Le tapis traditionnel de Chellalet El-Adhaoura, à l'est de Médéa, est à l'honneur d'une exposition organisée ce samedi, au niveau de cette commune rurale à l'occasion de la célébration du Mois du Patrimoine, sous le slogan «un patrimoine à préserver, un avenir à tisser». Initiée par la direction de la Culture et des Arts, avec le concours des secteurs du tourisme et de l'artisanat et de l'association culturelle locale «El-Bahdja», cette manifestation met en avant un savoir-faire ancestral en matière de tissage de tapis qui a fait pendant de longues années la fierté de cette région agro-pastorale. Une exposition d'une gamme variée de tapis traditionnels confectionnés par des femmes de la région est accessible au public au complexe sportif de la commune de Chellalet El-Adhaoura. Le public aura l'opportunité de découvrir les différentes étapes de conception d'un tapis traditionnel et les outils utilisés par les tisseuses, à savoir le métier à tisser en bois, le fuseau qui est un objet sur lequel est enroulé le fil en laine, le cardage, une sorte de peigne métallique garni de pointes inclinées servant à serrer les fils entre eux, ainsi que les pelotes de laines de multiples couleurs. La manifestation «un patrimoine à préserver, un avenir à tisser» vise à «redonner vie à un métier ancestral qui était enraciné dans cette région avant d'être délaissé faute de relève», a indiqué, Ahmed Merbouche, chef du service du patrimoine à la direction de la Culture et des Arts. «Il s'agit, aussi, de mettre en valeur ce métier et d'encourager les jeunes générations de femmes à s'investir dans ce créneau, en profitant des facilités accordées par le secteur de l'artisanat, de sorte à éviter le déclin de ce métier et la disparition d'un savoir-faire que s'étaient attelées à transmettre et à préserver plusieurs générations de femmes», a-t-il expliqué. Les tapis «kef Ettire», «kef Afoul» et «Achir» sont parmi les plus célèbres qui étaient confectionnés jusqu'aux années 1970 dans les foyers et ateliers de la région. Ces tapis sont ornés de motifs et de formes géométriques (losange-triangle-ligne brisée) symbolisant la protection, la fertilité et l'équilibre, note ce responsable. Les artisanes ajoutaient, parfois, des formes inspirées de la nature (des fleurs ou des épis de blé) qui traduisent le brassage des nombreuses cultures, fait-il observer, précisant que le choix des couleurs lors de la phase de tissage n'était pas fortuit. «Au-delà de leur fonction esthétique, les couleurs sont un élément essentiel dans la conception artistique du tapis et lui donnent un cachet qui le différencie des autres tapis», a conclu M. Merbouche.