Le baril a débuté la semaine du bon pied. Le pétrole monte. Il est vrai que c'est une dynamique qu'il a tendance à entretenir depuis que ses cours se sont enfoncés sous la barre des 80 dollars au lendemain de l'annonce, le 2 juin dernier, par l'Opep+ de la possible fin de certaines coupes de production au quatrième trimestre de l'année en cours. Après avoir clos la dernière séance de la semaine passée qui s'est achevée vendredi dernier pratiquement à l'équilibre, les prix de l'or noir ont repris leur marche en avant. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre dont c'était le premier jour d'utilisation comme contrat de référence, progressait de 77 cents, hier, à 14h10 pour afficher 85, 77 dollars. Son équivalent américain, le West Texas Intermediate, pour livraison en août a, quant à lui, réalisé un gain de 71 cents et s'échangeait à 82,25 dollars. Les cours du pétrole évoluaient en terrain positif, tirés par l'escalade des tensions au Moyen-Orient et des perspectives de demande chinoise plus robuste, mais aussi par la hausse de l'euro face au dollar après le premier tour des législatives en France. Le pétrole est poussé par l'escalade des tensions entre Israël et le Hezbollah et par un indice manufacturier chinois solide, ont fait remarquer les analystes de DNB. Près de neuf mois après le début la guerre entre le mouvement de résistance palestinien Hamas et l'armée de l'entité sioniste, cette dernière a été la cible de 20 roquettes tirées par les combattants palestiniens. L'agression sauvage qu'elle fait subir aux Palestiniens de Ghaza fait craindre, en outre, une extension du conflit. Les affrontements se sont en effet multipliés avec le Hezbollah libanais. L'entité sioniste ne veut pas d'une guerre contre le Hezbollah mais a la capacité de ramener le Liban à «l'Âge de pierre» le cas échéant, avait menacé son ministre de la Défense sur fond de craintes onusiennes d'une extension «potentiellement apocalyptique» du conflit à Ghaza. «Il semble qu'Israël, qui a dévasté Ghaza, jette désormais son dévolu sur le Liban. Nous voyons que les puissances occidentales soutiennent Israël en coulisses», avait déclaré de son côté le président turc Recep Tayyip Erdogan. L'activité manufacturière en Chine, premier importateur mondial de pétrole, a de son côté connu en juin sa plus forte croissance en trois ans, selon indice indépendant publié hier. «En outre l'ouragan Beryl (catégorie 4), décrit par les prévisionnistes comme extrêmement dangereux devrait causer aujourd'hui d'énormes dégâts dans les Caraïbes et même s'il devait épargner les opérations pétrolières et gazières dans le Golfe du Mexique. «Il rappelle que les prévisionnistes attendent une saison cyclonique souligne DNB, la plus grande banque et entreprise du secteur financier de Norvège. Par ailleurs, «les marchés poussent un petit soupir de soulagement» après les résultats du premier tour des législatives en France, ce qui dope l'euro et pèse réciproquement sur le dollar, un phénomène de nature à alimenter les achats de pétrole, indique John Evans, analyste chez PVM Energy. Quand le dollar baisse, cela fait en effet reculer les factures de pétrole qui s'échange dans la devise américaine, ce qui a tendance à tirer vers le haut les prix du baril. Les marchés estiment que les résultats du premier tour des législatives en France font reculer la probabilité que le Rassemblement national obtienne une majorité absolue à l'Assemblée nationale, ce qui est vu comme le «scénario du moins pire», relève John Plassard, spécialiste pour Mirabaud. L'euro a bondi en ce début de semaine, propulsé par les attentes «selon lesquelles le Rassemblement National pourrait ne pas obtenir une majorité absolue au second tour» à l'Assemblée nationale française, ce que craignaient les marchés, expliquaient des analystes de Swissquote Bank. Le Rassemblement national a recueilli 33% des suffrages devançant le Nouveau Front populaire avec 28% et le camp présidentiel 20%. Le verdict final tombera le 7 juillet...