Le baril n'a pas dérogé à ses habitudes: Faire du yo-yo. Un sport auquel il semble s'être abonné depuis quelques semaines. Après avoir reculé de plus de 2 dollars lors de la séance dernière, les cours de l'or noir sont repartis de l'avant, hier, en cours d'échanges. Le Brent de la mer du Nord, référence du pétrole algérien, pour livraison en février se négociait à 80,35 dollars vers 15h40, heure algérienne affichant un gain de 1,31 dollar par rapport à la séance précédente. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en janvier, progressait de son côté de 1,43 dollar à 75, 72 dollars. Une journée test. Les prix du pétrole ont plongé, suite aux hausses des taux des principales banques centrales. Des mesures qui ont attisé la crainte de sombres perspectives économiques mondiales. Les réunions de politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed) mercredi et de la Banque d'Angleterre (BOE) puis de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi, ont généré une atmosphère d'aversion pour le risque, ont noté les analystes de DNB. Les principales banques centrales ont, en effet, décidé toutes les trois de relever leurs taux directeurs de 0,50 point de pourcentage. Ce qui a provoqué une nouvelle saignée des prix qui semble avoir donc été stoppée. Autre information que le marché semble avoir digéré: la reconstitution des réserves stratégiques américaines de pétrole. Les Etats-Unis qui ont extrait, depuis septembre 2021 plus de 212 millions de barils de leurs réserves stratégiques, qui sont au plus bas depuis juin 1984, pour faire face à la flambée des prix qui a accompagné le début du conflit armé russo-ukrainien et les faire baisser, ont décidé à nouveau de réalimenter leur «banque d'or noir» qu'ils ont siphonnée sans compter. La campagne de rachat va porter d'abord sur 3 millions de barils de brut, selon les déclarations, vendredi dernier, du Département américain de l'énergie. «Cette première étape de la stratégie de réapprovisionnement (...) fait suite à la libération historique de ces réserves pour faire face à l'importante perturbation de l'approvisionnement mondial» causée par la guerre entre la Russie et l'Ukraine ont ajouté les services de la secrétaire à l'Energie des Etats-Unis Jennifer Mulhern Granholm. Une annonce qui n'a vraisemblablement pas influencé le marché de l'or noir. Pour le moment du moins. Quelle est donc cette bonne nouvelle qui a revigoré les cours du pétrole? Les deux références mondiales du pétrole reprenaient leur souffle après des pertes conséquentes vendredi, en raison des craintes liées «à la récession, en particulier dans les économies avancées» qui avaient alors pris le dessus, explique John Plassard, de chez Mirabaud. Les investisseurs se montrent optimistes «quant à la reprise de la consommation de carburant en Chine», à laquelle s'ajoute «l'insuffisance de l'offre mondiale», a ajouté l'analyste. Il faut souligner qu'après des restrictions sanitaires en vigueur durant près de trois ans, la Chine a décidé d'assouplir considérablement son dispositif anti- Covid. Il faut rappeler que les mesures draconiennes adoptées par les autorités chinoises ont fini par exaspérer des populations lasses d'être mises sous cloche. Face aux restrictions très importantes qui sont mises en place dans le pays, des centaines de personnes ont manifesté dans plusieurs villes chinoises pour faire part de leur mécontentement. Leur levée devrait booster la consommation d'or noir de l'Empire du Milieu, premier importateur mondial de pétrole. Côté offre, le marché demeure toujours sous la menace d'une réduction de la production russe pour riposter au plafonnement des prix des exportations de brut russe mis en place début décembre par les pays du G7, de l'UE et l'Australie. «On réfléchira à une éventuelle réduction de la production si nécessaire», avait déclaré le 9 décembre dernier le président russe Vladimir Poutine lors d'une conférence de presse à Bichkek, en marge d'un sommet régional. Quant aux prix, les experts estiment qu'ils devraient se ressaisir. «Nous pensons que les prix seront bien soutenus dans une fourchette comprise entre 90 et 115 dollars par baril au cours des prochains trimestres», écrivent-ils sur le site du mensuel économique Entreprises Magazine, destiné au monde de l'entreprise et des affaires. L'orage est-il passé? Attendons pour voir.