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Une économie en berne, sous perfusion de la rente des hydrocarbures
Situation de l'Iran
Publié dans La Nouvelle République le 08 - 04 - 2026

En 2025, la population de l'Iran est estimée à environ 92,4 millions d'habitants, caractérisée par un vieillissement progressif, avec un âge médian d'environ 34 à 35 ans. La structure d'âge est dominée par une population active (15-64 ans, ~69%), tandis que la proportion des moins de 15 ans (22-23%) diminue face à l'augmentation des plus de 65 ans (~7-9%).
En 2025, le taux de scolarisation avoisine 98%, la scolarisation étant gratuite et l'Iran possédant une élite bien formée. La superficie est de 1 648 000 km2, avec comme capitale Téhéran, et les villes principales sont Mashhad, Ispahan, Tabriz, Karaj. L'Iran est bordé au nord par la mer Caspienne, au sud-est par le golfe d'Oman et au sud par le golfe Persique. Elle partage des frontières avec le Turkménistan au nord-est, l'Afghanistan à l'est, le Pakistan au sud-est, l'Irak à l'ouest, la Turquie, l'Arménie et l'Azerbaïdjan au nord-ouest. Elle contrôle un axe stratégique le détroit d'Ormuz situé au sud -est de Bandar Abbas avec des pays frontaliers qui sont au nord l'Iran, et au Sud-est les Emirats arabes unis, depuis Jazirah al Hammra , suivis du sultanat d'Oman d'une largeur d'une trentaine de milles marins (55 km) avec un tracé de deux couloirs de navigation de deux milles (3,5 km) de large chacun, l'un montant, l'autre descendant, les couloirs de navigation étant séparés par un couloir tampon de deux miles. Avec Gibraltar, le Bosphore, Malacca et le canal de Suez, il est un des grands détroits de la planète.
Situé sur une ancienne route commerciale entre l'Asie, la Méditerranée et l'Europe permettant le passage du Golfe Persique au Golfe d'Oman, puis à la mer d'Arabie et à l'océan Indien. La fermeture du détroit de d'Ormuz, affecterait le transit du gaz et du pétrole car « porte de sortie » du pétrole de la région du Golfe qui compte 5 des 10 plus gros producteurs du pétrole au monde localisé au Moyen Orient comme mis en relief précédemment, où transitent plus de 30% des produits pétroliers dont plus de 20% du GNL. Le détroit d'Ormuz constitue une des principales voies de navigation connectant les pays pétroliers du Moyen- Orient avec les marchés asiatiques, européen et nord-américain, et l'idée de canalisations pour le contourner exigerait un investissement colossal.
2. Une économie contrôlée par les Gardiens de la Révolution fortement dépendante des hydrocarbures
L'économie iranienne est principalement contrôlée par le Guide Suprême et sous sa coupe les Gardiens de la Révolution (Pasdaran) qui contrôlerait entre 40 et 70% de l'Iran, détenant un quasi-monopole dans les secteurs stratégiques l, leur influence s'étendant aux infrastructures, à l'énergie, aux télécoms et à la finance, via un réseau de sociétés publiques et privée, ce système s'appuyant sur des fondations religieuses (bonyads).Les réserves de pétrole sont d'environ 180/190 milliards de barils, le deuxièmes après l'Arabie saoudite au Moyne Orent, et les réserves de gaz sont d'environ 32.000 milliards de mètres cubes gazeux le premier réservoir au Moyne Orient derrière la Russie environ 35.000 milliards de mètres cubes gazeux et devant le Qarar 20.000 milliards de mètres cubes gazeux Selon le volume exporté et les fluctuations des prix, les hydrocarbures en Iran représentent 85 à 90% des recettes d'exportation, 40 à 50% des ressources budgétaires de l'Etat iranien et 15 à 20% du PIB. Afin de combler ces besoins et faute de pouvoir s'approvisionner en produits occidentaux, l'Iran renforce ses partenariats avec les pays frontaliers et l'Asie, au premier plan, la Chine souvent à des prix préférentiels comme d'ailleurs la Russie en direction de l'Inde et de la Chine… La plupart des sites de production iraniens sont concentrés et vulnérables, car principalement situés à proximité de l'Irak ou en off-shore dans le Golfe arabo-persique. Or deux régions d'Iran (Lorestan et Khouzistan pour le pétrole, South Pars pour le gaz) recèlent 90% de son pétrole et 63% de son gaz.
3. Indicateurs macro-économiques
L'économie iranienne est caractérisée par la prédominance du secteur public. La croissance économique de l'Iran devrait légèrement ralentir à 3,1 % en 2025, après 3,7 % en 2024. Le produit initier brut de l'Iran membre du Brics+ en 2025 est estimé par le FMI à à environ 356,5 milliards de dollars, une baisse par rapport aux années précédentes 2023/2024, mais pour une analyse objective ce mont est converti en dollars qui a connu une hausse par rapport à la monnaie iranienne en chute libre, donc devant le corriger par rapport au volume physique produit. Ainsi, le PIB par habitant en parité de pouvoir d'achat (PPA), en Iran est estimé par Trading Economics à environ 16.437 dollars US fin 2025. Etant selon certaines estimations, l'un des plus importants de la région, ce montant global voile en réalité les disparités sociales du fait qu' en 2025, que le niveau de vie ait stagné. Devant pondéré par le système de subventions ciblées, avec une forte inflation, le salaire réel moyen tourne autour de 250 USD, peinant à couvrir des besoins de base. Le taux de chômage officiel en Iran se situe autour de 7 à 9 % fin 2024/début 2025 selon le gouvernement mais, selon Trading Economics et Macrotrends, le taux réel est estimé bien plus élevé, dépassant souvent 20% à 40% en raison du chômage informel. En 2024, selon le FMI, le commerce extérieur de l'Iran a montré une résilience, avec des exportations totales (biens et services) atteignant environ 100 milliards USD, selon la Banque mondiale, tandis que les importations de biens se situaient autour de 68,5 milliards USD. Le solde commercial était positif. Les exportations de pétrole et le gaz ont dépassé les 82% des revenus suivis des produits chimiques et matières premières et les importations sont principalement des machines non électriques (17%), fer/acier (14%), produits chimiques (11%) et véhicules.
4. Indicateurs macro-financiers
Ces indicateurs sont liés aux données précédentes. En 2025, les réserves de change de la Banque centrale d'Iran sont estimées à environ 33,8 milliards de dollars USD, selon le FMI, étant sous pression en raison de la baisse des revenus pétroliers, de sanctions internationales persistantes et d'une forte inflation pour 2025 projetée à des niveaux très élevés, avec des estimations situées entre 42% et 52% en moyenne annuelle, signalant une persistance de la crise économique et une dépréciation du rial. Avec une inflation alimentaire atteignant près de 58% avec une dépréciation du rial où environ 735 dollars, on peut désormais détenir l'équivalent de milliards en rials, un chiffre impressionnant qui illustre la gravité de l'inflation : début février 2026 un dollar américain égal 2.661.953 625,00 rial iranien contre en avril 2024 à 41.848, 865 IRR, un plus bas niveau historique et en six ans, le rial iranien aura perdu plus de dix fois sa valeur face au dollar, renchérissant d'autant le coût des produits de première nécessité importés.
La dette publique de l'Iran en 2025 a atteint environ 34 % à 35 % du PIB, et le pays fait face à une augmentation drastique de la charge de sa dette, avec une hausse attendue de 253 % pour 2026, dépassant les dépenses d'investissement. Selon Massoud Roghani Zanjani, ancien directeur de l'Organisation de la planification et du budget et l'ancien gouverneur de la Banque centrale, Akbar Komijani face à à un énorme déficit budgétaire, l'Etat national iranien recourt massivement à la vente d'obligations où en 2024, les ventes ont atteint un niveau record de plus de 380 000 milliards de tomans, cela ne faisant que repousser la date butoir, plus les intérêts arrivent à échéance, le gouvernement dans un cercle vicieux d'emprunts supplémentaires pour rembourser ses dettes passées.
Cette stratégie entraîne inévitablement des déséquilibres dans le système bancaire, des poussées de liquidités et le double fléau de l'inflation et de la stagnation économique. Et récemment, lorsque l'emprunt ne suffisant pas, le gouvernement iranien a eu recours à la planche à billets pour combler le déficit par la « monétisation », c'est-à-dire la planche à billets avec comme conséquence direct une inflation accrue (le FMI prévoyant déjà 43,3 % en 2025) et un effondrement de la monnaie nationale, compromettant tout potentiel de stabilité économique. En conclusion, malgré les tensions actuelles dans le contexte géopolitique régional futur, les relations de l'Iran basée sur une coopération fructueuse avec ses principaux voisins, en particulier l'Arabie saoudite, Israël, l'Egypte, Oman et les Emirats arabes unis, continueront de façonner le paysage extérieur, ainsi qu'avec l'Irak, le Liban, la Syrie atténuerait ces tensions et guerres au profit tant des populations locales que la stabilité régionale et mondiale, en espérant que les grandes puissances n'aiguisent les tensions. Sous réserve de la levée des sanctions et d'une bonne gouvernance, l'Iran, une grande civilisation, la Perse, disposant d'importantes potentialités humaines et de richesses naturelles colossales, peut devenir un acteur clef de la stabilisation de la région.
Professeur des universités
Expert international


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