Abdelmadjid Tebboune a prêté serment, hier. Ce qui signe le début de son second mandat à la tête du pays. Cinq années qui seront probablement «économiques» par excellence. Non pas que les précédentes ne l'ont pas été. Bien au contraire. C'est en effet durant cette période, 2019-2024, que la machine économique a été relancée. Que des projets d'envergure internationale ont vu le jour. Ils façonneront sans coup férir le paysage économique de demain. Celui qui fera de l'Algérie un pays émergent. Evoquer cet objectif revient incontestablement à faire référence à ces grands chantiers d'envergure internationale qui en seront les fers de lance. Ils ont pour particularité d'avoir été lancés par le président de la République Abdelmadjid Tebboune. Que seront-ils sans voie de communication. Sans développement des lignes ferroviaires. Le rail qui a occupé une place majeure dans l'industrialisation de certains pays, contribué à l'essor de leurs économies et à celle de la planète constitue encore un moyen de transport indispensable à ce propos. L'absence de réseaux nationaux formant un réseau continental cohérent a empêché l'Afrique de devenir une «Amérique», malgré des ressources immenses, souligne l'historien français Clive Lamming, historien des chemins de fer français, expert du monde ferroviaire. C'est probablement le cas du secteur minier algérien qui n'a pas connu l'essor escompté, malgré des potentialités remarquables. Une «lacune» que les pouvoirs publics tiennent à combler. La réalisation de la ligne ferroviaire minière Annaba-Bouchegouf-Guelma-Tébessa-Djebel El Onk-Bled El Hadba, a été approuvée lors du Conseil des ministres, présidée, le 26 mai 2023, par le chef de l'Etat. Il faut savoir que le gisement de phosphate de Bled El Hadba, Djebel Onk, dans la wilaya de Tébessa pour l'exploitation, la transformation chimique des phosphates fait figure de «plaque tournante» dans la concrétisation du projet de phosphate intégré qui permettra à l'Algérie d'être l'un des principaux pays exportateurs d'engrais et de fertilisants. Ce qui est aussi le cas du gisement de zinc-plomb d'Amizour (wilaya de Béjaïa) d'importance mondiale avec des réserves estimées à 68,6 millions de tonnes. Soit plus d'un tiers des réserves mondiales. Ce projet structurant revêt un caractère stratégique pour le pays de par son potentiel minier exploitable estimé à 34 millions de tonnes pour une production annuelle de 170 000 tonnes de concentré de zinc. Quant à Ghar Djebilet, géant minier dont les réserves estimées à 3,5 milliards et bras armé du Plan de relance économique initiée par le chef de l'Etat, il est entré en fonction en juillet 2022. 1 000 tonnes de minerai de fer y ont été extraites en août de la même année. La réalisation de la voie ferrée Béchar-Ghar Djebilet, longue de 1000 km assurera le transport du minerai de fer de Ghar Djebilet (Tindouf) vers Béchar. Une fois opérationnelle à 100/100, elle permettra d'optimiser l'exploitation de la mine en produisant de 40 à 50 millions tonnes/an. S'il est incontestable que les choses commencent à bouger, il faut aussi admettre que la machine est prête à s'emballer après le 7 septembre. Parmi les projets qui seront de la partie, il y a la réalisation du port d'El Hamdania, un des projets phares, qui a fait couler beaucoup d'encre et causé d'énormes préjudices financiers au pays, le président de la République a décidé de le remettre en chantier sur des bases saines. D'après sa fiche technique d'origine, le projet du port-centre d'El Hamdania figurait parmi les plus importantes infrastructures maritimes de la région méditerranéenne et du continent africain. Tous ces chantiers doivent venir en appoint au secteur pétro-gazier qui porte à bout de bras l'économie du pays. Il y aura aussi la question majeure de la sécurité alimentaire, un défi qui demeure permanent. Et celle des exportations hors hydrocarbures qu'il va falloir sérieusement booster. D'autant plus que les prix du pétrole dont les exportations constituent l'essentiel des revenus du pays ont brutalement chuté pour s'afficher actuellement à moins de 73 dollars. Ce qui n'est pas annonciateur d'un embellissement notoire des réserves en devises. Il n'empêche que l'Algérie s'adosse sur un beau bas de laine, de 70 milliards de dollars, que nous envient les pays les plus développés de la planète, qu'il faut éviter de rogner.