Le 19 septembre 2002, c'est officiel, s'ouvre la campagne pour les élections locales. Une première question se pose à ce sujet: le corps électoral est-il prêt à se rendre massivement aux urnes le 10 octobre prochain? Selon les observateurs les mieux avertis c'est précisément à ce niveau-là que le flou artistique envahit le pronostic même le plus finement élaboré. En revanche, durant toute la campagne d'enregistrement des candidatures, c'est par milliers que les gens se sont présentés aux permanences des grands partis comme le FLN notamment. La question qui se pose, à près d'un mois du scrutin, consiste à savoir à combien les observateurs, faute d'instituts de sondage professionnels dans notre pays, estimeraient-ils, en pourcentage s'entend, le nombre d'abstentions éventuel et si en Kabylie les partisans d'un boycott local seront suivis? Quant au reste, c'est-à-dire l'organisation même du scrutin, il semble que tout est fin prêt. A cette différence qu'il ne s'agit pas d'élections législatives, mais de communales et de wilaya par la même occasion. Ce qui est sûr c'est que pour la seconde fois en moins de quatre mois, le corps électoral a été convié à se rendre aux urnes, mais sûrement pas dans les mêmes dispositions d'esprit que lors des législatives du 30 mai dernier. Pourquoi? Tout simplement parce que les élections locales et les enjeux qu'elles comportent ne sont pas de même nature que les législatives où le scrutin de liste a compensé une bonne partie des compétences recensées au niveau des candidatures de certains partis. Pour autant, les listes ont été approuvées. Certaines ont même décroché une masse insoupçonnée de suffrages malgré l'amplitude imprimée aux résonances du boycott tout au long de la campagne légale. Qu'en sera-t-il du prochain scrutin? Pour l'heure, on sait simplement que les permanences des partis politiques ont été amenées à trancher sur des milliers de dossiers de candidature, ce qui pour un bon observateur signifie que les élections locales suscitent beaucoup plus d'intérêt que la députation. D'où probablement la difficulté qu'éprouveront les leaders politiques à préparer une campagne électorale à travers laquelle ils pourraient aisément convaincre le plus grand nombre de personnes à voter... Prenons un exemple. Un leader, planifiant diverses destinations pour aller haranguer la foule et la convaincre d'élire les hommes et les femmes proches de sa «sensibilité», devra, impérativement tenir compte de la diversité des propos qu'il devra tenir aux uns et aux autres. Une wilaya visitée lors de la campagne législative du mois de mai dernier n'impliquait pas d'obligation particulière aux leaders politiques de nuancer le ton en fonction des noms des candidats inscrits sur leur liste. L'important consistait à envoyer des députés compétents à l'APN et c'est ce qui, globalement, s'est passé. Or, aller soutenir des candidats aux locales, on le conçoit d'emblée, est loin d'être chose aisée. La raison à cela, c'est la diversité d'une commune par rapport à une autre sans compter la spécificité des problèmes qui se posent d'une municipalité à l'autre. D'où cette conclusion sibylline. Faut-il, pour se sentir quitte de la difficulté en perspective, élaborer un discours-type? Un discours essentiellement politique à travers lequel se reconnaîtraient toutes les populations malgré les problèmes spécifiques qui se posent et qu'il conviendra de régler en choisissant d'élire les meilleures listes possibles.