La capitale ukrainienne, Kiev, a été visée dans la nuit par la plus vaste attaque de drones russes depuis le début de l'opération spéciale russe en février 2022, faisant cinq blessés et privant d'électricité certains quartiers. Ce bombardement intervient le jour de la commémoration en Ukraine de l' Holodomor, la grande famine des années 1930, à l'époque soviétique, un «génocide» orchestré, prétend Kiev, par Joseph Staline et qui aurait provoqué la mort de millions d'Ukrainiens. Samedi matin, l'armée de l'air ukrainienne a affirmé avoir abattu 71 drones d'attaque Shahed de fabrication iranienne lancés dans la nuit par la Russie. «La plupart d'entre eux ont été détruits dans la région de Kiev», a-t-elle indiqué. Cinq personnes ont été blessées au cours de cette frappe, ont indiqué les autorités locales, assurant qu'il s'agissait de l'attaque «la plus massive» depuis le début de l'opération spéciale russe en Ukraine. L'alerte aérienne dans la capitale a duré six heures et la chute de débris de drones a provoqué des incendies et endommagé des bâtiments, a ajouté le maire de Kiev, Vitali Klitschko. L'attaque a également provoqué des coupures de courant à grande échelle dans la capitale après la rupture d'»une ligne d'alimentation électrique», selon le ministère ukrainien de l'Energie, alors que les températures sont tombées en dessous de zéro. Des journalistes ont vu des habitants déblayer des débris de verre dans le quartier Dniprovsky de Kiev, avec des ambulances garées à proximité. A l'approche de l'hiver, Kiev se prépare à une nouvelle campagne de bombardements russes massifs ciblant ses infrastructures énergétiques et redoute une situation similaire à celle de l'hiver 2022 quand «des millions de personnes avaient été privées de courant en pleine vague de froid». Selon les autorités ukrainiennes, Moscou a fait le choix «symbolique de lancer cette vaste frappe» samedi, au moment où l'Ukraine «commémore l'Holodomor», la famine qui a «décimé les campagnes ukrainiennes» il y a 90 ans. La Russie souligne, cependant, que cette famine a fait des victimes non seulement ukrainiennes, mais aussi russes, kazakhes et d'autres nationalités, dans un contexte de collectivisation des terres.»Plus de 70 (drones) Shahed pendant la nuit de la commémoration de l'Holodomor (...). Les dirigeants russes sont fiers de leur capacité à tuer», a réagi le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Dans un communiqué, le chef de l'Etat a ensuite jugé «impossible d'oublier, de comprendre et surtout de pardonner les horribles crimes de génocide que les Ukrainiens ont endurés au XXe siècle» lors de l'Holodomor.»Ils ont essayé de nous soumettre, de nous tuer, de nous exterminer», a-t-il également déclaré. «Ils ont échoué». Cette attaque de drones a également eu lieu avant une rencontre à Kiev sur l'exportation des céréales ukrainiennes, entravées par la guerre. M. Zelensky a déclaré, à cette occasion, avoir levé 100 millions de dollars pour faciliter ce commerce. Le président suisse Alain Berset a indiqué prendre part à ce forum.»L'accent est mis sur l'impact de la guerre sur la sécurité alimentaire mondiale et le soutien à long terme de la Suisse à l'Ukraine», a-t-il écrit sur X (ex-Twitter). L'Ukraine a pu pendant près d'un an exporter sa production agricole via la mer Noire à la faveur d'un accord parrainé par la Turquie et accepté par la Russie, mais Moscou y a mis fin en juillet pour non respect des clauses la concernant et a bombardé à plusieurs reprises les infrastructures portuaires ukrainiennes. Kiev a depuis mis en place un nouveau couloir en mer Noire mais celui-ci demeure très peu emprunté face aux risques encourus par les navires. Les exportations agricoles ukrainiennes suscitent également des tensions dans les pays de l'UE voisins et notamment en Pologne, où des routiers et agriculteurs bloquent depuis plusieurs jours des postes frontaliers.