On croyait Donald Trump guéri du mal qui le hantait, celui d'en vouloir à tout le monde, en saccageant tout sur son passage, comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, quand il refusait de signer les clauses du sommet sur le climat ou ses provocations envers la Chine ou son accolade avec le Coréen Kim Jong un... Mais le voilà qui revient avec une liste de noms qui, à sa prononciation, vous glace le sang. Commençons par la personne choisie au poste de secrétaire d'Etat, Marco Rubo, 55 ans, un farouche soutien d'Israël, qui refuse toute proposition de cessez-le-feu avec Gaza. Il qualifiait la résistance palestinienne d'«animaux sauvages» qu'Israël devait poursuivre, comme faisaient «les Alliés qui poursuivaient les nazis partout dans le monde et qui avaient la même position» envers les manifestants pro-Palestiniens aux Etats-Unis. Il y aura James Mattis, 74 ans, à la Défense, qui était général du corps de la Marine, avait participé à la guerre du Golfe et d'Afghanistan. Il disait: «La première fois que tu descends quelqu'un, ce n'est pas rien, c'est le moment où tu réalises qu'il y a des trous de balle dans le monde qui ont besoin d'être refroidis.» Mais le plus déroutant dans tous ses choix est celui d'Elon Musk, l'homme le plus riche du monde et qui a financé la campagne de Trump. Patron de Tesla et X, il s'est déplacé à Tel-Aviv, pendant les premiers mois de la guerre de Gaza, pour leur fournir la technologie nécessaire afin de chasser les chefs du Hamas où qu'ils se trouvent et de tuer des Palestiniens par des clics sur ordinateurs. Il serait attendu à la tête du nouveau ministère de «l'efficacité gouvernementale». Pour la première fois, une femme est choisie pour diriger le cabinet de Trump. Elle est considérée comme l'une des stratèges qui ont assuré la victoire de Trump aux élections. Susi Wiles aura la charge de coordonner la nouvelle administration. Elle avait travaillé dans le cabiner Reagan en 1980. Trump a également choisi Pete Hegseth, un ancien présentateur de Fox News et ancien général de l'armée, comme chef du Pentagone. Comme on retrouve dans les rangs du nouveau staff Mike Waltz dans le poste de conseiller à la Sécurité nationale à la Maison-Blanche. Considéré comme expert des menaces posées par la Chine, la Russie et l'Iran, et le terrorisme mondial, il aura le rôle principal de gérer la politique étrangère de la nouvelle administration. Trump a choisi John Ratcliffe à la tête de la CIA qu'il présente comme «guerrier pour la vérité et l'honnêteté auprès du public américain». On retrouve la gouverneure du Dakota, Kristi Noem, en qualité de ministre de la Sécurité intérieure, qui travaillera étroitement avec Tom Homan, qui se chargera du contrôle des frontières, qui constitue l'un des points les plus sensibles de la politique Trump. On retrouve, en outre, une transfuge démocrate dans les rangs. Il s'agit de Tulsi Gabbard comme directrice du renseignement. Ses déclarations favorables à la Russie ont été fortement critiquées. Il y a d'autres surprises, comme Matt Gaetz, connu comme «chien d'attaque de Trump» à la tête de la Justice ou l'ex-gouverneur Mike Huckabbee au poste d'ambassadeur en Israël et Elise Stefanik auprès de l'ONU, etc. Ainsi se dessine la politique qui sera affrontée par le monde arabo-musulman déliquescent dans un avenir proche. Le spectre de la paix, tant annoncé, sera renvoyé aux calendes grecques. La résistance palestinienne autant que libanaise vont vivre des jours sombres car même si on entre dans des négociations, comme cela a été fait pour libérer les prisonniers, chaque fois détruites par Netanyahu, on aura beaucoup de peine à avancer dans une nouvelle tentative. Cependant, l'espoir est permis si on se fie aux déclarations électoralistes de Trump quand il disait qu'il allait mettre fin aux deux guerres, tant en Ukraine qu'au Moyen-Orient, par des coups de téléphone. Mais le choix des hommes et des femmes verse dans l'autre sens. On ne choisit pas des fous pour faire la paix. Tous les pronostics semblent risqués, dès qu'on découvre ces visages irritants et intrigants à la fois. Mais qui sait?