialogues en tamasheq, met en valeur la profondeur culturelle de la région. Il évoque notamment l'héritage historique de Djanet, connu pour son art rupestre et ses nombreuses expressions du patrimoine matériel et immatériel. Le film s'attarde également sur le mode de vie touareg et rend hommage à l'esprit du regretté artiste Othmane Bali. Interprété par des comédiens amateurs tels qu'Ahmed Zamaki, Zaid Djabri et Fatima Abed, « Collatéral » séduit par son authenticité et son ancrage local. Selon son producteur exécutif, Amri Kaouane, l'œuvre propose « une expérience visuelle immersive » qui célèbre la beauté de la wilaya de Djanet et l'immensité du désert algérien, véritable décor naturel à ciel ouvert. Le film a d'ailleurs été récompensé par plusieurs distinctions, dont la Gourara d'or au Festival international du court métrage de Timimoun en 2025. Le second film projeté, « Cri du silence », aborde quant à lui une réalité sociale poignante. Réalisé par Djaber Diab, il raconte l'histoire de Yakout, une fillette confrontée à une situation difficile dans un village isolé après la disparition de sa mère. À travers ce portrait sensible, le réalisateur explore les blessures silencieuses et les fragilités humaines dans des contextes souvent marginalisés. Le film a été tourné dans le village d'El Kalaâ, dans la région de Bordj Zemoura (wilaya de Bordj Bou Arreridj), avec la participation d'acteurs issus du théâtre local, notamment Yasmine Salmi, Ammar Damma, Bilal Laraba et Mounir Adoui. Cette œuvre à forte dimension humaine a remporté le premier prix lors de la sixième édition des Journées nationales du court métrage de Constantine en 2025. Cette double projection a réuni plusieurs personnalités du secteur culturel, dont des représentants du ministère de la Culture et des Arts, ainsi que des professionnels du cinéma et un public nombreux, venu découvrir ces deux regards singuliers sur la société et le patrimoine algériens.